Place au Peuple

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mardi 18 décembre 2018

Ils s'appelaient Antonio et Bartosz...

Salut & Fraternité,

          Venu à Strasbourg pour couvrir l'assemblée plénière du Parlement Européen Antonio Megalizzi, journaliste originaire du Trentin au Nord-Est de l'Italie, est la quatrième victime de l'immonde propagande bondieusarde qui, inscrivant le mal dans le vide de sa pensée, a transformé un voyou notoire en terroriste de trottoir. Il travaillait pour Europhonica, un réseau  européen de radios universitaires auquel collaborait également Bartosz Pedro Orent-Niedzielski dit plus simplement Barto ou Bartek. Les deux hommes étaient liés par une amitié à laquelle Europhonica rendait hommage sur sa page Facebook hier en commençant par "Antonio e Bartek, pur essendo completamente diversi, erano persone molto simili.".    La balle logée dans sa nuque le 11  Décembre a eu raison de lui le 14 Décembre ; il avait 28 ans c.a.d juste un an de moins que son assassin...       




          Bartosz Pedro Orent-Niedzielski, un strasbourgeois arrivé de Katowice a l'adolescence, a rejoint les étoiles le 16 Décembre, jour de l'hommage public rendu place Kléber aux victimes de la barbarie. Touché par une balle dans le front, il est resté cinq jours dans le coma. Repéré par Dominique Klein lors d'une recherche de portraits pour l'émission "Visage d'Europe" produite par Arte. Totalement impliqué dans de nombreuses réalisations culturelles, artistiques et humanitaires, il fut dans les premiers à s'investir dans le projet alternatif de la Maison Mimir. Passionné par la lecture il était, entre autres, à l'origine de Strasbulles le festival européen de la BD francophone créé il y a dix ans. Polyglotte et profondément humaniste il cultivait une vision résolument optimiste et tolérante de l'autre. C'est l'intolérance génératrice d'inhumanité qui, rue des Orfèvres, a mis fin brutalement à sa trajectoire d'étoile filante. Exact opposé de celui qui l'a assassiné il avait 35 ans...       .    



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Sources Illustrations : it20lines & Livres Hebdo

dimanche 16 décembre 2018

Cultissime !

Salut & Fraternité,

    Depuis le 25 Octobre 2018 à 13h30, soit 51 jours aujourd'hui, se déroule à la Protestantse Kerk sise au n°30 de la Thomas Schwencketstraat du quartier Bethel de Den Haag (La Haye) un culte ininterrompu. Les membres de cette communauté ne sont pas pour autant sous l'emprise d'un délire mystique collectif, mais on peut à juste titre les dire touchés par la grâce car ce qu'ils réalisent est juste magnifique. 

          Rassemblés autour de la famille Tamrazyan venue d'Arménie il y a neuf ans, ils empêchent l'expulsion de ce couple et de leurs trois enfants âgés de 15, 17 et 21 ans en opposant la loi à l'Etat. Une vieille loi néerlandaise interdisant aux forces de l'ordre de pénétrer dans une église durant un culte ou une messe. "Si le père revient dans son pays, il risque la mort. Si nous le laissons ainsi repartir, je ne pourrai plus me regarder dans le miroir." affirme Theo Hettema, président des Eglises Protestantes de La Haye et coordonnateur de cette initiative hors du commun. Concrètement, pasteurs, soutiens et fidèles se relayent 24 heures sur 24 autour de la famille qui participe au culte mais vit aussi dans ce temple réformé et ne peut en sortir sous peine d'expulsion. Plus de 500 pasteurs du pays se sont dits prêts à participer à cette action et ils le font comme ce couple venu avec leur enfant animer deux heures de culte alors qu'ils vivent à 200 km de là. 

          Hayarpi, l'aînée des trois enfants Tamrazyan et porte-parole de la famille explique en néerlandais son attachement au pays : "J'habite ici depuis l'âge de 12 ans et j'ai 21 ans. C'est la période pendant laquelle je me suis construite et développée.". Si les autorités respectent pour l'instant la loi, tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. La ChristenUnie, petit parti dit social et fondamentaliste (cherchez l'erreur), membre de la coalition  de centre droit actuellement au pouvoir, appuie cette action mais Leen van Dijke, l'un de ses anciens membres émet des doutes partagés par d'autres protestants, avançant que "Nous vivons dans un Etat de Droit et nous devons nous conformer à la décision du juge. Refuser d'y obéir peut être une menace pour l"Etat de droit.". Mais peut-être a-t'il oublié l'histoire du prophète Daniel où lui et ses compagnons refusent d'obéir au roi et aux autorités (ch.3 v.1+6 ; ch.3 v.16-18 ; ch.6 v.11) en limitant leur soumission à ce que ne leur interdisait pas leurs convictions. Idem, cette fois-ci dans le Nouveau Testament, pour l'apôtre Pierre dont il est rapporté dans Le Livre des Actes (ch.5 v.29) qu'il enjoint les chrétiens à obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Certains, aujourd'hui, accusent même cette assemblée courageuse d'emprisonner la famille arménienne dans le temple et dans les illusions alors que le but de cette action est de gagner du temps pour plaider à nouveau sa cause auprès des autorités afin de les faire revenir sur leur décision d'expulsion. Theo Hattema répond à ces argumentateurs hypocrites que l'action se déroule dans un cadre légal donc il n'y a rien à craindre quant à la mise en péril de l'Etat de Droit et pour ce qui est du prétendu enfermement de cette famille : "Quelle prison ? L'enfermement est plutôt du côté des partis de la coalition, prisonniers, eux, d'un accord de gouvernement strict. Ce sont eux les vrais prisonniers.". Alors, si vous vous sentez libres et souhaitez apporter votre concours à cette initiative particulièrement humaniste, cliquez ici et puis, reconnaissons-le, toutes ces heures et ces jours qui s'additionnent, c'est tout de même un chouette compte... de Noël !     


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Réforme n°3780 pg 6

vendredi 14 décembre 2018

Ils s'appelaient Anupong, Kamal et Pascal...

Salut & Fraternité,

          Anupong Suebsamarn (45 ans) était arrivé à Strasbourg le 10/12 accompagné  par son épouse. Vivant dans l'Est de la Thaïlande ils avaient initialement projeté de visiter Paris mais, dissuadés par les manifestations des Gilets Jaunes, s'étaient reportés sur la Capitale de Noël. Il a été tué d'une balle dans la tête le 11/12. Des clients d'un restaurant ont tenté en vain de lui porter secours. Naiyana, prise en charge par l'Ambassade de Thaïlande doit maintenant seule au Royaume de Siam...   




         Kamal Naghchband (45 ans) avait fuit la guerre en Afghanistan il y a 18 ans. Récemment naturalisé il s'était parfaitement intégré et gérait un garage.  Père de trois enfants âgés de 3,6 et 8 ans, touché à la tête lui aussi, il s'est effondré devant eux rue des Grandes Arcades mardi 11/12 et est décédé jeudi 13/12. 





          Pascal Verdenne (61 ans), décrit comme un retraité heureux a été abattu le 11/12 en sortant de La Stub, un restaurant où il s'était rendu en compagnie de son épouse et de son fils. Ils avaient auparavant assisté à une conférence de Gérard Davet et Fabrice Lhomme qui présentaient à la Librairie Kléber leur ouvrage intitulé... "Inch'Allah, l'islamisation à visage découvert.".



          Jeudi 13/12, 48 heures après avoir perpétré dans un parfait obscurantisme ses actes barbares ayant fait 3 morts, 5 blessés graves et 8 blessés légers, leur auteur a été abattu par la police rue du Lazareth. Au nombre des blessés graves figurent Bartek Niedzwiedzki, très investi dans la vie associative et culturelle de la ville et un journaliste italien venu couvrir l'Assemblée Plénière du Parlement Européen. Souhaitons que ces derniers ne rejoignent pas Anupong, Kamal et Pascal...     


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
Jn-Mc
 Sources Illustration : Sud Info Be - Sud Info Be - DNA




lundi 10 décembre 2018

Tiny-house for great projetc !

Salut & Fraternité,

          L'histoire a commencé avec une passion viscérale pour la lecture qui déboucha sur un projet de création de librairie d'occasion. Jean-Jacques Megel-Nuber, ce natif de Mulhouse que certains qualifient faussement d'Alsacien d'adoption, peut-être par opposition avec ceux prétendus de souche, nourrit depuis l'enfance un intérêt marqué pour la lecture, activité qui a grandement contribué à lui ouvrir l'esprit. Après l'animation d'un service éducatif dans un musée archéologique, la création d'un théâtre, la direction d'une scène conventionnée jeune public, il ressent le besoin de porter son propre projet et donc naturellement revient au livre. 

         Projetant initialement de s'installer dans le dur, l'envie d'aller au devant des gens et de découvrir leurs milieux de vie le conduit à opter pour l'itinérance façon romanichel. Plusieurs projets sont étudiés dont la tiny-house héritière en ligne indirecte des bibliobus, pour ceux qui ont eu et ont encore le bonheur de les connaître. Une tiny-house sur roulettes à la manière des mobil homes accompagnant les déplacements des forains et circassiens. Tractée par un utilitaire, cette maisonnette nommée "Au vrai chic littérère" circule en Alsace-Lorraine et Franche-Comté afin de proposer à ses visiteurs quelques 3.000 ouvrages achetés dans les "coins littéraires" des associations d'entraide du Grand-Est. Mais la vente de livres d'occasion n'est pas la seule activité de Jean-Jacques Megel-Nuber. Ses expériences antérieures dans l'animation et le théâtre l'ont conduit à donner à son projet ce que Bergson appelait un supplément d'âme. Lecture flash, lecture en temps scolaire et lecture participative constituent, comme il l'explique sur son site, autant d'activités impliquant le public dans la découverte d'oeuvres dans leur intégralité.

          La tiny-house se déplace dans un rayon de 200 km autour de Mulhouse selon un itinéraire prenant en compte la demande d'associations, de collectivités territoriales ou d'institutions. Cette bicoque construite en partie en matériaux recyclés, orientation décroissante assumée oblige, a quelque chose de magique pour qui s'y installe. "Je ne parviens pas à définir ce qui se passe dans ces 12 m². Une forme de poésie s'installe due à la chaleur du bois, à la présence d'une grande quantité de livres dans une aussi petite surface." confie le libraire itinérant à Réforme. 3.000 ouvrages en rayons, 9.000 en stock : il y a de quoi découvrir, s'émanciper et s'évader, démarches chères à Jean-Jacques Megel-Nuber car elles ont durant son enfance façonné l'être sensible et empathique qu'il est devenu. Arrivé·e  à la fin de cet article n'attentez plus pour vous y rendre d'abord virtuellement grâce aux images su site web, au blog et à la page facebook mais aussi en 3D dans le monde réel si vous le pouvez et peut-être par le biais d'une invitation lancée par une association, une collectivité territoriale ou une institution à laquelle vous aurez proposé d'accueillir cette étonnante bicoque à roulettes soutenue en partie par un financement participatif...          



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Réforme n°3779 28/11/2018



jeudi 29 novembre 2018

Ohé les GJ : osez le p'tit commerce !

Salut & Fraternité,


         Bon alors là les Gilets Jaunes, ça suffit ! Challenges explique comment vous plombez la fréquentation des commerces, Capital reprend en titre le Le Mairien "impact sévère" du mouvement sur les commerces et Le Figaro dénonce un week-end noir pour le commerce. Vos blocages vont vous revenir en pleine face comme un boomerang quand vous aurez affamé la France d'En Bas. Mais seulement celle d'En Bas, parce que celle d'En Haut elle continue pendant ce temps à s'approvisionner chez Fauchon et Lenôtre, plutôt qu'au Späti du bas de l'immeuble ou à la Trinkhalle du coin de la rue ! 

          Certains d'entre vous ont il y peu, foutu la zone chez Amazon. "Nous faisons cela pour protester contre ces sociétés comme Amazone, qui se font de l'argent sur le dos des travailleurs et ne payent pas leurs impôts en France." affirmait l'un des portes-parole de la mobilisation. Voilà un discours bien plus cohérent que le protéiforme "trop de taxes" mettant dans le même sac impôts directs ou indirects et cotisations sociales appelées à tort charges. Si les riches payaient leurs impôts le déficit public, le trou de la Sécu, la dette, le chômage n'existeraient pas. Il n'y a pas à tortiller, c'est là qu'il faut torpiller et vite car l'Élysée joue la montre. 

          Par ailleurs, si vous voulez donner à votre mouvement un visage sympathique : soutenez activement le petit commerce. La baguette achetée dans une vraie boulangerie est plus chère que celle d'un hypermarché mais l'une vous nourrit et vous rassasie tandis que l'autre vous pourrit et vous affame. Le maintien de petits commerces tant dans les zones rurales qu'urbaines est un enjeu capital pour la transition écologico-énergétique. Quand les commerces seront tous concentrés dans de gigantesques centres commerciaux il y aura encore plus de voitures sur les routes et l'air sera encore moins respirable. Les petits commerçants ne demandent qu'à baisser leurs prix pour gagner de nouveaux clients mais il faut qu'ils vendent suffisamment pour s'en sortir. Donc, ici comme ailleurs il suffirait juste d'amorcer la pompe. Alors vous qui avez commencé par un ras la pompe à essence, pour maintenant structurer vos revendications et quand certain-e-s comprennent que l'origine du mal se nomme Kapital, pourquoi ne tentez-vous pas de vous relancer en mode "J'♥ les p'tits commerces" ? 




Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Miss International

dimanche 25 novembre 2018

When pastors prey....



Salut & Fraternité,


          Dans son numéro du 22/11/2018 l'hebdomadaire Réforme consacre un dossier aux violences faites aux femmes...  dans l'Église. Avec le même franc-parler dont ils ont précédemment usé pour traiter de l'impact de #Me Too sur les églises étasuniennes et de la pédophilie dans l' Église Catholique les auteures des quatre articles ne s'embarrassent pas d'éléments de langages et de périphrases. Les témoignages tels que celui de Colette Fébrissy, psychologue clinicienne, posent clairement la problématique : "Je discute avec elle et elle me raconte les violences qu'elle conjugales subit. La relation est à un stade où des menaces pèsent sur sa vie. Je lui dis qu'elles ne sont pas fortuites et qu'il risque de passer à l'acte. A-t-elle un lieu sécurisé pour se réfugier avec ses trois enfants ? Elle me dit qu'elle peut aller chez sa mère. Je ne la revois plus. Quatre mois plus tard, j'apprends qu'elle a été tuée par son mari. Je me dis que c'est dommage qu'elle n'ait pas entendu mon alerte. Mais en fait, si. Plusieurs années après, j'ai appris qu'elle était bien partie se mettre à l'abri chez sa mère. C'est l'Église qui a fait pression pour qu'elle rentre chez elle. Je ne décolère pas.". Abus de pouvoir ecclésial auquel  la théologienne Valérie Duval-Pujol répond par : "À partir de quand Dieu unit-il deux personnes ? Parce qu'un pasteur l'a déclaré . Qui sommes-nous pour parler au nom de Dieu ? [...] En théologie protestante, le mariage n'est pas un sacrement. S'il est important d'aider les couples à traverser des crises, il faut redire que le couple n'est pas une entité mise au-dessus de tout autre impératif, à commencer par la survie physique ou psychique de chaque conjoint.". Ce qu'a parfaitement compris Guillaume de Clermont lorsqu'il parle d'expérience : "J'étais démuni (face à des femmes victimes de violence conjugale) car nous ne sommes pas très outillés sur le sujet. J'ai raisonné comme un pasteur quant à l'écoute et comme un citoyen pour les démarches. En tant que pasteur, nous avons des relations avec les autorités civiles et judiciaires, j'ai sollicité ces responsables et les ai mis en contact avec ces femmes.". Raisonner comme un pasteur et agir comme un citoyen, voilà une démarche qui évite tout enferment dans de faux dilemmes ayant pour raison cachée le choix de la non-action.

          En Suisse Romande Christel Chapatte, elle même victime, s'en est sortie en fondant "Au-delà des masques" une association dont le nom ne laisse transparaître aucune connotation religieuse tant la problématique est taboue dans l'Église. Depuis 2016 plus de 300 personnes y sont suivies et entre 4 et 5 personnes contactent le site internet chaque semaine depuis janvier 2018 : "Dans une telle relation, nous identifions toutes formes de violences : psychologiques, économiques, spirituelles, sexuelles, physiques. C'est difficile d'imaginer qu'un pasteur est capable de violer sa femme le samedi soir et de prêcher le dimanche matin. Et pourtant, il y en a." Ce à quoi elle ajoute : "Nous avons aussi des hommes victimes de femmes manipulatrices.". Non pour rétablir un quelconque équilibre de toutes façons factice, mais pour faire très honnêtement l'état des lieux. Valli Boobal Batchelor affirme que "Entre 90 et 95% des victimes d'abus sexuels de la part du clergé sont les femmes. Pourtant très peu de choses ont été écrites sur ce phénomène encore plus répandu que celui des abus sexuels commis sur des enfants.". Elle fut chargée par l'ONU de coordonner il y a 5 ans la création d'un rapport intitulé "When pastors prey". Ouvrage au titre jouant habilement sur les mots, to prey on" signifiant "exploiter, choisir ses victimes parmi..., s'attaquer à..." donc à l'opposé de "to pray" traduisible par "prier, implorer, transmettre une requête". Ce travail a très largement scanné les différentes obédiences de la constellation du protestantisme mais aussi les institutions catholiques. Samantha Nelson, l'une des contributrices, précise : "Avec le récent mouvement #Me Too, de nouveaux cas d'abus ont été exposés en pleine lumière, y compris le cas d'abus sexuels commis par des responsables religieux, d'où la naissance du mouvement #Church Too.". Elle a co-fondé avec son mari en 2012 le réseau "The Hope of Survivors" : "L'un des plus gros défis auxquels nous devons faire face est de parvenir à faire comprendre aux gens que ces abus sexuels n'ont rien à voir avec un adultère. Les gens estiment que puisqu'il s'agit d'une victime adulte, il ne peut pas s'agir d'un abus. Mais ils ne tiennent souvent pas compte du déséquilibre de pouvoir entre un membre du clergé et une fidèle.". 

          En Italie, pays où "La violence faite aux femmes est une urgence nationale." car "Chaque année elles sont des milliers à subir la violence des hommes et plus de cent d'entre elles sont assassinées.", des églises évangéliques sont sur le pont. Dora Bognandi rapporte :"Les Églises ne sont pas innocentes, elles ont une grande responsabilité. Et pour cela nous travaillons sur trois fronts : d'abord théologique en cherchant à comprendre les dynamiques qui ont pu renforcer ces stéréotypes, puis ecclésiologique ou comment au sein des communautés les femmes peuvent-elles obtenir la parité des genres en apportant leur talent, leur capacité et leur leadership. Enfin, il est nécessaire de mener, sur le font social, une action culturelle et spirituelle et d'intervenir à travers l'écoute, la formation et l'éducation.". Elle décrit l'engagement de la Fédération italienne des femmes évangéliques remontant à 1988 travaillant de concert avec des associations non-confessionnelles. Nous voilà à des années lumières des culs-bénits étasuniens et brésiliens qui ont très largement contribué à porter au pouvoir d'immondes sexistes tels que Donald Trump et Jair Bolsonaro... 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

  
 Source Illustration : Réforme n°3778 22/11/2018

mardi 20 novembre 2018

30ème jour...

Salut & Fraternité,


          Cela fait aujourd'hui trente jours que des militant-e-s se sont engagé-e-s dans une grève de la faim. Des militant-e-s qualifié-e-s et autoqualifié-e-s d'Anti-GCO alors que leur combat dépasse la question de la construction ou non d'une autoroute supplémentaire. Les enjeux portent, à mon sens, sur les choix de s'engager ou non dans une démarche de transition écologique et de faciliter ou non la genèse d'un scandale sanitaire à venir. "L'inconscient construit une autoroute, le sage plante un arbre.", disent-ils avec raison en associant les actes aux paroles et j'ai envie d'y ajouter, "Les inconscients se baffrent, le sages font la grève de la faim.". 

          De quoi les inconscients se baffrent-ils ? De malbouffe assurément, mais pas que. Ce dont les Pro-GCO et les Sans-Opinion-GCO se gavent n'est pas tant les produits alimentaires de qualité plus ou moins douteuse que d'énergie tant d'origine fossile que nucléaire avec toutes les conséquences que cela implique à court, à moyen  et à long terme. À ceci près qu'avec le nucléaire le long terme peut arriver non seulement inopinément mais en plus durer des milliers d'années. La grève de la faim des militant-e-s que je qualifierait plus de Pro-Transition-Écologique que d'Anti-GCO nous renvoie très simplement à la définition de la croissance. Si nous mettons derrière ce mot l'accumulation des biens matériels et la consommation à outrance son usage est impropre car il s'agit là de décadence et non de croissance. En faisant passer l'avoir avant l'être nous générons l'injustice sociale et organisons notre propre décadence. Autant est-il absurde de revenir au temps des diligences et de l'éclairage à la bougie, autant est-il illusoire de penser qu'on pourra continuer à surconsommer sans conséquences. La création d'une autoroute supplémentaire n'a jamais fait baisser le trafic. Au contraire, ça l'a amplifié par cet effet d'aspiration  appelé trafic induit. 

          Pour making our planet great again il faut repenser nos modes de déplacement et de consommation, pas créer des autoroutes et casser le prix des carburants, même si pour ce dernier le prix du litre relève de la pire injustice sociale. Les grévistes de la faim, méprisé-e-s avec la pire bassesse par le sommet de l'État, nous montrent avec courage la direction à prendre, mais bien sûr les intérêts des puissances d'argent et l'abrutissement des masses ayant pris de telles proportions dans notre société malade de son individualisme forcené, trop peu de nos concitoyens sont prêts à les entendre. Le GCO c'est assurément un gâchis d'argent public et une menace pour la santé publique. Logiquement tout le monde devrait se sentir concerné, notamment en Alsace et plus particulièrement dans la région de Strasbourg. Combien de gilets jaunes y avait-il ce week-end dans la ZAD de Kolbsheim et autour des grévistes de la faim ? Combien dites-vous ? Pardon, je n'ai pas clairement entendu la réponse...    


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Facebook 

lundi 19 novembre 2018

Ìch düe dìch gràtüliara, Jy's !

Salut & Fraternité,

          Le 12 Novembre, via l'association culturelle et sportive d'aide aux détenus de la Maison d'Arrêt de Colmar, le chef doublement étoilé Jean-Yves Schillinger a confectionné sur place et servi un repas d'exception aux soixante-dix détenus et aux personnels cet établissement pénitentiaire tristement connu depuis le printemps pour ses colonies de punaises de lits d'une étonnante résistance aux traitements ayant nécessité cet automne le transfert d'une soixantaine de détenus. C'est vous dire si ni la population ni l'environnement n'étaient familiers à ce chef alsacien particulièrement talentueux. Cette idée avait germé dans l'esprit de Marguerite Rodenstein, présidente de l'association, lors d'un dîner au Jy's. Jean-Yves Schillinger a dit banco, il est venu à la Maison d'Arrêt accompagné de deux personnes, dont un chef, et ils se sont attelés à la préparation du déjeuner avec le concours d'une dizaine de détenus affectés d'ordinaire à la cuisine. 

          Un moment de partage exceptionnel assumé et revendiqué par Jean-Yves Schillinger mais qui n'a absolument pas l'heur de plaire aux pisse-vinaigres et autres fâcheux allant jusqu'à l'insulter sur les réseaux sociaux, par mails et même appels téléphoniques. Des YakaYakapa lui ont suggéré de faire cela pour des personnes en EHPAD ou des sans-abris. Si ces crétins s'étaient un peu intéressés à l'histoire et à l'actu du chef ils auraient su par exemple qu'il a cuisiné au printemps pour des personnes en situation de précarité. Ils auraient aussi appris, que son père a été en 1995 "tué par trois petits jeunes, qui ont pris huit ans de prison" (sic). En fait Jean Schillinger est mort dans l'incendie de son restaurant. sinistre provoqué par des fils de bonne famille âgés alors d'une vingtaine d'années. En 2012, lors de l'incendie du restaurant "Aux Trois Poissons", grande maison colmarienne complètement dévastée par les flammes, Jean-Yves Schillinger ouvrit les portes de  son établissement aux naufragés de la nuit bouleversés par cette catastrophe qui toucha trois immeubles. 

          Associant esprit de résilence et actes de solidarité, cet homme ne s'est jamais laissé gagner par le venin de l'amertume. Quand il dit, à propos du repas servi à la maison d'Arrêt, avoir fait ça de bon coeur je le crois sans réserves et lorsqu'il affirme "Chacun a droit à une chance." (sic) je me dis que les imbéciles s'arrogeant le droit de le juger feraient bien d'en prendre de la graine (de chef). Thierry Marx, un autre chef de la même génération intervient lui aussi en milieu carcéral et s'investit activement dans la réinsertion. Mais lui, ces mal-comprenants n'ont pas idée de l'attaquer car l'envergure de sa personnalité médiatique les cloue au sol comme de pauvres merdes. Alors Jean-Yves, le temps que passe cette furie justicière, rappele-toi ce savoureux aphorisme courtelinesque : "Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.". So, e' Güeter Kàmeràd !               

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc



 Source Illustration : Fcbk Phil Umbdenstock

jeudi 3 août 2017

Holidays without Ronald !

Salut & Fraternité,

          Avec les vacances d'été les american fast food chains font recette : tel mange vite-fait un burger sur l'autoroute, tel y emmène les enfants parce-que-c'est-les-vacances, tel s'y rend pour ne pas avoir à cuisiner parce-que-c'est-les-vacances. Et tout ce petit monde contribue à l'évasion fiscale tout en s'abîmant la santé, à la plus grande joie des financiers et de l'industrie pharmaceutique. 

          Nos aînés ont-ils gagné de haute lutte les congés payés pour que les générations suivantes participent activement durant leurs vacances à l'expansion du capitalisme ? Le temps des vacances est pourtant propice à un retour vers les fondamentaux dont le bien-manger. La question n'est pas tant de cuisiner ou de ne pas cuisiner que de s'alimenter avec du frais produit localement ou de consommer une nourriture standardisée insipide à haut indice carbone. Que l'on parte ou reste chez soi, ce temps de repos peut avantageusement mis à profit pour nous conduire à (re)découvrir la cuisine des terroirs, les producteurs locaux, la restauration équitable, le tourisme solidaire. 

          Lutter contre le capitalisme est un combat quotidien et manger peut prendre l'allure d'un bulletin de vote selon que l'on choisit la soumission au diktat ultra-libéral ou la résistance à la pensée unique. Il nous appartient d'aider nos concitoyens à sortir de l'analphabétisme politique et pour ce faire, commencer par prendre conscience de la portée des actes les plus courants du quotidien peut s'avérer bien plus efficace qu'un long discours sur le CETA. L'expression "voter avec ses pieds" pourrait se conjuguer avec "voter avec ses dents"...

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : Ruthe. de

mardi 1 août 2017

Que fleurissent plusieurs Foucherans !

Salut & Fraternité,

          Il ne faudrait surtout pas croire que la lutte des aides-soignantes de Foucherans est un épiphénomène monté en épingle par les média avides de sensationnel. Quand j'écrivais dans un précédent article qu'il ne tient qu'à nous de rendre l'avenir lumineux en faisant fleurir deux, trois, plusieurs Foucherans à la surface de la France, je pensais aux grèves engagées en 2019 par les personnels de la Maison de Retraite Résidence des Carmes à Bordeaux et de l'Ehpad de la Savane à Gujan-Mestras.  

          A chaque fois, ce sont les aides-soignantes qui initient les mouvements et en deviennent les fers de lance ; d'où la question perfide : "Dans la galaxie de travailleurs du secteur sanitaire et social, la capacité d'indignation et de mobilisation serait-elle inversement proportionnelle au niveau d'étude et à la condition sociale des professionnels ?". Parce que dans les structures accueillant des personnes âgées, interviennent aussi des infirmières et des médecins. Alors, ces derniers auraient-ils de la merde dans les yeux ou détourneraient-ils pudiquement leurs regards ? Mon propos volontairement provocateur n'est pas d'opposer les professionnels mais de réveiller ceux qui dorment.


         Dans les structures d'accueil pour personnes âgées, les aides-soignantes passent la plupart de leur temps de travail auprès des résidents. Elles peuvent mieux que quiconque juger de l'insuffisance des moyens mis à disposition pour assurer des soins de qualité. Cependant les infirmières qui, par manque d'effectif, dispensent des soins techniques à la chaîne au mépris des procédures élémentaires de sécurité n'ont pas à ma connaissance fait voeu de silence. Les médecins salariés ou libéraux qui encaissent traitements mensuels ou consultations et vacations dans ces structures ont jusqu'à preuve du contraire prononcé le Serment d'Hippocrate. Si le potentiel d'indignation est indéniablement plus sensible chez les aides-soignantes, la capacité de mobilisation et de réussite de futurs mouvements dépendra de tous. Les puissances d'argent ont maintenant à la manoeuvre dans ces établissements privés ont maintenant identifier la dangerosité des aides-soignantes. Comme d'habitude, elles vont maintenant s'efforcer de les isoler et c'est là qu'il nous importe à tous d'être plus que jamais solidaires. 



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Sources Illustrations : France 3 et Sud Ouest

lundi 31 juillet 2017

Jura, terre de solidarités.

Salut & Fraternité,

          Dans ma jeunesse, la lecture du très manichéiste et un tantinet nationaliste "Tour de France par deux enfants" publié en 1877 par Augustine Tuillerie sous le pseudo masculin G. Bruno m'avais cependant laissé une forte impression quant aux Jurassiens. "Toutes les vaches d'une commune dans le Jura sont souvent conduites par un seul pâtre, et tous les cultivateurs s'entendent pour le payer : de cette façon cela coûte moins cher, et les enfants de la commune ont le temps d'aller à l'école et de s'instruire." lit-on page 78. Plus loin à propos des fruitières, invention typiquement jurassienne nous apprenons page 81 : "...notre département du Jura possède cinquante mille vaches et fabrique par an plus de quatre millions de kilogrammes de fromages. Et nous faisons cela en nous associant, riches comme pauvres, d'un commun accord [...] Chez nous, tout se passe honnêtement, parce que tout se fait au grand jour, sous la surveillance de tous et avec l'avis de tous.".

          Cet ouvrage rédigé aux lendemains de la formidable déculotté infligée par le Kaiser Wilhelm I à l'Empereur Napoléon III fait l'apologie d'une France éternelle, mère des arts, des armes et des lois. Il participe d'une certaine manière à la préparation de la "revanche" de 1914-1918 en magnifiant le prétendu génie français, facilitant ainsi l'apprentissage de la haine du Boche dès le plus jeune âge. De cela ne soyons pas dupes. Cependant, pour avoir bien des années plus tard sillonné le Jura pour y retrouver la marque de fabrique d'une certaine culture sociale, politique et syndicale aboutissant à des réalisations telles qu'entre autres La Fraternelle à Saint-Claude, je peux dire qu'elle est bien vivante. Dans ce département où les conditions de vie n'étaient pas faciles les gens, riches comme pauvres (dixit Augustine Tuillerie) ont eu assez d'intelligence pour s'associer dans l'intérêt général. Il n'est dans ces coopératives pas question de cette absurde théorie du ruissellement qui berne aujourd'hui trop de nos contemporains.

          Ainsi n'est-ce pas vraiment le fait d'un pur hasard que la lutte de classes remportée par les aides-soignantes de l'Ehpad de Foucherans se soit jouée sur ces terres jurassiennes où l'on sait encore ce que solidarité veut dire. Pour tenir 117 jours de grève et faire céder les financiers, il faut avoir l'esprit du collectif et non se montrer individualiste car la partie adverse n'attend que cela. Par ailleurs, cette bataille a d'abord été menée pour s'opposer à la maltraitance générée par des soins incomplets et/ou exécutés à la va-vite quand ces soins ne sont pas tout simplement squizzés ou renvoyés aux calendes grecques. Mais gardons-nous bien d'imaginer que cette lutte ne pouvait être menée que dans le Jura car son esprit humaniste traverse aisément les frontières du département. Il n'appartient qu'à nous de regarder l'avenir proche et lumineux, si, deux, trois, plusieurs Foucherans fleurissent à la surface de la France... 


Que celui qui a des oreilles pour entende entende.
Jn-Mc

 Source Illustration : Wikipedia


samedi 29 juillet 2017

Foucherans : le retour de la lutte des classes.

Salut & Fraternité,


          La grève des aides-soignantes de l'Ehpad des Opalines à Foucherans (39) a connu hier son terme à l'issue de 117 jours de lutte. Une lutte de classes comme l'a dit sur France Inter Anne-Sophie Pelletier, porte parole des grévistes. Bizarrement le terme n'est plus repris que par l'humanité (cliquez ici), pourtant elle l'a dit et je l'ai bien entendu à la radio !

          "C'est chouette, une lutte des classes qui gagne !" s'est-elle exclamée et pour cause. La bataille des aides-soignantes de Foucherans témoigne particulièrement bien de la lutte entre les puissances d'argent et les petites gens. Vous savez ces gens qui terminent leurs vies de en Ehpad, soignés par des professionnels de la santé qui s'esquintent par manque de moyens et du coup se rendent par leur silence tous complices d'une maltraitance institutionnelle généralisée. Cela, les aides-soignantes de Foucherans l'ont refusé et leur lutte contre les puissances d'argent a payé. Comme le dit aussi Anne-Sophie Pelletier, le débat est maintenant ouvert et on entendra encore parler d'elles.

          Les trois semaines de congés payés exceptionnels et les 450€ de prime lâchés par la direction n'étaient pas pas leur but principal lorsqu'on reprend l'historique de la mobilisation qui a duré plus d'une saison mais elles les méritaient néanmoins. Le déblocage de deux postes supplémentaires va contribuer à changer la donne mais nous sommes encore loin du compte. Si, comme le disait Gandhi on peut juger de la grandeur d'une nation à la manière dont elle traite les animaux que dire d'une société où les vieux sont souvent moins considérés que les animaux ? C'est ce qui a motivé la mobilisation des aides-soignantes et par leur détermination elles font honneur à l'ensemble des professions paramédicales. Pour la petite histoire, ces aides-soignantes à la formation desquelles j'ai le bonheur de participer depuis près de vingt ans, sont souvent mal considérées par les autres professionnels paramédicaux. Vues par certains plus diplômés comme des OS ou tout au plus des OQ des soins de base elles montrent et démontrent à tout le monde qui défend les valeurs humanistes dont nous nous réclamons tous. Là aussi, nous assistons en quelque sorte à une chouette lutte de classes qui gagne !

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : France Bleu