Place au Peuple

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dimanche 30 décembre 2018

Mortecouille, voilà les Cache-Cols Cramoisis !

Salut & Fraternité,


          Vous en avez soupé des gueux défilant en cardigans flavescents et en ordre dispersé ? Vous n'en pouvez plus de ces illettrés qui puirent et occupent maints ronds-points ? "Montjoie, Saint Denis, que trépasse si je faiblis, fulmine Godefroy de Macmirail suivi de son fidèle Castaouille, je m'en vais lever de ce pas une armée de cache-cols cramoisis qui, par le truchement d'enchanteurs médiatiques, ferra marcher ces marauds en ordre serré et libérera les voies apiennes du royaume de ces vilains refusant, quelle injustice, de payer impôt, taille, gabelle, dîme et tonlieu !". 

          Mouvement de génération spontanée qui n'a strictement rien à voir avec les fêtes ibériques de San Firmin, les Foulards Rouges, se prétendant apolitiques eux aussi, vont à contrario des Gilets Jaunes, dès le 27ème jour de l'An de Grâce 2019ème manifester publiquement leur soutien au monarque jupitérien régnant sur 67,12 millions de Gaulois réfractaires au changement dont quelques cyniques, fainéants, ouvrières illettrées, gens qui ne sont rien et nombre de pauvres voyageant en autobus, le train étant trop cher pour eux alors qu'on met un pognon de dingue dans les minimas sociaux. Oui ma p'tite dame, on va vous débarrasser de cette racaille mais pas au Karcher, méthode d'un autre temps où les billes de flash-ball volaient en dessous de la ceinture. Les Foulards Rouges déposent des fleurs là où les Gilets Jaunes mettent le feu. 

          Le rouge, les fleurs, ça fait un peu Révolution des Oeillets tout ça, ou plus exactement Révolution des Oeillets Inversée car à l'instar du Sarkhomme de Neuilly, le Golden Boy Élyséen n'est pas à ça près en matière de récupération des symboles du progressisme recyclés immédiatement au profit de la régression sociale. Tudieu, mortecouille, ainsi va la vie au Royaume de Macronie où le peuple indocile se voit privé de beurre sur ces macaronis !




Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Pauvrefrance

jeudi 27 décembre 2018

Cachez ce Benalla que je ne saurais voir !

Salut & Fraternité,

          Il court, il court Benalla. Il est passé par ici. Il repassera par là. Il court, il court Benalla... Non content d'avoir défrayé la chronique politico-judiciaire durant l'été, ce pur produit de la Macronie Triomphante qui est allé jusqu'à s'autoriser à insulter les sénateurs, dénonce maintenant des propos élyséens qu'il juge diffamatoires suite à son récent voyage au Tchad juste avant le déplacement officiel de Son Altesse Sérénissime. Un prétendu voyage d'affaire qui embarrasse bien ceux du château sis 55 rue du Faubourg Saint-Honoré et comme le sparadrap du Capitaine Haddock colle obstinément aux shoes en croco du Grandissime Matamore de Salon. En fait la créature échappe au contrôle de son créateur. Plutôt classique pour ceux qui s'autoproclament du nouveau monde. 

          Quand un sinistre personnage de cet acabit parvient à narguer à ce point les lois et les institutions de la République on peut aisément mesurer le degré de putréfaction de notre société qui condamne fissa celui qui vole de la nourriture car il crève de faim mais laisse aller et venir en toute liberté celui dont l'insatiable appétit de gloriole faisait même trembler les policiers. En fait la Start-Up Nation c'est ça : des arrivistes nombrilistes prêts à marcher sur des cadavres et mordre la main qui les nourrit. Il y a dans la Macronie autant d'éthique et de morale que dans une salle de marché. Les golden-boys et golden-girls sont aussi impitoyables que les conquistadors à la recherche de l'Eldorado. Rien ne leur résiste et ils se fichent de tout, excepté de leur réussite personnelle. Ce n'est pas avec de petites ambitions qu'on devient un grand homme et je veux croire que l'Histoire ne les acquittera pas.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Résistance Inventerre

lundi 24 décembre 2018

Le téléphérique

Salut & Fraternité,

        Ce soir c'est le réveillon de la Noël, comme ils disent en Provence, alors histoire de changer radicalement de climat et de culture, je vous invite par le truchement d'une édifiante nouvelle de l'inénarrable Sylvain Tesson intitulée Le téléphérique, à gagner de l'altitude et à perdre des degrés Celcius pour vous retrouver à Zermatt :  


          "Il flottait dans le chalet l'odeur joyeuse du boudin. Le feu de bois se reflétait dans la glaçure des beignets. La nappe disparaissait sous les assiettes à motifs de rennes lapons, les pains d'épice luisaient. Les couronnes de l'Avent hérissées de quatre bougies rouges, quatre tours de cire, attendaient l'allumette. Des sucres d'orge pendaient aux branches du sapin que Gretel et Hans, douze et neuf ans, obèses tous les deux, ensevelissaient sous les guirlandes. Les arbres sont des saints : ils se laissent persécuter en silence. 

          Le chat, lui, s'était caché. Le Cervin déployait ses arêtes, il encadrait dans la fenêtre ses ailes de chauve-souris pétrifiées. Sa masse d'encre envahissait le ciel. Quelques heures auparavant, les faces schisteuses, balayées de traits pastel par les rayons du couchant, s'étaient reflétées dans l'argenterie, souveraines, silencieuses, nourries d'alpinistes qui avaient prétendu égratigner le rocher noir de leurs parois. À présent, seul le sommet s'éclairait d'un capuchon de lumière. Greta, la maman de Gretel et Hans, achevait de fourrer les caillettes. Elle résistait à l'envie de goûter à sa farce aux pruneaux : elle avait pris huit kilos depuis la Toussaint et luttait depuis lors contre le désir morbide d'enfourner des choses dans sa bouche. Il lui fallait encore préparer les coquillages, remplir les cassolettes de cèpes, mettre la bière de Noël au frais et transvaser le vin de miel dans les carafons de cristal, pour l'éventer. Afin de se donner du cœur, elle écoutait un groupe de yodeleurs tyroliens. Ces chanteurs en short de cuir avaient réussi l'exploit de traduire en musique la dégoulinade de la crème. 

         Dans quelques heures, parents et cousins arriveraient. Tout serait prêt. Comme chaque fois, comme à chaque Noël. Un traîneau glissa devant les fenêtres. Des rires fusèrent. Des gens crièrent des noms anglais, ils retenaient dans leurs moufles des paquets de couleur griffés de noms de couturiers. Tout à l'heure, sous les sapins, des mains blanches et fines ouvriraient des écrins Cartier et des boîtes orange Hermès. Zermatt vibrait des préparatifs de la fête. Noël était la plus parfaite entreprise de détournement spirituel de l'histoire de l'humanité. On avait transformé la célébration de la naissance d'un anarchiste égalitariste en un ensevelissement des êtres sous des tombereaux de cadeaux. Pour quelques heures, en ce 24 décembre, l'immense névrose européenne de l'après-guerre s'octroyait un répit, le temps d'ouvrir des paquets dans un bruit de mandibules d'insecte.

           Dans le chalet, il faisait 27°C. Le foie gras exsudait. Sur le bloc rose, les gouttes de graisse perlaient. C'était la même rosée qu'au-dessus de la lèvre supérieure de Greta. L'horloge de l'église sonna. « Déjà 5 heures? Étrange qu'ils ne soient pas rentrés », se dit Greta, à la vingt-cinquième huître. 

          Hans-Kristian Kipp, pharmacien bavarois, passait ses vacances de Noël à l'hôtel Mirabedau depuis quinze ans. Il introduisit une pièce de 5 francs suisses dans le télescope et le braqua sur le Klein Matterhorn. La cime du petit frère du Cervin était dans l'ombre elle aussi. On distinguait cependant le métal de la cabine du téléphérique. Elle oscillait au creux de la courbe du câble, entre deux pylônes meringués de glace. Kipp étouffa un juron. La silhouette d'un homme venait d'apparaître sur le toit de la benne, au-dessus du vide. Il était 5 h 10. Il faisait presque noir." 

          Pour lire la suite veuillez vous rendre sur le site d'Isabelle Foreau intitulé  L'être en lettres et cliquez juste là pour accéder à la page de son Calendrier de l'Avent afin de retrouver ici l'intégralité du texte... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Babelio

vendredi 21 décembre 2018

Pauvre Ghosn !

Salut & Fraternité,

         Les actes successifs de la tragédie des Gilets Jaunes nous l'aurait presque fait oublier car il a été arrêté à Tokyo le 19/11, surlendemain de l'Acte I des mobilisations des porteurs de camisoles flavescentes. La coqueluche des Nippons s'est faite serrer pour soupçons de malversations financières alors qu'en France les gueux manifestaient d'abord contre les taxes et ensuite pour quelques Dollars de plus. Lui qui était tellement habitué au haut de l'affiche où il tutoyait les étoiles s'est brutalement retrouvé dans un cul de basse fosse du Pays du Soleil Levant. Fini les interviews par des journalistes de publireportage et autres cireurs de pompes car voici venu le temps des interrogatoires menés par la police. Fini le temps des working breakfasts livrés par les meilleurs traiteurs, des déjeuners d'affaires dans les meilleurs restaurants et des dîners de gala dans les palaces car voici venu le temps des trois bols de riz quotidiens. Dieu(x) qu'il a dû souffrir le pauvre Ghosn !

          Qu'il a dû souffrir car la nouvelle est tombée hier sur les téléscripteurs, comme on disait avant l'invention de l'Internet, il devrait très probablement être li-bé-ré de sa cellule de 6,5 m2 du Centre de Détention de Kosuge où durant un long mois il a vécu dans une austérité toute monacale. Libéré contre payement d'une caution à déterminer s'entend car le procès reste à venir. Ben ouais quoi, omettre de déclarer 5.000.000.000 de Yens c.a.d 39.224.366,35 d'€ selon le cours du 20/12/2018 ça signifie avoir les moyens de verser une caution garantissant la liberté conditionnelle ! Près de 2.845 années de SMIC, c'est pas juste une aumône. Carlos Ghosn voit grand, pèse lourd, enfin un peu moins depuis son mois de cure amaigrissante, il doit donc valoir cher !

          Ben oui mais non, c'est à se demander s'il y a encore une justice des riches et une justice des pauvres dans ce pays ! Ah mais c'est vrai, j'avais oublié que l'affaire se déroule dans une monarchie constitutionnelle d'Extrême-Orient et non au sein d'une république occidentale se targuant d'avoir abolit les privilèges ! Alors qu'il s'attendait à être li-bé-ré le pauvre chéri va devoir, suprême affront, passer encore dix jours en zonzon donc pas de Noël au balcon car la justice nippone, que les possédants estiment désormais anti Ghosn, vient de déposer dans ses petits souliers un troisième chef d'inculpation.     Il ne passera pas Noël avec ses proches ce cher homme connu pour son sens aigu de la solidarité familiale : 1.700.000 de $ versés par Nissan à sa soeur en échange d'aucun travail effectif, c'est du même acabit mais encore plus généreux que les modestes 813.440 € bruts encaissés par cette pauvrette de Penelope Fillon. Qui ne serait pas ému face à une telle manifestation d'un si parfait amour fraternel ? Carlos Ghosn n'est pas qu'un homme d'affaire mais aussi un bon samaritain ne manquant pas de ressources et dont les multiples talents vont encore être révélés par l'enquête car comme chacun sait "Il se passe toujours quelque chose à la samaritaine." !     



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

Source Illustration : France Inter

jeudi 20 décembre 2018

RIC et nunc ?

Salut & Fraternité,

          Revendication non princeps des Gilets Jaunes le RIC, entendez Référendum d'Initiative Citoyenne, en devient le leitmotiv ad nauseam. Et pourtant que ces trois mots, pris isolément, sont doux ! Référendum, du latin "ce qui doit être rapporté", ça fait très démocratique. Initiative, qui en l'occurrence n'a rien à voir avec le syndicat du même nom, ça fait très start-up nation. Populaire, qui a très peu à voir avec la pop culture, ça envoie du pâté chez les poooooo_po-po-po-po_poo_poooo_populistes. D'ailleurs le terme plaît tellement à la droite capital-friendly européenne qu'elle l'a repris en bleu et or pour nommer dès 1976 sa formation politique PPE.

          J'sais pas vous, mais moi cette histoire me laisse on ne peut plus songeur... pour ne pas dire cauchemardeur. Qui soutient mordicus la nécessité de ce RIC dont les Gilets Jaunes n'ont cependant pas le monopole ? Qui est, à ce propos, l'inspirateur des pasionarias des ronds-points et des tartarins des barricades ? Jean Jaurès ? Victor Hugo ? Périclès ? Que nenni, foin d'illustres défunts mais le bien vivant Etienne Chouard soutien assumé d'Alain Soral, en clair une engeance d'extrême-droite au service des puissances d'argent qui se sert de la démocratie pour arriver au pouvoir et une fois en place muselle, voire même, extermine toute opposition. Mais Etienne Chouard, contrairement à la fille du nazie-nostalgique qui ne fait pas dans le détail, il est très propre sur lui, lisse, bien élevé et surtout... il connaît ses dossiers ! Si ces gens veulent le Référendum d'Initiative Populaire c'est pour mieux berner le peuple afin de le conduire, antiparlementarisme aidant, à marche forcée vers la régression sociale et s'exonérer de toute responsabilité en invoquant le principe sacré de la "vox pupuli vox dei". Ces immondes portes-flingue du capitalisme sont à vomir mais ils réussissent admirablement à faire avaler des couleuvres de plus en plus grosses à toujours plus de monde...

          Quid des Gilets Jaunes dont une partie seraient rouges, selon une enquête publiée hier par l'Humanité ? Environ 15% de "à Gauche" jusqu'à "très à Gauche" et 7,22% "très à Droite" ça peut sembler intéressant malgré les 50,76% "ni à gauche - ni à Droite" et les 19,39% qui ne se prononcent pas. Mais le Ni Droite Ni Gauche en France on sait ce que ça signifie. Pour celles et ceux qui l'ignorent veuillez vous référer à l'excellent ouvrage de Zev Sternhell. Une fois le "bon" peuple bien endoctriné ça peut basculer très vite. Alors que les Gilets Jaunes vraiment rouges tombent la veste et virent franchement à Gauche pour s'engager dans la lutte démocratique avec les forces politiques de Gauche. Quant aux dites forces de Gauche, ils serait grand temps que certains de leurs plus grands communs diviseurs mettent un terme à leurs dérives populistes, notamment l'imbuvable Corbière qui ne reculant devant rien soutient le RIC jusqu'à son application pour la remise en cause du Mariage pour Tous. Le RIC ici et maintenant, dans le climat actuel, ne nous y trompons pas, c'est offrir une magnifique piste d'envol à l'extrême-droite. Par contre un contrôle plus étroit de l'activité des élu-e-s, des mandats non cumulables et renouvelables seulement une fois, la possibilité effective de révoquer des élu-e-s impliqué-e-s dans des affaires ou changeant d'appartenance politique en cours de mandat ça c'est de la démocratie. Nous n'avons pas besoin de moins d'élu-e-s mais d'élu-e-s moins confortablement installé-e-s dans leurs fauteuils.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Huffingtonpost

jeudi 13 décembre 2018

Complotistes = Terroristes

Salut & Fraternité,
          
          Les premiers bilans n'étaient pas encore établis que les commentaires puis les vidéos complotistes inondaient les réseaux sociaux. La réalité est-elle à ce point insupportable pour conduire madame et monsieur Tout-l'monde à se réfugier dans la première absurdité venue imaginée par les derniers des crétins ? Plus que toute autre chose, l'insupportable c'est de risquer la perte de son statut auto-proclamé de nombril du monde. Ainsi face à une telle menace, les cons reconnaissables au fait qu'ils osent tout, ne reculent devant rien, n'entendent rien et surtout ne respectent rien ni personne.

          Emettre et propager des théories complotistes à propos de l'ignoble attentat perpétré à Strasbourg le 11 Décembre revient à frapper une seconde fois les victimes et leurs proches. Oui mesdames et messieurs Tout-l-monde, en portant crédit à ces théories fumeuses vous blessez et tuez une seconde fois les victimes directes et indirectes de cette barbarie donc en clair vous êtes également des terroristes. En plus, relayer ces absurdités vous rend passibles de poursuites, mais comme vous liez cela au complot lui-même et y voyez forcément une preuve indubitable, continuez à creuser car vous êtes encore loin d'avoir atteint le fond de votre insondable imbécillité !

          Grâce à de sinistres crétins devenus leaders du mouvement, le sang des victimes du 11 Décembre retombe sur les Gilets Jaunes dans leur ensemble. Les apparitions médiatiques et manipulations internetiques de ces ballots webcam-addicts éclipsent totalement le débat nécessaire à propos des "concessions" macroniennes se voulant des réponses aux revendications. S'il y a complot, ce n'est pas le Gouvernement qui est à la manoeuvre mais une poignée de décérébrés tenant de facto le haut du pavé de la rue du web, une rue où n'a manifestement pas été prévu de caniveau relié au tout-à-l'égout...       


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Socialisme Libertaire

mercredi 5 décembre 2018

Swiss (way of) Life et Politic Ethic

Salut & Fraternité,

          Le quotidien lausannois Le Temps publiait hier "Le jour où Emmanuel Macron a reculé." en même temps que "Pour un politicien, le désamour du public est une humiliation.", enquête faisant suite à la démission de la socialiste Géraldine Savary et du démocrate-chrétien Guillaume Barazzone. L'une est mise en cause pour des voyages en Russie avec un consul honoraire et milliardaire, l'autre épinglé pour des notes de frais excessives. Mais le libéral-radical Pierre Maudet, poursuivi par le fisc et sommé par son parti de démissionner s'accroche à son siège.

          Trois psychiatres se penchent sur la question, dont un éminent chef de service des Hôpitaux Universitaires de Genève qui met en avant quatre facteurs importants déterminant la capacité de résilience de la personne : sa personnalité, le type d'exposition, son environnement et ses soutiens. De l'exposition d'un scandale découle un désamour du public pouvant provoquer une blessure narcissique générant trois types de stratégies :  rupture et mise en retrait pour ne pas subir de nouvelles blessures et éviter d'entacher les pairs ou bien combat afin de poursuivre la mission confiée ou encore déni de la réalité des faits allant jusqu'au cantonnement dans une position victimaire. Un psychiatre lausannois ajoute que l'habitude des élus à l'exposition publique leur forge une carapace mais leur réputation constituant  un des moteurs de leur fonction une humiliation publique leur est d'autant plus difficile à vivre. Le risque de suicide augmente quand les politiques associent étroitement leur existence à la mission qui leur est confiée et que le réseau de soutien est faible. Chaque décision (renoncer, combattre, nier) renferme, selon un psychanalyste, sa part de gloire et de déshonneur, mais ce qui le révolte c'est la suppression du droit à l'erreur avec pour corollaire le mythe de l'homme irréprochable imposant sa dictature dans les mentalités. La règle de la respectabilité semble avoir pris le pas sur celle de la compétence, conclut-il.

          J'sais pas vous mais moi, quand je lis Le Temps ou La Tribune de Genève, je me dis qu'en matière de démocratie ce fichu mini-pays-maxi-capitaliste n'a pas de leçons à recevoir du pays autoproclamé des droits de l'homme. Et ne venez pas me rebattre les oreilles avec les embrouilles des banques suisses car les nôtres ont aussi de la merde au bâton !  Même si certains s'accrochent à leurs sièges, en Suisse des politiques se retirent lorsqu'ils sont mis en cause dans des affaires parce qu'ils vivent cela comme une blessure narcissique et ne supportent pas le désamour du public. Quid de nos politiques français et notamment des premiers de cordée ? "Crier Macron démission !" et ne pas vouloir vraiment sortir d'un système très largement gangrené c'est tenter une amputation en s'exonérant d'une solide antibiothérapie. Si Macron s'en va, en l'état actuel de nos institutions, il y a fort à parier que la Châtelaine-de-Montretout rafle la mise car il ne faudrait surtout pas s'imaginer que Monsieur-la-République-c'est-Moi parvienne maintenant au pouvoir après les dégâts qu'il a fait ces dernières années à Gauche. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un régime parlementaire avec intervention régulière des citoyens par référendum et possibilité de révoquer les élus s'ils manquent à leurs devoirs ou trahissent leurs engagements. Ceci pourrait, à terme, provoquer l'émergence d'une classe politique vivant comme une humiliation le désamour du public car là franchement chez nous on est très loin du compte.  

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : 24heures

lundi 19 novembre 2018

Ìch düe dìch gràtüliara, Jy's !

Salut & Fraternité,

          Le 12 Novembre, via l'association culturelle et sportive d'aide aux détenus de la Maison d'Arrêt de Colmar, le chef doublement étoilé Jean-Yves Schillinger a confectionné sur place et servi un repas d'exception aux soixante-dix détenus et aux personnels cet établissement pénitentiaire tristement connu depuis le printemps pour ses colonies de punaises de lits d'une étonnante résistance aux traitements ayant nécessité cet automne le transfert d'une soixantaine de détenus. C'est vous dire si ni la population ni l'environnement n'étaient familiers à ce chef alsacien particulièrement talentueux. Cette idée avait germé dans l'esprit de Marguerite Rodenstein, présidente de l'association, lors d'un dîner au Jy's. Jean-Yves Schillinger a dit banco, il est venu à la Maison d'Arrêt accompagné de deux personnes, dont un chef, et ils se sont attelés à la préparation du déjeuner avec le concours d'une dizaine de détenus affectés d'ordinaire à la cuisine. 

          Un moment de partage exceptionnel assumé et revendiqué par Jean-Yves Schillinger mais qui n'a absolument pas l'heur de plaire aux pisse-vinaigres et autres fâcheux allant jusqu'à l'insulter sur les réseaux sociaux, par mails et même appels téléphoniques. Des YakaYakapa lui ont suggéré de faire cela pour des personnes en EHPAD ou des sans-abris. Si ces crétins s'étaient un peu intéressés à l'histoire et à l'actu du chef ils auraient su par exemple qu'il a cuisiné au printemps pour des personnes en situation de précarité. Ils auraient aussi appris, que son père a été en 1995 "tué par trois petits jeunes, qui ont pris huit ans de prison" (sic). En fait Jean Schillinger est mort dans l'incendie de son restaurant. sinistre provoqué par des fils de bonne famille âgés alors d'une vingtaine d'années. En 2012, lors de l'incendie du restaurant "Aux Trois Poissons", grande maison colmarienne complètement dévastée par les flammes, Jean-Yves Schillinger ouvrit les portes de  son établissement aux naufragés de la nuit bouleversés par cette catastrophe qui toucha trois immeubles. 

          Associant esprit de résilence et actes de solidarité, cet homme ne s'est jamais laissé gagner par le venin de l'amertume. Quand il dit, à propos du repas servi à la maison d'Arrêt, avoir fait ça de bon coeur je le crois sans réserves et lorsqu'il affirme "Chacun a droit à une chance." (sic) je me dis que les imbéciles s'arrogeant le droit de le juger feraient bien d'en prendre de la graine (de chef). Thierry Marx, un autre chef de la même génération intervient lui aussi en milieu carcéral et s'investit activement dans la réinsertion. Mais lui, ces mal-comprenants n'ont pas idée de l'attaquer car l'envergure de sa personnalité médiatique les cloue au sol comme de pauvres merdes. Alors Jean-Yves, le temps que passe cette furie justicière, rappele-toi ce savoureux aphorisme courtelinesque : "Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.". So, e' Güeter Kàmeràd !               

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc



 Source Illustration : Fcbk Phil Umbdenstock

dimanche 18 novembre 2018

Tant que les gueux se mettent sur la gueule...

Salut & Fraternité,

           Bon ben les gilets jaunes j'en ai plus d'un depuis des lustres, pas "parce que j'en ai toujours rêvé" et cela bien avant le 01/01/2016, même si ça fait longtemps que j'ai vendu mon deux roues motorisé pour revenir au bon vieux vélo. Mais en deux roues non motorisé cet accessoires devient de plus en plus nécessaire en regard du nombre croissant de pilotes de véhicules motorisés confondant cyclistes et lapins artificiels de cynodromes. Quand, c'est bien trop souvent le cas, il n'arrive pas que nous n'ayons pas à leurs yeux plus d'importance qu'un simple panneau de signalisation routière vu qu'une fois le permis en poche le code de la route est aussi vite oublié qu'une antisèche de bachotage !  

          Mais depuis peu je possède, heureux homme que je suis maintenant, un gilet o-ran-ge. Oui, un gilet orange car quand je ne roule pas à vélo mais bats la campagne à pinces (pas à vélo) il me faut maintenant me protéger d'une espèce encore plus prédatrice que les pilotes de véhicules motorisés. Vous savez ceux qu'on reconnaît au fait qu'ils sont les seuls à porter un gilet fluo avec une tenue de camouflage. Ben ouais, comme le petit président non seulement leur réduit de moitié le coût du permis de tuer mais en plus les institue miliciens, cette espèce va inévitablement proliférer dans un espace non-urbanisé se réduisant comme peau de chagrin. Il devient alors aisé d'imaginer les dégâts à venir... 

          Donc gilet jaune pour prévenir les fangios et gilet orange pour se prémunir les tartarins. Sauf que depuis quelques semaines, il y en a plein d'autres, potentiels fangios pour la plupart et de surcroît tartarins pour certains, qui agitent les gilets fluo, pour annoncer l'ouverture de la chasse au Manu, oui au Manu et pas au Dahu, quoi qu'en partant chasser le Manu ils se retrouvent aussi bredouilles qu'après une chasse au Dahu. Ben ouais quoi, c'est pas les ronds-points qu'il faut bloquer mais les lignes de production ! Je sais bien que la grève générale ne se décrète pas, mais elle se construit et s'organise, avec l'appui de gilets et drapeaux rouges, faut-il encore le préciser ! Il rigole bien maintenant le Manu et peut danser la Valls avec son homonyme nid-de-gauche-nie-de-gauche.

          Plus de quatre cent victimes dont une envoyée ad patres dans un barrage non-filtrant mais peut-être infiltré :  si une manifestation organisée par les syndicats se soldait par un tel bilan la plupart des médias et le pouvoir se déchaîneraient. Mais là non, personne ne s'indigne vraiment de cette odieuse prise d'otage dont sont victimes les usagers de la route alors qu'ils suffit d'une grève des cheminots pour que l'entrave à la liberté d'aller et de venir soit dénoncée à qui mieux mieux par tous les commentateurs. Pourtant, ils s'arrêtent juste de travailler après avoir déposé un préavis conformément à la loi. Visiblement ça ne surprend personne que des manifestations non-déclarées en préfecture pour la plupart, provoquant de réelles entraves à la circulation pour certaines, soient aussi mollement réprimées alors que les Anti-GCO, pour ne citer qu'eux, font l'objet de violences d'État quasi quotidiennes ? Quand les gens, tous les gens et pas que les mélencholâtres, auront enfin pigé que le pouvoir actuel, mis en place et soutenu par les puissances d'argent, a intérêt à ce qu'ils s'entretuent, peut-être passeront-ils à une autre forme d'action. C'est l'économie qu'il faut bloquer et les principaux lieux du pouvoir qu'il faut assiéger tout en s'inscrivant dans la durée. Tant que les gueux se mettent joyeusement sur la gueule Manu-Imperatox-Rex peut dormir tranquille et ses godillots de l'Assemblée Nationale faire des claquettes en suivant le tempo qu'il impulse...     

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : reperes. media 

jeudi 15 novembre 2018

Verschwinde, du Druëli Dottel !*

Salut & Fraternité,


          Comme si ça ne suffisait pas d'avoir à supporter régulièrement les insultes de "notre" petit président, voilà t'y pas qu'un autre parvenu, vomit par un gros 747 blanc-bleu sur le tarmac d'Orly le 09/11, n'arrêtant pas de tweeter rageusement durant son séjour dans notre pays et à nos frais, se permet à son tour de nous insulter copieusement une fois rentré chez les malbouffeurs ! Alors comme ça during World Wars One & Two, before the U.S. came along we were starting to learn german in Paris ? Bon ben va falloir que tu mettes au moins une fois dans ta vie le nez dans un livre et d'histoire, qui plus est, Wàsserkopf*. Mais sais-tu au moins ce que c'est un livre d'histoire, Raùdi* ?

           So, let me explain to you, Schnitzkopf*. Durant la Grande Guerre, qui n'avait de grand que le nom précisons-le bien, Paris n'a pas été occupée par les troupes du Kaiser. L'Occupation, the occupation for you Hüerevogel*, it was during World War Two. Capish, Quëlleforscher* ? Le Siège de Paris  par les Prussiens c'était encore avant, from September 17th, 1870 to January 26th, 1871, et le Kaiser de l'époque c'était le grand-père ce celui de la World War One, Stick Vieh*. Mais là, je sens que je t'embrouille àlter Brunzer* et de toutes façons c'est pas écrit dans ton manuel d'histoire du 20ème siècle ! During World War One, les Parisiens avaient bien d'autres choses à faire que de commencer à apprendre l'allemand, Büüresàwel* ! Quant à la World War Two, celle qui s'est terminée l'année juste avant ta naissance Mùnni*, s'il en est qui ont tiré leur épingle du jeu en collaborant durant l'Occupation, il devait tout de même en rester pas mal d'autres for organizing and succeeding in the August 1944 insurrection. La germanisation et la nazification ça a concerné surtout l'Alsace-Moselle tripel Ölgetz*, pas l'ensemble du territoire, même s'il y avait des Kommandanturs partout and a big wall, as you like them so much, all along the Atlantic ! 

          Par ailleurs Iwwerzwëricher*, la Triple Entente de 1914-1918 et les Alliés de 1939-1945 c'était à la fois les mêmes et pas tout à fait les mêmes, mais là encore je t'embrouille. On retiendra juste, pour faire simple, qu'il y en eut d'autres que les Étasuniens pour contribuer efficacement à mettre fin au conflit, notamment les FFL (Free French Forces) et les FFI (French Forces from Inside), Iwwerschnàppter*. Autre chose, les Britanniques et les Australiens, même s'ils parlent aussi anglais un peu comme toi mais tout de même avec beaucoup plus de vocabulaire, ce ne sont pas des Yankees, you know that Dilldàpp* ? Alors maintenant que tu es rentré dans ton pays de cocagne où tu occupes tes soirées à scanner tes trois postes de télévision en te bâfrant de cheeseburgers, quand tu n'es pas des heures accroché à ton portable pour te plaindre auprès de tes copains milliardaires, surtout tu y restes et tu ne remets jamais ne serait-ce que le début d'un orteil chez nous, parce qu'au cas où tu ne le saurais pas Wichtigmàcher*, on est de sacrés Gaulois Réfractaires et certains jours les menhirs volent bas, y compris ici en Alsace où certains cultivent leur héritage celtique !        


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


 Jn-Mc


*  Pour celles et ceux qui n'ont pas le décodeur : Verschwinde, du = Dégage, toi ; Drüeli = baveur , méchante langue ; Dottel = faible d'esprit, crétin ; Wàsserkopf = hydrocéphale, imbécile  ; Raùdi = querelleur, voyou ; Schnitzkopf = tête de vantard, fanfaron ; Hüerevogel = oiseau à putains, dévergondé ; Quëlleforscher, chercheur de sources, uromane ; Àlter Brunzer = vieux pisseur, vieillard prostatique ; Stick Vieh = espèce d'animal, brute bornée ; Büüresàwel = sabre de paysan, péquenaud ; Mùnni = boeuf, brute ; Tripel Ölgetz = triple buse ; Iwwerzwëricher = tête à l'envers, esprit de travers ; Iwwerschnàppter = qui a sauté un cran, fêlé ; Dilldàpp = oiseau bête, balourd, Wichtigmàcher = vantard, poseur.

 Source Illustration : Duna 87.9

lundi 12 novembre 2018

Oh, armer Pfeil...

Salut & Fraternité,

          Depuis la début de sa construction en 1015, elle a vu de toutes les couleurs la Dame en Rose. Comme le rapportait en 1959 René Schickele dans "Werke" in drei Bänden, lors de la Révolution Française sa flèche coiffée in extremis d'un bonne phrygien fut préservée de la destruction prévue initialement par les Jacobins. Oeuvre monumentale réalisée en fer blanc que de l'autre côté du Rhin on appela avec malice Kaffewärmer ! Au siècle suivant, hoppla en 1870 un tir imprécis de l'artillerie prussienne lui tordit la croix revenue orner son sommet. Au 20ème siècle, c'est le Rote Fahne, Drapeau Rouge des Conseils d'Ouvriers et de Soldats qui l'orna du 09 au 22/11/1918 durant l'éphémère Elsäßische Räterepublik. Lui succéda le drapeau tricolore lors de la reprise en main de l'Alsace par l'administration et l'armée française s'asseyant sur l'Article 5 de la Convention d'Armistice. Sous le IIIe Reich la Dame en Rose n'eut pas la vie facile mais conformément au Serment de Koufra, le 23/11/1944 le drapeau tricolore fut à nouveau hissé au sommet de sa flèche. Au 21ème siècle, tout récemment, le 02/11 y flotta le drapeau européen à l'occasion du début des commémorations de la fin de la Première Guerre Mondiale, le 06/11 un colloque se tint à Strasbourg en souvenir de l'Esaßische Raterepublik avec comme partie visible de tous une manifestation itinérante affichant moult Rote Fahnen et le 11/11 que ne vit on pas au petit matin flotter sur la flèche de la cathédrale ? Un Rot un Wiss ! Ce qui scandalisa plus d'un élu et conduisit l'État, propriétaire de l'édifice, à porter plainte contre X. 

          L'espace d'une petite semaine, il s'en est passé de belles dans la capitale alsacienne dont certains occultent sciemment le caractère également européen. Le Rot un Wiss n'est pas le drapeau officiel de l'Alsace mais celui dont se revendiquent les régionalisto-autonomisto-sécessionnistes. Ses couleurs enracinées au coeur du Moyen-Âge nous parlent de l'histoire de l'Alsace bien plus que son actuel emblème issu du relookage en 2003 de celui homologué en 1948. Brandit avec force lors de la création de la Région Grand Est en 2016 il s'affiche de plus en plus en de multiples endroits. Certains, de par ses origines féodales et son instrumentalisation par un régionalisme exacerbé, non seulement lui dénient toute légitimité mais vont jusqu'à le combattre en lui prêtant, comble du ridicule et du paradoxe, un caractère identitaire renvoyant au nationalisme le plus crasse. Sans identité nous ne sommes rien, faut-il le rappeler ? Celles et ceux n'en étant pas concaincu-e-s peuvent en causer avec les sans-papiers. Mais cultiver son identité ne signifie pas plus devenir identitaire qu'aimer son pays reviendrait à virer nationaliste et/ou s'opposer à l'internationalisme. Les raisonnements binaires radicaux sont aussi stupides que l'en-même-temps-tisme systématique. L'existence de tout être humain est jalonnée de paradoxes et de choix. 

          Si un drapeau devrait flotter au sommet de la flèche de la Cathédrale de Strasbourg durant tout ce mois de Novembre 2018, ce n'est ni le rote de l'Elsaßische Räterepublik, ni le rot un wiss de l'Esaß Frei, ni le bleu-blanc-rouge de la République Française, ni le blanc et jaune du Vatican, ni le bleu et or de l'Union Européenne, mais le blanc de la Paix car c'est à cela que nous devons aspirer et cela que nous commémorons le 11 Novembre de chaque année. La Cathédrale de Strasbourg dominant la Grande-Île est inscrite avec elle au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1988 et ce n'est pas pour rien que s'y est ajouté l'an dernier en témoignage de la réconciliation franco-allemande la Neustadt. Réclamer le 11 Novembre la présence du drapeau de l'Union Européenne au sommet de la Cathédrale de Strasbourg en lieu et place du Rot un Wiss revient à occulter le sacrifice de combattants venus des autres continents et donc à s'enfermer dans un pré-carré européen ne valant finalement pas mieux que l'Elsaßlanderst. Militer pour la Paix élève les êtres humains bien au dessus du sommet des plus grands édifices tandis que s'enferrer dans des logiques partisanes à géométrie plus ou moins variables les abaisse au ras des pâquerettes... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : Généanet

dimanche 11 novembre 2018

Le "grand" soldat du petit président...

Salut & Fraternité,

         La question de l'opportunité ou de l'inopportunité de l'hommage aux maréchaux de le Grande Guerre dont un certain Philippe Pétain visiblement chéri par le Méprisant de la République n'est pas une polémique stérile mais plutôt un mauvais présage pour la suite de ce funeste quinquennat. L'année de clôture des cérémonies du centenaire de la Première Guerre Mondiale pouvait se conclure par une attention toute particulière portée aux victimes civiles et militaires des deux camps, aux dits dommages collatéraux, aux conséquences des combats sur l'environnement mais non, le Golden Boy Élyséen n'a d'yeux que pour les maréchaux, à savoir Joffre, Foch, Gallieni, Fayolle, Franchet d'Espery, Lyautey, Manoury et forcément Pétain. 

          Joseph Joffre (1852-1931) s'obstinant à faire fi des avancées techniques de l'artillerie a commandé assauts sur assauts et c'est pour faire mieux passer son incompétence que fut exhumée des poubelles de l'Empire la distinction de maréchal. Ferdinand Foch (1851-1929) toujours en phase avec son incommensurable mégalomanie a accumulé les fautes de stratégie. Lors la signature de l'Armistice aux conditions humiliantes pour l'Allemagne, préparant ainsi le terrain de la Seconde Guerre Mondiale, il dédaigna la main tendue par Matthias Erzberger (1875-1921). Joseph Gallieni (1849-1916), raciste notoire a fait oublier les horreurs coloniales qui jalonnent sa carrière en se couvrant de gloire avec l'idée des Taxis de la Marne. Émile Fayolle (1852-1928), rédacteur des Cahiers secrets de la Grande Guerre publiés en 1964, prend conscience de la souffrance immense des soldats, identifie les dysfonctionnements du commandement mais poursuit tranquillement sa carrière à l'abri des balles et des gaz. Louis Franchet d'Espèrey (1856-1942) brillant officier de la Coloniale mate plus d'une révolte en n'hésitant pas à faire couler le sang, et après un cuisant échec dans l'Aisne se rachète en réalisant sur le Front d'Orient la seule percée décisive de la Grande Guerre. Michel Joseph Maunoury (1847-1923), soucieux de limiter les pertes humaines est, comble de l'ironie, le seul de cette belle brochette de hauts gradés à s'être pris une balle alors qu'il visitait les troupes. Hubert Lyautey (1854-1934) affirmant que "Les Africains ne sont pas inférieurs, ils sont autres" aurait, s'il était né un siècle plus tard, plus sa place dans la coopération que dans l'armée. Philippe Pétain (1856-1951), alias grand soldat aux yeux de Jupiter, reconnu pour son souci de l'économie de vies humaines n'y est pourtant pas allé avec le dos de la cuillère lors des Mutineries de 1917, quant à l'épisode 1939-1945 c'est avec une louche en argent qu'il servit indéfectiblement la soupe à Hitler. Menteur de la Grande Guerre, zélé antisémite, Pétain ne fut pas le héros de Verdun qu'une certaine lecture de l'Histoire voudrait nous faire accepter béatement. 

          L'intérêt marqué du Méprisant de la République pour les maréchaux précédemment cités et notamment Philippe Pétain est à mon sens à mettre en lien avec leur position sociale. Ces huit messieurs font partie du même monde que lui, de la même classe sociale, celle des prétendus premiers de cordée. Ne craignant pas le paradoxe, il se reconnaît en eux, lui qui ayant échappé à la conscription s'est si tôt élu offert la tête d'un général ! Jupiter n'a cure des troufions-chair-à-canon, il rêve de gloire et de hauts faits qui, à défaut de se jouer sur un champ de bataille se distinguent sur le terrain de l'économie où il est toujours payant de donner aux riches en volant aux pauvres. Son bâton de maréchal lui sera bientôt remis par Forbes à Bilderberg avant même d'avoir achevé son quinquennat, si toutefois il n'enchaîne pas avec un second réussissant à se faire réélire en 2022 grâce à la Gauche la plus bête du monde et à la droite la plus bêtement immonde. Oui, les maréchaux ça lui va bien à Manu mais tout de même s'ériger en rempart face à l'extrême droite en 2017 et honorer Pétain en 2018 c'est vraiment petit, très petit, tout petit et à l'exacte image du petit président grand commis de l'Internationale de la Finance. "On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels." disait Anatole France à Marcel Cachin aux lendemains de cette atroce boucherie que fut la Grande Guerre. Le Golden Boy Élyséen ne reculera devant aucune mystification pour livrer le pays à l'ennemi et mettre les petites gens sur la paille. C'est par et pour cela que ce petit président se croit si grand, mais on ne se grandit pas en rabaissant les autres. Tôt ou tard le balancier de l'Histoire revient dans l'autre sens, emportant avec lui ceux dont la prétendue pensée complexe masquait plus ou moins habilement un incommensurable vide d'une non moins grande inhumanité...   

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : L1Dex