Place au Peuple

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dimanche 23 décembre 2018

Apolitique... vous avez dit apolitique ?

Salut & Fraternité,

          Ils créent et diffusent des pétitions, remplissent des cahiers de doléances, occupent des ronds-points, ouvrent des barrières de péages, manifestent en province et à Paris, exigent la démission du Président de la République mais... ne font pas de politique ! Ben ouais quoi, la politique c'est bon pour les corrompus et les arrivistes, ma pauv' dame. On sait bien que ça ne sert strictement à rien d'autre qu'à l'enrichissement personnel, la politique. Jean Jaurès, s'il n'avait pas été assassiné, serait devenu millionnaire. Simone Veil s'est considérablement enrichie avec sa légalisation de l'avortement. Jean Leonetti est devenu plus célèbre qu'une rock star suite à sa loi relative aux droits des malades et à la fin de vie. Louise Michel est revenue de Nouvelle Calédonie propriétaire d'une immense mine de nickel. Tout le monde sait ça ! 

          La politique est aux Gilets Jaunes  ce que la prose était à Monsieur Jourdain : ils en font sans le savoir. Mieux encore : sans rien en vouloir savoir et surtout pas en connaître ! Pourtant, il en est plus d'un-e qui téléguident cette légitime colère à des fins infiniment... politiques. Cette dernière concernant l'organisation de la société, des affaires de l'Etat et de leur conduite, donc en clair ce qui est au coeur des revendications des Gilets Jaunes.  Cerise sur le gâteau, les médias mainsteam donnent essentiellement la parole à celles et ceux qui se prennent les pieds dans le tapis de contradictions de ce positionnement prétendu apolitique alors qu'il y en a d'autres plus pointus en matière d'analyse et d'argumentation mais les faire intervenir publiquement serait infiniment moins fun. Dans son roman intitulé "Les Mandarins", Simone de Beauvoir faisait dire en 1954 à Henri Perron, clone intellectuel d'Albert Camus : "Mais les types qui se déclarent apolitiques, ce sont des réactionnaires, fatalement.". La colère du peuple, quand elle est à plus forte raison légitime, demeure facilement instrumentalisable et manipulable. 

          Dans l'hypothèse d'une abdication macronique et/ou d'une dissolution de l'Assemblée Nationale quelle serait alors la couleur dominante du pays suite à de nouvelles élections ? Le rouge ? Le rose ? Le vert ? Le bleu ? Rien moins que le brun et si vous n'en êtes pas convaincu-e-s, lisez donc la chronique de Pierre Serna intitulée Yellow submarine... publiée le 21/12 dans l'Huma où il écrit "De deux choses l'une, ou bien par un miracle qui se fait attendre la gauche sait se réunir, se réinventer, s'unir et propose un programme clair aux gilets jaunes qui comprendront où sont leurs intérêts politiques, ou bien nous allons tout droit au fond des abysses avec les gilets jaunes plombés qui, quelles que soient leurs différences hétéroclites, voteront pour beaucoup d'entre eux, afin d'exprimer leur rage sociale et culturelle, pour la bête immonde et brune.". Renvoyant à l'excellente analyse de Zev Sternhell, "trop méconnu et toujours peu apprécié en France, pour avoir prouvé l'existence d'une droite révolutionnaire française à l'origine du fascisme européen, ce que les historiens patentés de Sciences-Po ne lui pardonneront jamais, et que les bien-pensants balayent d'un revers de main.", il tire la sonnette d'alarme mais y a-t'il encore suffisamment de femmes et d'hommes de bonne volonté pour l'entendre ? C'est vrai enfin quoi "...la France à l'origine du fascisme ? Allons ! Nous ne sommes pas des barbares nordiques et germains ou des sauvages méridionaux et italiens...". 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. 



Jn-Mc

 Source Illustration : Facebook

jeudi 20 décembre 2018

RIC et nunc ?

Salut & Fraternité,

          Revendication non princeps des Gilets Jaunes le RIC, entendez Référendum d'Initiative Citoyenne, en devient le leitmotiv ad nauseam. Et pourtant que ces trois mots, pris isolément, sont doux ! Référendum, du latin "ce qui doit être rapporté", ça fait très démocratique. Initiative, qui en l'occurrence n'a rien à voir avec le syndicat du même nom, ça fait très start-up nation. Populaire, qui a très peu à voir avec la pop culture, ça envoie du pâté chez les poooooo_po-po-po-po_poo_poooo_populistes. D'ailleurs le terme plaît tellement à la droite capital-friendly européenne qu'elle l'a repris en bleu et or pour nommer dès 1976 sa formation politique PPE.

          J'sais pas vous, mais moi cette histoire me laisse on ne peut plus songeur... pour ne pas dire cauchemardeur. Qui soutient mordicus la nécessité de ce RIC dont les Gilets Jaunes n'ont cependant pas le monopole ? Qui est, à ce propos, l'inspirateur des pasionarias des ronds-points et des tartarins des barricades ? Jean Jaurès ? Victor Hugo ? Périclès ? Que nenni, foin d'illustres défunts mais le bien vivant Etienne Chouard soutien assumé d'Alain Soral, en clair une engeance d'extrême-droite au service des puissances d'argent qui se sert de la démocratie pour arriver au pouvoir et une fois en place muselle, voire même, extermine toute opposition. Mais Etienne Chouard, contrairement à la fille du nazie-nostalgique qui ne fait pas dans le détail, il est très propre sur lui, lisse, bien élevé et surtout... il connaît ses dossiers ! Si ces gens veulent le Référendum d'Initiative Populaire c'est pour mieux berner le peuple afin de le conduire, antiparlementarisme aidant, à marche forcée vers la régression sociale et s'exonérer de toute responsabilité en invoquant le principe sacré de la "vox pupuli vox dei". Ces immondes portes-flingue du capitalisme sont à vomir mais ils réussissent admirablement à faire avaler des couleuvres de plus en plus grosses à toujours plus de monde...

          Quid des Gilets Jaunes dont une partie seraient rouges, selon une enquête publiée hier par l'Humanité ? Environ 15% de "à Gauche" jusqu'à "très à Gauche" et 7,22% "très à Droite" ça peut sembler intéressant malgré les 50,76% "ni à gauche - ni à Droite" et les 19,39% qui ne se prononcent pas. Mais le Ni Droite Ni Gauche en France on sait ce que ça signifie. Pour celles et ceux qui l'ignorent veuillez vous référer à l'excellent ouvrage de Zev Sternhell. Une fois le "bon" peuple bien endoctriné ça peut basculer très vite. Alors que les Gilets Jaunes vraiment rouges tombent la veste et virent franchement à Gauche pour s'engager dans la lutte démocratique avec les forces politiques de Gauche. Quant aux dites forces de Gauche, ils serait grand temps que certains de leurs plus grands communs diviseurs mettent un terme à leurs dérives populistes, notamment l'imbuvable Corbière qui ne reculant devant rien soutient le RIC jusqu'à son application pour la remise en cause du Mariage pour Tous. Le RIC ici et maintenant, dans le climat actuel, ne nous y trompons pas, c'est offrir une magnifique piste d'envol à l'extrême-droite. Par contre un contrôle plus étroit de l'activité des élu-e-s, des mandats non cumulables et renouvelables seulement une fois, la possibilité effective de révoquer des élu-e-s impliqué-e-s dans des affaires ou changeant d'appartenance politique en cours de mandat ça c'est de la démocratie. Nous n'avons pas besoin de moins d'élu-e-s mais d'élu-e-s moins confortablement installé-e-s dans leurs fauteuils.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Huffingtonpost

lundi 29 octobre 2018

Échos du Fazieland - Bravo les culs-bénits !

Salut & Fraternité,

          Bravo, oui bravo et surtout merci, les culs-bénits, grâce à votre puissante mobilisation le fascisme est revenu au pouvoir au Brésil ! Vos prières caractérielles, vos sermons de néo-croisés, vos communautés ultra-communautaristes, votre évangélisation colonisatrice et surtout votre total analphabétisme politique dissimulé par un pseudo engagement politique ont très largement contribué à amener au pouvoir un Trump tropical encore pire que le Trump étasunien. Il faut dire qu'aux USA, vos coreligionnaires ont massivement soutenu celui qui a prêté serment sur la Bible sans en avoir étudié précisément les textes !  Mais il est vrai que ce dernier a un foutu problème avec la lecture... 

          25% de la population du Brésil, 25 à 30% de la population des USA : mêmes proportions = mêmes rapports de forces = mêmes résultats. Il suffit qu'un candidat vienne vous chanter "La petite maison dans la prairie" et c'est parti, vous voilà devenus croisés, vaillants défenseurs des valeurs chrétiennes et parallèlement, brandissant le Pentateuque, militants sionistes défendant avec bec et ongles le Grand Israël ! Dieu(x) que vous êtes ridicules dans vos postures d'une effarante stupidité, mais aussi nom de Zeus que vous êtes efficaces par votre activisme insensé ! Quelque part, je vous admire : même le boeuf attelé à la charrue tente parfois de sortir du sillon, vous pas ! C'est un peu comme si une lobotomie non-invasive et (in)volontairement consentie vous avait privé de toute capacité d'autocritique. Je dis bien d'autocritique car pour attaquer celles et ceux qui ne pensent pas comme vous il ne vous manque rien. Sous couvert d'un amour divin non-discriminant vous cultivez la haine envers l'humain discriminé.

          Bolsonaro vous a chanté la romance de la famille chrétienne, vous a fait croire qu'il s'attaquerait à la corruption alors qu'en fait c'est l'un des pires ennemis de la famille humaine et l'un des meilleurs alliés des puissances d'argent. Vous savez, les puissances d'argent que la Bible appelle Mamon et que Marx nommait das Kapital ? Mais finalement, on peut légitimement penser que cet aveuglement propre à nourrir un confortable entre-soi vous convient à merveille. Comme au 19ème siècle les bourgeois allaient visiter le dimanche "leurs" pauvres afin de leur offrir généreusement quelques subsides, vous vous rendez aujourd'hui au chevet de la planète pétris d'une immonde suffisance et d'un incommensurable orgueil. Mais est-ce qu'on vous a seulement demandé de pratiquer l'avortement, de vous essayer à l'homosexualité, puisque ce sont là deux de vos thématiques favorites ? Non, jamais, alors quoi ? Et la soi-disant théorie du genre, monstre du Loch Ness des plus utiles à votre propagande rétrograde, est-ce qu'on vous demande de l'assimiler ? N'avez-vous pas la possibilité d'ouvrir librement des écoles privées qui vont préparer les petites filles à devenir de bonnes reproductrices bien disciplinées et les petits garçons de bon patriarches bien autoritaires ? Allez, je vous laisse à votre cloaque mais ne me résigne pas à accepter celui dans lequel vous mettez le Brésil. Alors comme on dit par chez moi : Que le bon dieu vous bénisse et que le diable vous dépisse !   

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


  Source Illustration : Les Échos 28/10/2018
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dimanche 28 octobre 2018

Ce dimanche d'Octobre sera-t-il le Jour du Saigneur ?

Salut & Fraternité,

          Aujourd'hui, initialement Jour du Seigneur pour les chrétiens en général, risque fort de devenir le Jour du Saigneur grâce à nombre de prétendus chrétiens brésiliens  faussement évangéliques. Comme aux USA en 2016, les leaders dits évangéliques mettent tout le poids de leur incommensurable analphabétisme politique et de leur infinie capacité d'endoctrinement des masses dans la balance électorale pour faire élire un candidat d'extrême-droite. Mais à ceci près, qu'arrivé à la tête du pays Bolsonaro aura infiniment plus de liberté que Trump pour appliquer son programme réactionnaire et sanguinaire. Oui, sanguinaire est le mot à employer car cet ancien officier nostalgique de la dictature qui a ensanglanté de pays de 1964 à 1985, n'a aucun respect pour la vie de celles et ceux qui ne partagent pas son point de vue. Or, c'est au nom de la protection de la vie et de la préservation de la famille que ces crétins de prétendus chrétiens en réalité faussement évangéliques votent pour lui ! Comme je l'ai écrit précédemment et le réaffirme avec force   : "Rubem, au secours : Ils sont devenus fous !".

          Plus de 70% de l'électorat évangélique s'apprête à contribuer largement à amener au pouvoir un homme dont le fond de commerce est la haine de l'altérité et la véritable raison d'être le service inconditionnel des puissances d'argent. Voilà ce qui se passe là bas, dans ce pays 1,9 fois plus grand que l'Union Européenne et 2,4 fois moins peuplé. Les évangéliques, dont on connaît maintenant l'influence, constituent au moins 22% de la population du pays soit plus de 45 millions d'individus c.a.d environ les 2/3 de la population française. Or, plus de 70% de l'électorat évangélique brésilien soutient aujourd'hui un candidat au slogan faisant  furieusement penser à l'Allemagne nazie des années trente : "Le Brésil au-dessus de tout (Deutschland über alles), Dieu au-dessus de tous. (Gott mit uns)". Alors d'ici à ce qu'il soit élu,  pourquoi pas un "Meine Ehre heißt Treu" imposé à tous les fonctionnaires ? Il faudra bien ça pour s'assurer leur concours lors de la purge qu'il veut imposer au pays en, notamment en promettant la prison ou l'exil pour les gauchistes et ça n'est qu'une partie du projet fasciste de  cet immonde personnage.

         Le pasteur colmarien Bernard Rodenstein, engagé au service des exclus depuis les années 1970, affirme "Un chrétien qui jamais n'est tenté par la politique semble un individu suspect à mes yeux. Comment souhaiter un monde plus juste et fraternel sans désirer mettre les mains dans le cambouis de la politique au centre des affaires du monde ? [...] On sait, depuis Sartre, ce que sont les êtres aux mains propres. Des êtres sans mains."*. Cependant l'engagement politique de Bernard Rodenstein ne l'a jamais fait basculer vers l'extrême-droite et pour cause : il n'est pas un analphabète politique. Né en 1942 il a connu la tragédie des familles de Malgré-Nous. C'est seulement en 2002 qu'il a eu confirmation du décès de son père en Lituanie. "Ce drame initial a pesé lourd sur toute notre famille où l'absent a été au coeur de la vie de chacun, chacune d'entre nous."* dit-il très sobrement. Un tel parcours permet de connaître très clairement la frontière entre démocratie et dictature, tout comme il constitue un puissant antidote au discours haineux de l'extrême-droite. Cette capacité d'analyse provient aussi, à mon sens, de sa formation théologique dont il dit :"Les études de théologie m'ont comme délivré. Jusque-là, ma foi était une espèce d'héritage familial, un capital affectif, une force rassurante. [...] L'apprentissage de la lecture critique des textes bibliques a agi sur moi comme une libération. Aucune de ces paroles n'est tombée du ciel, elles sont nées dans un contexte et pour un public particulier."*. Nous voilà à des années-lumière des certitudes absolues et des gesticulations émotionnelles des nombre de protestants évangéliques dont les orientations politiques n'ont rien de protestantes et les placent de-facto aux antipodes des valeurs de l'Évangile.  

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : La Croix 27/10/2018

* Réforme n° 3774 25/10/2018 pg 20

lundi 22 octobre 2018

Échos du Fazieland - D-Day für Denunziation...

Salut & Fraternité,

          C'est aujourd'hui, comme le rapporte Le Temps, que les populistes nazi-nostalgiques de l'AfD mettent en ligne à Berlin leur portail de dénonciation des enseignants ne faisant pas preuve de neutralité envers ce parti d'extrême-droite. Site web dont j'ai parlé dans un précédent billet intitulé #GibtDeinenLehrerAb. S'estimant victime de harcèlement par les enseignants réputés proches de la Gauche ne propageant plus qu'une vision du monde socialo-verte et n'en tolérant aucune autre (sic) selon son vice-président, l'AfD veut répliquer en invoquant la stricte neutralité du service public. Il ferait beau voir ce que deviendrait la dite neutralité du service public et notamment de l'enseignement une fois l'AfD arrivée au pouvoir. Nous en avons eu une idée plutôt précise de 1933 à 1945. Vous savez ces 12 années qui représentent une fiente d'oiseau en regard des 1.000 ans d'histoire glorieuse de l'Allemagne comme l'avait souligné avec la délicatesse et l'esprit qui le caractérisent Alexander-kein-Platz Gau-ner-land.  

          J'sais pas vous mais moi, j'me pose une foutue question : Comment dans un pays où, tout comme en France, exhiber publiquement  des symboles liés au nazisme est interdit, les enseignants peuvent-ils demeurer neutres face à la montée en puissance de l'extrême-droite ? En regard d'un tel péril, rester neutre relève tout simplement de la complicité. Quand Jessica Bießmann, l'actuelle parlementaire AfD chargée des questions familiales se faisait photographier il y a dix ans, selon elle à l'insu de son plein gré, avec en arrière plan quelques bouteilles aux étiquettes führieusement nazi-nostalgiques et qui plus est à Chemnitz, il faudrait aussi considérer cela comme une fiente de moineau. Ah bien sûr, la pauvre dame s'est excusée, arguant que l'appartement appartenait à un ami et donc qu'elle n'avait pas remarqué les étiquettes des bouteilles juste derrière elle. Ah bien sûr, l'AfD examine actuellement son cas et se prononcera sur son sort le 06/11/2018. Mais de qui se moque t'on ? Qui est en droit de se plaindre et de donner des leçons de civisme et de neutralité ? Les nazi-nostalgiques dont on connaît l'incommensurable tolérance et l'insondable crétinerie ou les enseignants refusant de, par leur présent silence, se faire les collaborateurs d'un futur régime totalitaire ? 

          Hier, dans ce petit village Nord-Alsacien de pas même 200 âmes dont un mur latéral de la mairie a été souillé le week-end dernier par des tags au contenu inadmissible, le rassemblement anti-fasciste a fait exploser le nombre d'habitants au km².  Rendez-vous sur les sites de France 3 et des DNA pour en lire le récit mais surtout, ne manquez pas à ce propos l'article publié le soir même dans La Feuille de Chou, ce très nécessaire quotidien radical au capital illimité d'indignation. Plusieurs orateurs ont clairement mis en évidence le lien existant entre capitalisme et extrême-droite. En Allemagne, pour revenir à l'AfD, tout comme en France et dans de trop nombreux pays d'Europe pour ne rester que sur notre continent, les politiques ultralibérales ont fait le lit des néo-fascistes et néo-nazis. Les puissances d'argent, comme dans les années trente, nourrissent au biberon ceux qui le moment venu leur serviront de bras armé pour maintenir l'agencement du monde qui convient à leurs intérêts. C'est cela qu'il nous appartient de dénoncer  avec force !

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Twitter
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mercredi 17 octobre 2018

Échos du Fazieland - Tag dini Fràtz !


Salut & Fraternité,

          Le week end dernier, dans un petit village Nord-Alsacien peuplé de même pas deux cent habitants, de courageux démocrates animés d'un incontestable esprit républicain ont, à la faveur de la nuit, tagué un mur latéral de la mairie. Leur message possiblement quelque peu ambigu quant à son caractère anticommuniste, vu le patronyme de l'actuel préfet de la Région Grand Est et du Bas-Rhin, est bien plus clair quant à son caractère antisémite et raciste. Ceci dit, je ne pense pas que les artistes calligraphes soient des Zadistes patentés ou des  Anti-GCO convaincus...

          Cet acte d'une lâcheté et d'une bêtise sans nom a été très rapidement et très sévèrement condamné par le Comité de Strasbourg du MRAP, l'Union Locale CGT Saverne & Environs et la Fédération du Bas-Rhin du PCF. Aujourd'hui, à une semaine de l'événement, j'attends toujours les autres. Les autres qui ? Et bien les autres vrais démocrates se référant dans leurs discours à notre devise libertaro-égalitaro-fraternelle, se faisant les chantres des valeurs des Lumières, s'instituant défenseurs des Droits Humains ! Celles et ceux qui, ceints d'une écharpe tricolore, se présentent comme les élus du peuple. Mais pas qu'eux, tous les autres aussi : les sans grades, les obscurs, les masses laborieuses. Où sont-ils ? que font-ils ? Oh là là, ça nous renvoie à une comptine pas très rassurante tout ça ! 

          Ce n'est pas la première fois que de telles exactions sont commises en Alsace et il y a fort à parier que le maintient du Bastion prétendu Social à Strasbourg ne contribue pas à assurer la paix sociale. Espérons que cette officine connaîtra la même destinée que son homologue Clermontoise avec laquelle les connexion révélées par une récente affaire sont pour le moins évidentes. L'Alsace, terre de passage, région que j'aime pour son caractère frontalier, espace largement ouvert sur l'Europe est de moins en moins le pays des cigognes mais de plus en plus celui des Sieg Heil...

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc
 Source Illustration : La feuille de chou
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dimanche 14 octobre 2018

Échos du Fazieland - #GibDeinenLehrerAb.

Salut & Fraternité,

          Ne reculant devant rien, après en avoir testé le concept à Hamburg fin septembre, l'AfD met en ligne un portail internet où les élèves et étudiant du Baden-Württemberg pourront désormais dénoncer leurs enseignants se livrant à l'AfD-bashing, contrevenant ainsi à leur devoir de stricte neutralité. Comme si, face à la montée en puissance de l'extrême-droite dans nos démocraties la neutralité des enseignants et plus largement des serviteurs de l'État était de mise ! Il serait bien naïf de penser que ce beau pays de Germanie ne contient pas en son sein certain(e)s fonctionnaires proches de l'AfD, pour ne pas dire très proches. Ceux là feront-ils l'objet sur ce portail de "dénonciations positives" mettant en avant leur attachement à la Mutterland ? Tout cela sent très mauvais et si nous ne voyons déjà plus l'entrée du tunnel nous sommes très loin d'en entrapercevoir le bout.

          J'entends d'ici celles et ceux qui vont m'opposer la Liste Ruffin dénonçant, cette même semaine, les 70 députés LREM, LR et MODEM s'étant opposés avec succès à la tenue d'un débat sur le statut des accompagnant(e)s pour enfants handicapés et ses invectives du reste parfaitement justifiés. Si le procédé peut susciter une discussion entre gens bien pensants, il n'en demeure pas moins que chaque élu(e) est comptable de ses choix. Un vote tant à l'Assemblée Nationale, qu'au Sénat et jusque dans les plus petites assemblées communales n'a pas à rester secret. La transparence nécessaire à l'exercice d'un mandat électif n'est absolument pas comparable à la délation que l'AfD voudrait, sous couvert du respect de la neutralité des enseignants, inculquer aux élèves dès le plus jeune âge. Par ailleurs, cet argument se référant à l'obligation de neutralité des fonctionnaires allemands nous renvoie à la laïcité à géométrie variable mise sans cesse en avant par la Châtelaine se Montretout et consorts. 

          J'aimerais, à propos de listes, mettre l'accent sur Liste de Schindler, magnifiquement mise en images par Steven Spielberg en 1994 ainsi que sur la liste des villages cévenols ayant protégé des juifs et dont Réforme se fait l'écho cette semaine à l'occasion de la publication du livre de Patrick  Cabanel intitulé "Nous devions le faire, nous l'avons fait, c'est tout.". Oskar & Emilie Schindler que les anonymes protestants cévenols n'ont pas tergiversé quand ils se sont trouvés confrontés à leur devoir d'humanité. Ce qui les place à l'exact opposé de la démarche délationiste initiée par l'AfD afin de faire des jeunes d'aujourd'hui, adultes de demain, de parfaits collabos d'un futur gouvernement totalitaire. Hier, une manifestation pacifique contre le racisme a réunit 242.000 personnes à Berlin alors que les organisateurs du Collectif #unteilbar en attendait seulement 40.000. Il n'y a pas eux à ma connaissance de débordements. Imaginez un seul instant un tel scénario avec une manifestation d'extrême-droite où se retrouveraient six fois plus de manifestants que prévus. Il y a fort à parier que le potentiel de haine si savamment cultivé au Fazieland croîtrait de façon exponentielle... 

Jn-Mc

 Source Illustration : Topito
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mercredi 10 octobre 2018

Rubem, au secours : ils sont devenus fous !

Salut & Fraternité,


          L'électorat brésilien a donc choisit dimanche de placer un candidat d'extrême-droite en pole position pour le seconde manche de la course à la présidence. Ce misogyne, homophobe et nostalgique de la dictature porte les initiales d'un célèbre scottish blend auquel il risque de faire une très mauvaise publicité. Qui plus est JB, à ne surtout pas confonde avec Jean le Baptiste, faisait sans vergogne référence à la transcendance avant même de connaître les résultats du premier tour : "Si Dieu le veut, nous réglerons ça aujourd'hui. Nous sommes sur une trajectoire ascendante et nous avons confiance dans la volonté du peuple brésilien de s'éloigner du socialisme." . Dieu ? Le peuple brésilien ? Cela ne mériterait-il pas quelques éclaircissements ?

          De tous temps les candidats au totalitarisme se sont référés à la transcendance, soit en s'en autoproclamant alliés, soit en s'en instituant grands pourfendeurs. Les premiers étant toujours plus chanceux tellement le besoin d'Agir selon ses Croyances et Valeurs, placé très haut dans la Pyramide de Maslow, est facilement manipulable. Quant au peuple, qui est-il donc ? A y regarder de près, le dit peuple est en grande partie celui qui se réclame "de Dieu", c.a.d nombre de protestants évangéliques ne faisant du reste plus référence au protestantisme pour se réclamer du seul Évangile. Pourtant, si ces croisés revenaient ne serait-ce qu'un tout petit peu sur la toute récente histoire du Protestantisme et celle de l'Amérique Latine, ils découvriraient des faits qui ébranleraient leur foi du charbonnier. M'enfin, comme le chantait Brassens : "J'voudrais avoir la foi d'mon charbonnier, Qu'est heureux comme un pape et con comme un panier." !

          Durant la Seconde Guerre Mondiale, en Allemagne mais pas que, des Protestant(e)s se sont mobilisé(e)s contre le nazisme et plus d'un(e) l'a payé de sa vie. L'Église Protestante Allemande était divisée en deux courants : d'une part la DEK (Deutsche Evangelische Kirche), église historique, institutionnelle, très largement majoritaire et composant avec le pouvoir nazi, d'autre part la BK (Bekennende Kirche), église confessante très minoritaire et résistant activement au régime. De cette dernière est issu Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) qui passa du nationalisme réactionnel à l'humiliation de l'Allemagne par le Traité de Versailles (1919)  à l'antinazisme jusqu'à participer à préparation l'attentat contre Hitler de Juin 1944. Martin Niemöller (1892-1984), auquel des Évangéliques actuels font encore parfois référence pour son célèbre texte écrit à Dachau "Je n'ai rien dit.", était aussi de ceux là. En Amérique Latine, vaste région du monde qui fournit un refuge à de nombreux nazis exfiltrés par les réseaux de l'Église Catholique et de la CIA , se développa dans les années 1950-1960 la Théologie de la Libération basée sur une compréhension du monde inspirée du Marxisme et formant l'Église du Peuple. Mouvement porté par de nombreux théologiens Catholiques et Protestants que Karol Wojtyla, le meilleur pote de Ronald Reagan et son successeur Joseph Ratzinger se firent un devoir d'anéantir. Au nombre de ces théologiens révolutionnaires figurait le brésilien Rubem Alves (1933-2014) qui n'apprécierait pas du tout le résultat dans les urnes de l'implantation des église évangéliques dans son pays. Implantation, allez savoir pourquoi mais moi j'ai ma petite idée,  fortement soutenue par les USA. Rubem, au secours : ils sont devenus fous !

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


Source Illustration : Facebook

lundi 8 octobre 2018

Échos du Fazieland - Extrême Violence

Salut & Fraternité,


          Dans son édition du jour les Dernières Nouvelles d'Alsace consacrent une pleine page à plusieurs articles sur l'extrême-droite, au demeurant très intéressants. Cependant, le titre laissant entendre que cette mouvance, qui dans les  années trente a mis l'Europe à feu et à sang pour ensuite s'exporter sur d'autres continents, aurait connu une période non-violente plonge le clinicien que je suis dans une infinie perplexité anxieuse. Aurais-je loupé tout un pan de l'histoire contemporaine ? Serais-je, à l'instar de Blanche Neige ou de La Belle au Bois Dormant, tombé dans une profonde léthargie dont un Prince Charmant m'aurait délivré à l'insu de mon plein gré et, comble de la muflerie, sans laisser sa carte de visite ?

          Loin de moi l'idée de blâmer le travail journalistique réalisé non sans talent, mais enfin, un titre ça parle ! Ça parle d'autant plus que certains lecteurs, s'il est toutefois possible d'employer ce terme, ne lisent que les titres. Alors quoi, l'extrême-droite aurait ainsi connu une période de non-violence et en ce début de 21e siècle, péril vert obligeant, renouerait avec la violence qui l'a caractérisé jusqu'à la fin de la première moitié du 20e, époque où le péril était rouge. Nous aurions, youpi-tralalère, vécu plus d'un demi-siècle de gentille cohabitation avec le Fazieland ! 

          J'sais pas vous, mais les coups de force de l'OAS, les exactions des milices franquistes, les pratiques gestapistes de la PIDE de Salazar et Caetano, le détail de l'histoire lepéniste et tout le révisionnisme dont il procède, je ne trouve pas ça particulièrement non-violent. Ne parlons même pas du GUD, d'Occident et des prétendus intellectuels fascisants et nazifiants bénéficiant d'un open bar permanent dans certains médias sacrifiant l'étique la plus élémentaire sur l'autel de l'indice d'écoute. Non, l'extrême-droite ne renoue pas avec la violence. Bras armé du Kapital, quand bien même elle se proclame anticapitaliste, elle ne peut qu'être et demeurer violente. La violence fait partie intégrante de son patrimoine génétique car sans cela l'extrême-droite ne serait d'aucune utilité à cette petite minorité de mesdames et messieurs bien-propres-sur-eux qui brassent des milliards tandis que des millions de crève-la-faim coulent à pic et pas qu'en Méditerranée mais aussi sur la terre ferme... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : DNA 08/10/2018
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vendredi 18 août 2017

A so alternative president !

Salut & Fraternité,


          La réaction en deux temps de Mister America Fi(r)st suite à l'attentat de Bracelone signe une fois de plus le le caractère janusien de sa personnalité. "The United States condemns the terror attack in Barcelona, Spain, and will do wathever is necessary to help. Be tough & strong, we love you!", tweete-t'il dans un premier temps. "Study what General Pershing of the United States did to terrorists when caught. There was no more radical Islamic Terror for 35 years!", retweete-t'il une heure plus tard relayant une légende urbaine, renommée alternative fact, salissant la mémoire du général John Joseph Pershing. 

          Il n'existe, à cette heure, aucun élément historique validant l'affirmation que Pershing aurait mis fin à une révolte des musulmans philippins en capturant cinquante activistes pour en exécuter quarante-neuf avec des balles trempés dans du sang de porcin et les enterrer enroulés dans une peau de porc, le cinquantième témoignant de cela au reste de la population. Les historiens le démentent, rien ne prouve que c'est arrivé mais, comme l'a dit un supplétif trumpien bien de chez nous : "Ce n'est pas vrai mais ça aurait pu l'être.". Après une réaction convenue digne d'un chef d'état civilisé, Mister America Fi(r)st ne peut s'empêcher de retourner dans la fange où il s'ébat avec délectation pour le plus grand bonheur d'un certain électorat bas-de-plafond et avec la bénédiction des puissances d'argent dont le fameux complexe militaro-industriel. 

          Ce n'est pas en opposant la barbarie à la barbarie qu'on sauve la civilisation. La réaction de l'ex-US-Mister-President, est d'une toute autre tenue. Alors qu'il affirmait quatre jours plus tôt, citant Nelson Mandela, "No more is born hating another person besause of the color of his skin or his background or his religion...", son tweet d'hier est infiniment plus humain et humaniste que les deux déclarations trumpistes : "Michelle and i are thinking of the victims and their families in Barcelona. Americans will allways stand with our Spanish friends. Un abrazo.". Mais n'oublions tout de même pas les plaines d'Ukraine (cliquez ici). Quant au "The United states) will do whatever is necessary to help." du White House Janus, nous savons que trop où mène depuis 1846 l'interventionnisme étasunien dont le rôle décisif dans deux guerres mondiale n'exonère pas pour autant de multiples crimes commis à la surface du globe et pas pure christian charity nous ne remonterons pas à la quasi extermination des peuples amérindiens nord-américains. Quand Cuba, cette horrible dictature communiste, envoie dans le monde ses équipes médicales suite à une catastrophe naturelle ou un sinistre que quelque ordre que ce soit, personne ne pipe mot. Pourtant, voilà une réelle manière de "Do whatherver is necessary to help." et de "Allways stand with our friends."...



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Pinterest

mardi 15 août 2017

Droite radicale : doux euphémisme médiatique !

Salut & Fraternité,

          Depuis l'attentat de Charlottesville, ici en France-pays-des-droits-de-l'homme, la presse main stream est quelque peu gênée aux entournures. Ceci dit, on le serait à moins car, participant très activement à la dédiabolisation du Front National en lui offrant un open-bar médiatique permanent, comment peut-elle traiter objectivement les fascistoïdes manifestations et nazillonnes exactions perpétrées par son pendant étasunien ? 

          "Droite radicale", dit-elle pour nommer les tenants de la nazi nostalgie. "Une voiture percute la foule", annonce t-elle pour décrire un attentat. Que de doux euphémismes qui prêteraient à rire s'ils n'étaient pas mensongers et ne masquaient pas pudiquement une sinistre réalité. Cette sinistre réalité est le retour en force de l'extrême droite, force de frappe que les puissances d'argent se gardent sous le coude quand les politiques de la Droite classique (cf Merkel) et de la nouvelle Droite (cf Macron) ne suffiront plus pour contenir la révolte des peuples. Ces puissances d'argent, nommées par Karl Marx das Kapital, manquant d'humanité mais pas d'intelligence, savent parfaitement jouer sur plusieurs tableaux et dont deux : la liberté d'expression et la répression. En achetant la presse main stream elles agitent le goupillon du catéchisme ultralibéral et en s'assurant le concours de l'extrême-droite elles brandissent le sabre de l'état policier. 

          Cela sans compter avec le confusionnisme induit par l'adjectif "radicale" appliqué à cette droite qui n'est même pas, et pour cause, qualifiée d'extrême ! Le bon peuple, abreuvé ab nauseam par cette désinformation va bientôt, soit légitimer cette droite abjecte, soit assimiler la Gauche dite radicale à l'extrême-droite en vertu de la formule magique affirmant que tôt ou tard les extrêmes se rejoignent. Voilà qui est tout bénef car sont récupérés d'un seul tenant, autant les apprentis fachos que les modérés timorés ! Reste à résoudre la problématique langagière de l'islam qualifié lui aussi de radical. La belle affaire, pour les apprentis fachos c'est un combat front contre front et pour les modérés timorés tout radicalisme conduit au néant ! Si l'on se fie au CNRTL, outil de référence s'il en est, "radicalisme" (cliquez ici) et radical possèdent plusieurs acceptions (cliquez là) qu'il s'avère très facile d'instrumentaliser. Dès lors, pourquoi s'en priver ?

Que celui qui a des oreilles pour entendre.


Jn-Mc

 Source Illustration : Facebook

lundi 14 août 2017

We are not all Americans first !

Salut & Fraternité,

          La réaction de Mister America Fi(r)st  à l'attentat terroriste de Charlottestville est particulièrement significative : "We ALL must be united & condemned all that hate stands for. There is no place fort this kind of violence in America. Let's come together as one !" (12/08/2018 10:19) puis "We must remember this thruth : No matter our color, creed religion or political party, we are ALL AMERICANS FIRST." (13/08/2017). Que peut on espérer d''autre un esprit binaire arrivé au pouvoir avec le concours actif de l'extrême-droite  et le vote de 86% chrétiens évangéliques ? 

          La dialectique trumpienne tient en une seule formule : "Good guys versus bad guys.", d'où les déclinaisons "Make America great again" et "America first". Mais quand les good guys font de bad things, comme par exemple à Charlottesville, il lui est impossible de les condamner sans se désavouer. Alors, il botte en touche pour noyer un problème particulier clairement identifié dans un océan de généralités englobant agressés et agresseurs, victimes et bourreaux. Mais, contrairement à certains politiques rodés à cet exercice de style, il ne peut s'empêcher de remettre un couche d'America first mais cette fois-ci à la façon du "We are all Americans" de G.W. Bush au lendemain du 9.11. 

          J'ai déjà évoqué les similitudes existant entre George Walker Bush et Donald Trump. Inside Gouv, un site étasunien compare mensuellement leurs courbes de popularité. L'option guerrière, pour se refaire une santé, n'est pas fantaisiste car on sait aujourd'hui combien Ben Laden a rendu service à G.W. Bush en 2001. Histoire de mettre un maximum de chances de son côté, Mister America Fi(r)st s'est choisit deux Ben Laden : Kim Jung-Un et Nicolas Maduro. S'il engage les USA dans un conflit contre l'axe du mal Nord-Sud ou Est-Ouest, il y a fort à parier que l'extrême-droite applaudira des deux mains, quant aux chrétiens évangéliques, je suis curieux d'entendre leur argumentation biblique justifiant un tel gâchis...

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Marian Kamensky

dimanche 13 août 2017

Wenn du nicht zum wählen gehst...

Salut & Fraternité,


          Le Bundestagswahl 2017 approchant en Allemagne, Mutti se lançant avec assurance dans la bataille en vue d'obtenir un quatrième mandat, Die Linke fait campagne tant pour son programme "Sozial. Gerecht. Für alle." que contre l'abstentionnisme. "Si tu ne vas pas voter, le résultat du vote vient à toi." affirme l'affiche ne laissant aucune ambiguïté sur le dit résultat. L'extrême-droite, alliée depuis toujours au capitalisme, n'est malheureusement pas composée que de branquignoles du genre de l'équipage du C-Star. L'AfD, malgré ses récents déboires internes, peut se maintenir à flot entre autres grâce à son alliance avec Pegida. Le SPD de Martin Schulz, après avoir suscité un espoir à Gauche, risque plus de capter une partie du potentiel électorat de Die Linke que de lancer une réelle offensive mettant à terre la CDU/CSU et son libéral valet FDP au si évocateur acronyme. 

          Si pour Frau Merkel l'avenir s'annonce plutôt radieux, il n'en va de même pour le peuple allemand. Comme d'habitude et comme partout ailleurs, quand le pays va mal, il est toujours plus avantageux de désigner un ennemi clairement identifiable à la vindicte populaire que de nommer les vrais responsables. Si la pauvreté progresse en Allemagne au point d'alerter le FMI, ce n'est pas le fait des réfugiés, mais la conséquence des politiques ultra-libérales menées tant par G. Schröder que par A. Merkel.  Les réformes Hartz, dont on mesure aujourd'hui l'échec, sont une invention social-démocrate. Peter Hartz, plan comm' en moins, est une préfiguration d'Emmanuel Macron. Ainsi, la désaffection de l'électorat allemand pour le SPD s'explique-t'elle simplement. Un des risques du prochain scrutin est bien l'égarement des électeurs qui, se trompant de colère, pourraient voter à l'extrême-droite ou s'abstenant conduiraient, proportionnelle aidant, à augmenter la représentativité des tenants de la nazi-nostalgie, croix gammées, bottes à clous et toute la panoplie.

          Si tu ne vas pas voter, le résultat du vote vient à toi. Avec 25,30% d'abstention au second tour des présidentielles et 57,36% au second tour des législatives pour le résultat que l'on sait, la France-pays-des-droits-de-l'homme n'a de leçons à donner à personne. Alors on pourrait encore et encore se torturer l'esprit pour chercher à savoir le pourquoi du comment : déplorer le manque d'attractivité du débat politique, stigmatiser tous les politiques car certains sont corrompus, gloser sur l'opportunité de déplacer les jours de vote du dimanche au mardi comme aux States ou au jeudi comme au Royaume Uni. Tout cela est bel et bon mais... quand on est con, on est con. Parce qu'au final c'est bien de cela dont il est question, si non comment qualifier le comportement de ceux qui, le temps de cerveau disponible gavé par le consumérisme individualiste décident, pour manifester leur désapprobation, de ne pas se rendre aux urnes. Ceux que Brecht nommait analphabètes politiques font un tort considérable à la démocratie et quand le résultat du vote vient à eux, ils ont encore le toupet de s'en prendre à la République, à l'État, à Dieu, au Diable, mais surtout pas à eux-mêmes... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. 


Jn-Mc

 Source Illustration : Facebook

mercredi 5 juillet 2017

Respect pour Ramlati !

Salut & Fraternité,


         Après l'Obono-bashing, contre lequel la Gauche s'est mobilisée spontanément, voilà l'Ali-bashing et bien sûr qui retrouve-t'on à la manoeuvre : l'extrême droite ! Vu les fréquentations (cliquez ici et là) de ces grands humanistes épris de justice et de vérité il n'y a là rien d'étonnant. Ce qui m'étonne par contre, c'est la faible mobilisation en faveur de Ramlati Ali qui a probablement entre autres, le tort d'être députée LReM. Mais, selon la formule consacrée, "Moi j'dis ça, j'dis rien..." !

         Son prétendu hijab est un kishali mahorais comme en portent de nombreuses femmes à Mayotte, le 101ème département français. Département dont la population est composée de 95% de musulmans vivant un Islam tranquille. Population dont l'adhésion à la croyance est en recul et qui, s'opposant au salafisme en détruisant une mosquée noyautée par des prêcheurs fondamentalistes, accueillait Marine Le Pen à bras ouverts et a voté majoritairement pour elle ! Là par contre, les kishali ne dérangeaient pas l'extrême droite et la candidate fronto-nationaliste, au comble du bonheur, était tout sourire. En fait Mayotte c'est un peu comme la métropole, les gens ne veulent pas se faire pourrir la vie par des culs-bénits haineux alors en réaction ils votent pour la pire des alternatives !

          Pour revenir à Ramlati Ali, elle est non seulement psychiatre chef de pôle au Centre Hospitalier de Mayotte mais fut aussi en 1996 la première femme mahoraise à obtenir un diplôme de médecine, comme elle devint le 18 Juin 2017 la première femme mahoraise élue députée. Son engagement politique ne date pas d'hier. Ramlati Ali a été maire en 2008, déclarée inéligible pour un an en 2013 suite au rejet de ses comptes de campagne des législatives de 2012, s'est positionnée contre le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels  arguant que "le mode de vie des populations mahoraises est à l'opposé des valeurs défendues par cette proposition". Décorée de la Légion d'Honneur en 2016, elle s'est prononcée pour Benoit Hamon puis ralliée à Mister Chairman. Nous ignorons à cette heure ce qu'elle apportera au débat démocratique mais la polémique dont sa vêture fait l'objet est particulièrement déplacée. D'ailleurs, à ce propos, elle se défend très dignement et ainsi relève considérablement le niveau de la discussion. Il est très fortement prévisible que je n'approuve pas plus ses prochains votes à l'Assemblée Nationale qu'il est certain que je demeure très perplexe quant à sa récente mutation politique. Cependant, cela n'enlèvera rien au respect que j'aurai pour elle tant qu'elle restera républicaine, fut-ce En Marche même et surtout si cela me plaît infiniment moins.

          
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc


 Source Illustration : Positif Vortex