Place au Peuple

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jeudi 20 décembre 2018

RIC et nunc ?

Salut & Fraternité,

          Revendication non princeps des Gilets Jaunes le RIC, entendez Référendum d'Initiative Citoyenne, en devient le leitmotiv ad nauseam. Et pourtant que ces trois mots, pris isolément, sont doux ! Référendum, du latin "ce qui doit être rapporté", ça fait très démocratique. Initiative, qui en l'occurrence n'a rien à voir avec le syndicat du même nom, ça fait très start-up nation. Populaire, qui a très peu à voir avec la pop culture, ça envoie du pâté chez les poooooo_po-po-po-po_poo_poooo_populistes. D'ailleurs le terme plaît tellement à la droite capital-friendly européenne qu'elle l'a repris en bleu et or pour nommer dès 1976 sa formation politique PPE.

          J'sais pas vous, mais moi cette histoire me laisse on ne peut plus songeur... pour ne pas dire cauchemardeur. Qui soutient mordicus la nécessité de ce RIC dont les Gilets Jaunes n'ont cependant pas le monopole ? Qui est, à ce propos, l'inspirateur des pasionarias des ronds-points et des tartarins des barricades ? Jean Jaurès ? Victor Hugo ? Périclès ? Que nenni, foin d'illustres défunts mais le bien vivant Etienne Chouard soutien assumé d'Alain Soral, en clair une engeance d'extrême-droite au service des puissances d'argent qui se sert de la démocratie pour arriver au pouvoir et une fois en place muselle, voire même, extermine toute opposition. Mais Etienne Chouard, contrairement à la fille du nazie-nostalgique qui ne fait pas dans le détail, il est très propre sur lui, lisse, bien élevé et surtout... il connaît ses dossiers ! Si ces gens veulent le Référendum d'Initiative Populaire c'est pour mieux berner le peuple afin de le conduire, antiparlementarisme aidant, à marche forcée vers la régression sociale et s'exonérer de toute responsabilité en invoquant le principe sacré de la "vox pupuli vox dei". Ces immondes portes-flingue du capitalisme sont à vomir mais ils réussissent admirablement à faire avaler des couleuvres de plus en plus grosses à toujours plus de monde...

          Quid des Gilets Jaunes dont une partie seraient rouges, selon une enquête publiée hier par l'Humanité ? Environ 15% de "à Gauche" jusqu'à "très à Gauche" et 7,22% "très à Droite" ça peut sembler intéressant malgré les 50,76% "ni à gauche - ni à Droite" et les 19,39% qui ne se prononcent pas. Mais le Ni Droite Ni Gauche en France on sait ce que ça signifie. Pour celles et ceux qui l'ignorent veuillez vous référer à l'excellent ouvrage de Zev Sternhell. Une fois le "bon" peuple bien endoctriné ça peut basculer très vite. Alors que les Gilets Jaunes vraiment rouges tombent la veste et virent franchement à Gauche pour s'engager dans la lutte démocratique avec les forces politiques de Gauche. Quant aux dites forces de Gauche, ils serait grand temps que certains de leurs plus grands communs diviseurs mettent un terme à leurs dérives populistes, notamment l'imbuvable Corbière qui ne reculant devant rien soutient le RIC jusqu'à son application pour la remise en cause du Mariage pour Tous. Le RIC ici et maintenant, dans le climat actuel, ne nous y trompons pas, c'est offrir une magnifique piste d'envol à l'extrême-droite. Par contre un contrôle plus étroit de l'activité des élu-e-s, des mandats non cumulables et renouvelables seulement une fois, la possibilité effective de révoquer des élu-e-s impliqué-e-s dans des affaires ou changeant d'appartenance politique en cours de mandat ça c'est de la démocratie. Nous n'avons pas besoin de moins d'élu-e-s mais d'élu-e-s moins confortablement installé-e-s dans leurs fauteuils.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Huffingtonpost

dimanche 25 novembre 2018

When pastors prey....



Salut & Fraternité,


          Dans son numéro du 22/11/2018 l'hebdomadaire Réforme consacre un dossier aux violences faites aux femmes...  dans l'Église. Avec le même franc-parler dont ils ont précédemment usé pour traiter de l'impact de #Me Too sur les églises étasuniennes et de la pédophilie dans l' Église Catholique les auteures des quatre articles ne s'embarrassent pas d'éléments de langages et de périphrases. Les témoignages tels que celui de Colette Fébrissy, psychologue clinicienne, posent clairement la problématique : "Je discute avec elle et elle me raconte les violences qu'elle conjugales subit. La relation est à un stade où des menaces pèsent sur sa vie. Je lui dis qu'elles ne sont pas fortuites et qu'il risque de passer à l'acte. A-t-elle un lieu sécurisé pour se réfugier avec ses trois enfants ? Elle me dit qu'elle peut aller chez sa mère. Je ne la revois plus. Quatre mois plus tard, j'apprends qu'elle a été tuée par son mari. Je me dis que c'est dommage qu'elle n'ait pas entendu mon alerte. Mais en fait, si. Plusieurs années après, j'ai appris qu'elle était bien partie se mettre à l'abri chez sa mère. C'est l'Église qui a fait pression pour qu'elle rentre chez elle. Je ne décolère pas.". Abus de pouvoir ecclésial auquel  la théologienne Valérie Duval-Pujol répond par : "À partir de quand Dieu unit-il deux personnes ? Parce qu'un pasteur l'a déclaré . Qui sommes-nous pour parler au nom de Dieu ? [...] En théologie protestante, le mariage n'est pas un sacrement. S'il est important d'aider les couples à traverser des crises, il faut redire que le couple n'est pas une entité mise au-dessus de tout autre impératif, à commencer par la survie physique ou psychique de chaque conjoint.". Ce qu'a parfaitement compris Guillaume de Clermont lorsqu'il parle d'expérience : "J'étais démuni (face à des femmes victimes de violence conjugale) car nous ne sommes pas très outillés sur le sujet. J'ai raisonné comme un pasteur quant à l'écoute et comme un citoyen pour les démarches. En tant que pasteur, nous avons des relations avec les autorités civiles et judiciaires, j'ai sollicité ces responsables et les ai mis en contact avec ces femmes.". Raisonner comme un pasteur et agir comme un citoyen, voilà une démarche qui évite tout enferment dans de faux dilemmes ayant pour raison cachée le choix de la non-action.

          En Suisse Romande Christel Chapatte, elle même victime, s'en est sortie en fondant "Au-delà des masques" une association dont le nom ne laisse transparaître aucune connotation religieuse tant la problématique est taboue dans l'Église. Depuis 2016 plus de 300 personnes y sont suivies et entre 4 et 5 personnes contactent le site internet chaque semaine depuis janvier 2018 : "Dans une telle relation, nous identifions toutes formes de violences : psychologiques, économiques, spirituelles, sexuelles, physiques. C'est difficile d'imaginer qu'un pasteur est capable de violer sa femme le samedi soir et de prêcher le dimanche matin. Et pourtant, il y en a." Ce à quoi elle ajoute : "Nous avons aussi des hommes victimes de femmes manipulatrices.". Non pour rétablir un quelconque équilibre de toutes façons factice, mais pour faire très honnêtement l'état des lieux. Valli Boobal Batchelor affirme que "Entre 90 et 95% des victimes d'abus sexuels de la part du clergé sont les femmes. Pourtant très peu de choses ont été écrites sur ce phénomène encore plus répandu que celui des abus sexuels commis sur des enfants.". Elle fut chargée par l'ONU de coordonner il y a 5 ans la création d'un rapport intitulé "When pastors prey". Ouvrage au titre jouant habilement sur les mots, to prey on" signifiant "exploiter, choisir ses victimes parmi..., s'attaquer à..." donc à l'opposé de "to pray" traduisible par "prier, implorer, transmettre une requête". Ce travail a très largement scanné les différentes obédiences de la constellation du protestantisme mais aussi les institutions catholiques. Samantha Nelson, l'une des contributrices, précise : "Avec le récent mouvement #Me Too, de nouveaux cas d'abus ont été exposés en pleine lumière, y compris le cas d'abus sexuels commis par des responsables religieux, d'où la naissance du mouvement #Church Too.". Elle a co-fondé avec son mari en 2012 le réseau "The Hope of Survivors" : "L'un des plus gros défis auxquels nous devons faire face est de parvenir à faire comprendre aux gens que ces abus sexuels n'ont rien à voir avec un adultère. Les gens estiment que puisqu'il s'agit d'une victime adulte, il ne peut pas s'agir d'un abus. Mais ils ne tiennent souvent pas compte du déséquilibre de pouvoir entre un membre du clergé et une fidèle.". 

          En Italie, pays où "La violence faite aux femmes est une urgence nationale." car "Chaque année elles sont des milliers à subir la violence des hommes et plus de cent d'entre elles sont assassinées.", des églises évangéliques sont sur le pont. Dora Bognandi rapporte :"Les Églises ne sont pas innocentes, elles ont une grande responsabilité. Et pour cela nous travaillons sur trois fronts : d'abord théologique en cherchant à comprendre les dynamiques qui ont pu renforcer ces stéréotypes, puis ecclésiologique ou comment au sein des communautés les femmes peuvent-elles obtenir la parité des genres en apportant leur talent, leur capacité et leur leadership. Enfin, il est nécessaire de mener, sur le font social, une action culturelle et spirituelle et d'intervenir à travers l'écoute, la formation et l'éducation.". Elle décrit l'engagement de la Fédération italienne des femmes évangéliques remontant à 1988 travaillant de concert avec des associations non-confessionnelles. Nous voilà à des années lumières des culs-bénits étasuniens et brésiliens qui ont très largement contribué à porter au pouvoir d'immondes sexistes tels que Donald Trump et Jair Bolsonaro... 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

  
 Source Illustration : Réforme n°3778 22/11/2018

dimanche 21 octobre 2018

Égalité n'est pas Équité...

Salut & Fraternité,


          La Ville de Strasbourg va consacrer 1% de son budget prévisionnel de 2019 à des projets proposés et choisis par les citoyens eux-mêmes, soit près d'un million d'€uros. Excellente initiative dont les règles d'attribution sont, pour la plupart bien pensées. Le Pacte pour la démocratie locale, duquel procède ce budget, prévoit prévoit un droit de pétition citoyenne permettant à tout sujet ayant obtenu plus de 2.800 signatures d'être inscrit à l'ordre du jour du conseil municipal. Une plateforme de participation citoyenne (participer.strasbourg.eu) crée à cet  effet doit aussi permettre aussi de soumette du 01/11/2018 au 09/12/2018 des "projets d'intérêt communal et d'utilité publique". Les projets éligibles seront mis aux votes durant un mois sur la plateforme de participation citoyenne et les premiers chantiers devraient démarrer à partir d'Avril 2019.

          1% du budget de la ville peut sembler insuffisant dans le cadre d'une démarche visant à contrecarrer la défiance vis-à-vis du politique et la montée du populisme mais c'est un bon début qu'il convient de saluer. Responsabiliser les citoyens et leur donner des moyens pour prendre des initiatives en jouant le jeu de la démocratie ne touche pas que les jeunes apprenant la citoyenneté mais peut aussi mobiliser ou remobiliser des habitants plus âgés voyant là une occasion concrète de renouer avec ce que la politique a de plus noble. Cependant, quand on observe la carte et prend connaissance de la méthode d'attribution des budgets par quartiers, il y a quelque chose qui cloche. 

          999.900 d'€uros répartis sur 278.166 habitants représentent 3,59€ par habitant. Chacun des 10 quartiers de ville bénéficie d'un budget participatif plus ou moins important selon sa population. Ce qui peut aller de 56.500€ à 160.200€ et donc applique à tout un chacun, conformément à notre devise, un traitement des plus égalitaires. Soit, mais une petite balade dans les 10 quartiers de la ville démontre que de l'un a l'autres les besoins ne sont pas identiques. La Zone Sud-Sud-Ouest  a des besoins plus importants que la Zone Nord. Alors bien sûr ces budgets ne sont pas destinés à la création ou à la rénovation d'infrastructures ou encore à l'embauche de  salariés au service de tous. Mais l'apprentissage de la citoyenneté passe par celui de l'équité visant à partir des besoins c.a.d en quelque sorte de la demande et non de l'offre, pour tracer un parallèle avec l'économie. Faudrait-il alors donner moins de 3,59€/habitant aux quartiers de la Zone Nord et plus de 3,59€/habitant aux quartiers de la Zone Sud-Sud-Ouest ? Pas forcément car l'équité ne se réduit pas à des calculs d'apothicaires. Les moyens ne sont pas seulement financiers mais aussi humains. Ainsi, dans cette perspective, ne serait-il pas judicieux de mettre à profit cette belle initiative pour construire des ponts entre quartiers plus favorisés et quartiers moins favorisés en accordant des bonus aux projets faisant collaborer les citoyens des deux zones ?


Que celui qui a des oreilles pour entendre entendre.


Jn-Mc


 Source Illustration : DNA 19/10/2018

jeudi 18 octobre 2018

On ne (le) lira jamais assez !

Salut & Fraternité,

          Non mais c'est vrai quoi, si tout le monde se met à lire sans modération, et même tout simplement à lire, le pays va devenir carrément ingouvernable ! Imaginez un seul instant que le temps de cerveau disponible de tout un(e) chacun(e) soit mobilisé pour la lecture et bien arriverait ce que redoutent tant le Meilleur des Mondes que les meilleurs démocratures : pas assez de distraction pour assimiler d'autres messages et patatras, c'est tout l'édifice consumérodespotique qui s'effondre en une poignée de révolutions solaires. Le drame absolu pour les puissances d'argent qu'un tenant de la deutsche Ideologie appelait Das Kapital...

          A ceci d'aucuns opposeront, à juste titre, que notre pauvre Planète Bleue a connu nombre de salauds qui étaient des lecteurs et des intellectuels de premier plan. Il suffit de jeter un coup d'oeil rétrospectif sur les années où l'Europe fut sous le joug des nazis et des fascistes. Période qui tend à dangereusement se répéter sans que trop de monde s'en soucie véritablement. Mais il y a maintenant Candy Crush, Snapchat et la télé prétendue réalité c.a.d tout ce qui concours à tenir les individus loin du réel pour les focaliser sur leurs nombrils dans une confortable bulle virtuelle. Et pendant ce temps, les forces réactionnaires sont à la manoeuvre. Je ne suis pas loin de penser que l'interdiction par Trump de la sortie du prochain iPhone serait propre à déclencher une révolution alors que toutes ses décisions climaticides, liberticides et inhumaines ne dérangent qu'une minorité. Les autodafés n'étant pour l'heure plus vraiment de mise en Occident, car ça fait vraiment désordre, il est à l'instar de l'industrie agro-alimentaire plus simple et plus avantageux  de nourrir les gens avec de la merde qu'ils s'empressent même d'acheter au prix fort.    

          Lire est par nature un acte révolutionnaire et l'alphabétisation, même si elle ne débouche pas forcément sur des études supérieures, constitue un excellent moyen faire reculer la misère intellectuelle dans laquelle les puissants se plaisent à laisser croupir le peuple. Je pense qu'il vaut mieux prendre le risque de lire n'importe quoi que de ne pas lire du tout car, de la même façon qu'un muscle non sollicité s'atrophie, un cerveau non stimulé à l'appropriation de données par l'écrit se vide de sa substance pour offrir une magnifique caisse de résonance à l'imbécillité. Les lecteurs crétins ça existe. Il suffit pour s'en convaincre de regarder celles et ceux qui, livre sacré en main, militent pour l'application de la charia islamique ou chrétienne dans nos société modernes toujours plus en danger de retour vers le no-futur de l'obscurantisme. Cependant, ces derniers constituent une minorité agissante à laquelle il est difficile aujourd'hui d'opposer une majorité non silencieuse car rendue animée au sens premier du terme, ou plus justement réanimée, par la lecture.  

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

Source Illustration : Facebook

jeudi 11 octobre 2018

D'r Herr Maire ésch màànischmool e Madam !

Salut & Fraternité,

          Personnage souvent mis sur la sellette par le théâtre alsacien d'r Herr Maire a de moins en moins la vie facile dans le monde réel. Mieux encore, quand la magistrature communale est exercée par une femme, rien n'est gagné d'avance !  Ce dont Éric Genetet ne parle pas pas plus dans son Édito humoristico-humaniste que dans son article de fond intitulé "Les maires d'Alsace du Nord gardent-ils le moral ?".

          Christian Gliech (Wissembourg), Charles Schlosser (Lembach), Denis Hommel (Offendorf) et Vincent Debes (Hoenheim)  répondent à tour de rôle aux questions du journaliste sur une quasi pleine page que je vous invite à lire en cliquant ici. Le lecteur un peu béotien que je suis en viendrait donc à se demander si l'Alsace du Nord manquerait cruellement de Mesdames les Maires. Or, un petit tour sur maires67.fr laisse penser que, même minoritaires, elles existent bel et bien. Certaines sont même, ô merveille, conseillères départementales ! Alors, pourquoi ne pas leur avoir donné voix au chapitre ? 

          Loin de moi l'idée de taxer l'auteur de misogynie primaire, secondaire et même tertiaire ! Mais tout de même, donner la parole à quatre maires hommes alors que la parité dans les listes est depuis 2014 une obligation pour les communes d'au moins 1.000 habitants, c'est un peu fort de café. Parité remontant à la Loi Constitutionnelle du 08/07/1999 ayant permis l'adoption de la Loi du 06/06/2000 appelée aussi "Loi sur la Parité" modifiée maintes fois. Cette histoire, débutée il y a près d'un cinquième de siècle, ne devrait plus aujourd'hui susciter un tel questionnement... 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


Source Illustration : Maxi Flash n°139 08/10/2018

Pour les Schlagers mentionnés dans l'Édito cf Le Petit Journal 

jeudi 15 juin 2017

8 Mai 2022, what else ?

Salut & Fraternité,


          Comme ce fut le cas pour François Hollande, un événement intitulé "Pot de départ d'Emmanuel Macron" est déjà programmé sur Facebook. Ceci le 8 Mai 2022, autre date symbolique  et guerrière à l'instar du 18 Juin 2017 à venir. La question du "Et maintenant qu'allons-nous faire ?" restant en suspens, loin d'attendre quoi que ce soit de bon de l'ère macronienne, je n'en demeure pas moins perplexe quant à son issue, d'où le titre clooneysque de cet article. 

          Nous sommes en guerre, une guerre mondiale, la quatrième du nom. Petit rappel : 1914-1918, la Première ; 1939-1945, la Seconde ; 1945-1990, la Troisième appelée aussi Guerre Froide ; depuis 1990, la Quatrième appelée aussi Triomphe du Néolibéralisme. Comme l'écrivait le sous-commandant Marcos en 1997 : "Le fils (le néolibéralisme) dévore le père (le capitalisme national) et, au passage, détruit les mensonges de l'idéologie capitaliste : dans le nouvel ordre mondial, il n'y a ni démocratie, ni liberté, ni égalité, ni fraternité. La scène planétaire est transformée en nouveau champ de bataille où règne le chaos.". Ce n'est pas, ici en France, une Assemblée Nationale à très large majorité LREM monoïdéique qui va pacifier le climat. Celles et ceux qui déchanteront, votant(e)s et/ou élu(e)s, n'auront plus que leurs yeux pour pleurer mais cela n'arrêtera pas la marche du néolibéralisme. Marche du néolibéralisme car c'est bien de cela dont il est désormais question et ce n'est pas pour rien que Mister Chairman n'a pas précisé clairement la nature et la direction prise par son mouvement (EM) lors de sa création le 6 Avril 2016, mouvement rebaptisé La République En Marche (LREM) le 8 Mai 2017 et non En Marche vers ou pour la République...

         "Le nouvel ordre, c'est l'unification du monde en un unique marché. Les Etats ne sont que des entreprises avec des gérants en guise de gouvernements, et les nouvelles alliances régionales ressemblent d'avantage à une fusion commerciale qu'à une fédération politique." écrivait toujours il y a 20 ans le sous-commandant Marcos. Trump aux USA n'est qu'une simple caricature de Macron en France et non son antithèse comme la presse de révérence voudrait nous le faire gober. Mister Chairman est juste plus subtil et infiniment plus intelligent que Mister America Fi(r)st, cependant la ficelle reste assez grossière et malheureusement trop de Françai(se)s sont prêt(e)s a avaler des couleuvres. So what, dirait peut être maintenant George Clooney et il n'aurait pas tort. La vague LREM qui a dépassé de loin la vague LFI procède d'un besoin de renouveau transpartisan. 2022 ne sera pas, à mon sens, un retour vers les partis classiques. Or si nous ne savons pas nous réorganiser à Gauche pour penser et proposer un projet commun dans un partenariat respectueux, c'est l'extrême-droite qui fera le taf et raflera la mise. Donc, vu l'état actuel de nos forces, je ne suis malheureusement pas si pressé que cela de participer au pot de départ d'Emmanuel Macron...



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Facebook

mardi 13 juin 2017

Et maintenant, qu'allons-nous faire ?

Salut & Fraternité,

         La vague macronienne devant dimanche prochain submerger l'Assemblée Nationale n'a rien de révolutionnaire en ce sens qu'elle ne porte aucun projet innovant allant dans le sens de l'intérêt général. Mister Chairman veut des députés à sa botte et sans un réveil des électeurs au second tour il arrivera à ses fins. Les institutions seront alors verrouillées pour cinq ans. Scénario complètement insensé disent les macronistes de base toujours sous hypnose électorale... 

         Combien de gens sincères, montés à bord de cette galère, vont alors être déçus à très court terme ? Ca, c'est leur problème pourrait'on dire, sauf que la déliquescence des valeurs républicaines pouvant aisément atteindre son paroxysme durant ce quinquennat d'allure trumpiste, nous risquons fort en 2022 d'assister à un retour de l'extrême-droite  moyennant un remplacement de la fumeuse et écumante braillarde par le poli et policé énarque. C'est toujours le même poison mais administré avec le sourire et des mots choisis ça passe beaucoup mieux. D'autant plus qu'il est toujours plus facile de fédérer les mécontents autour de la haine de l'autre que de l'amour du prochain, mais sans outrances verbales et avec une précision digne de la Endlösung. D'autant plus que la Droite, laminée par une tôle sortie directement des aciéries Sarko-Fillon, n'est plus en mesure d'offrir une alternative crédible.

         Quid alors de la gauche à l'horizon 2022 ? Les multiples glissements à droite et trahisons du PS lui ont causé une défaite historique, dont acte. Les Verts, toutes chapelles confondues sont très loin des Grünen. Le PCF d'abord abusé puis trahi en 2017 par son allié de 2012 se retrouve cul par dessus tête. L'Extrême Gauche, toutes tendances confondues ne fait, peut-être par atavisme anticapitaliste, toujours pas recette. Reste La France Insoumise et son Grand Timonier dont la pérennité de l'une et de l'autre ne sont, malheureusement ou heureusement selon les analyses, en rien garanties. Nous avons devant nous la perspective de luttes d'une telle gravité que l'heure n'est plus aux multiples querelles d'égos ni au "tous derrière un seul homme". Si elle veut continuer à exister et à agir efficacement, la Gauche dans son ensemble devra non seulement se recomposer mais surtout gagner très vite en maturité. La maturité n'étant pas, comme on l'a entendu trop souvent, "prendre ses responsabilité" pour dire élégamment "avaler des couleuvres". La maturité dont je parle consiste à conclure des alliances solides pour des programmes progressistes basés sur le quotidien de nos concitoyens. Alliance et programmes dont le maître mot est le respect. Respect de ses alliés durant et après la bataille électorale. Respect de l'électorat quant à l'application du programme durant la législature.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Le Changement par la Consommation

lundi 12 juin 2017

Abstention, piège à... pigeons !

Salut & Fraternité,

         Imaginez un naufragé du genre Chuck Noland - Tom Hanks dans "Seul au monde", débarquant en France après vingt ans d'absence, juste au lendemain du premier tour des Législatives 2017, il ouvre le journal du matin et là, c'est le choc : le tiers de l'électorat qui s'abstenait  à son départ a dépassé la moitié à son retour ! Mais que s'est-il donc passé dans ce pays le temps d'un cinquième de siècle ? 

         Chiraquie, Sarkozie et Hollandie déployant avec une belle adresse le nuancier de la Droite, une large part de l'électorat avait toutes les raisons de se sentir exproprié de la vie politique au point d'entrer en déshérence électorale. Parallèlement à ça, le nombrilisme sociétal crétin s'associant au mantra imbécile du "tous pourris", la peste brune national-populiste trouvait un riche substrat pour développer ses théories nauséabondes et tenir son discours abject. Cerise sur le gâteau la pseudo-crise de 2007 enrichissant les nantis au prix de l'appauvrissement les classes laborieuses, créait les conditions idéales au développement de la stratégie du choc. Stratégie du choc à laquelle le terrorisme islamique apporte depuis peu une saveur particulière à connotation civilisationnelle.

          Si l'art et la manière de faire de la politique peuvent se réinventer sans cesse, il n'en demeure pas moins que l'objet principal de la politique doit rester inchangé. A savoir, l'intérêt général de la majorité de nos concitoyens se traduisant par le mieux-vivre de tout-un-chacun et non l'accumulation des richesses par une minorité. Or, beaucoup trop, ne pensant plus cela possible, ont logiquement renoncé à la lutte. Lutte rendue d'autant plus difficile par l'effacement de la notion de classes sociales au profit de groupes polymorphes et multicartes. D'où la tendance à l'abstention de ceux qui, refusant résolument de se faire pigeonner, finissent irrésistiblement en pull au grand ball-trap du capital. La question aujourd'hui, dirait Chuck Noland - Tom Hanks, n'est pas tant de faire de la politique autrement que de revenir aux fondamentaux de la politique et là, c'est moi qui le dit, nous n'y arriverons pas sans ramener le discours sur le terrain de la lutte des classes.


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Le Monde

jeudi 1 juin 2017

Femmes et délinquantes sexuelles...

Salut & Fraternité,


          Dans Le Devoir du 31/05, incontournable quotidien québécois, les journalistes Jessica Nadeau et Catherine Drapeau soulevaient l'épineuse question de la délinquance sexuelle féminine, avançant qu'elle serait sous-estimée. Se référant aux travaux menés par la chercheuse Franca Cortoni de l'Université de Montréal basés sur une enquête menée durant deux ans sur les dossiers de la police et des tribunaux de douze pays dont la France, elles suscitent un questionnement propre à abattre certains stéréotypes dont celui prétendant que les femmes commettant des sévices sexuels seraient dirigées par leurs conjoints. Souvenons-nous du couple infernal Michel Fourniret - Monique Olivier. Or les travaux de Franca Contoni démontrent qu'aujourd'hui seulement un tiers des femmes coupables de délinquance sexuelles agissent avec leur conjoint et n'y sont pas nécessairement forcées. 

         Il ressort également de cette enquête que souvent ces femmes souffrent de troubles psychologiques causés par un vécu traumatique de victimes elles-mêmes. Des différences femmes - hommes apparaissent dans les comportements lors de l'agression et quant aux bénéfices attendus d'un tel acte. Plaidant pour une gestion sexo-spécifique des auteures d'agressions sexuelles la chercheuse se place aussi du côté des victimes en affirmant "Présentement, il y a des victimes qui ne sont pas reconnues et, franchement, comme société, on leur doit au moins ça.". Ceci notamment en référence aux données officielles disant que seulement 2% des crimes sexuels rapportés à la police sont commis par des femmes alors qu'en interrogeant les victimes sur le sexe de leur agresseur on arrive à 12%.

         Si nous voulons vraiment que l'égalité femmes - hommes ne soit pas qu'un vague sujet de congrès bien ronflant ou un voeu pieux inlassablement renouvelé nous devons aborder la question dans toutes ses dimensions, dont celle-ci. Il ne s'agit pas de stigmatiser la violence féminine pour indirectement atténuer celle des hommes mais, tout simplement par souci d'humanité, de refuser tant les stéréotypes imbéciles que le non-dit mortifère. Passer ce sujet sous silence ne rendrait pas service à la cause des femmes qui, dans le cadre de ces agressions sexuelles, se trouvent tant du côté des proies que de celui des prédatrices.


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Le Devoir

samedi 27 mai 2017

Métier : Député ?

Salut & Fraternité,


         Rédigé par trois chercheurs strasbourgeois, "Métier : député" ce petit ouvrage de 152 pages n'est pas une énième diatribe contre la professionnalisation de la politique mais une étude scientifique partant d'une enquête réalisée à l'Assemblée Nationale. Comparé aux années 1970 deux fois plus d'élus sont des salariés de la politique depuis leur plus jeune âge au point de pouvoir qualifier leurs parcours de carrières.

          Aujourd'hui, 33% des élus à l'Assemblée Nationale (Mandature de 2012) ont suivi un cursus de professionnalisation contrairement à 1978 où ils étaient 14%. Par cursus de professionnalisation entendez collaborateurs d'élus, permanents de partis, membres de cabinets ministériels). De fait, en 1978, les députés élus avaient en moyenne passé 6 ans en politique avant d'entrer au Palais-Bourbon contre 12 aujourd'hui et le nombre de ceux n'ayant aucune expérience préalable s'est effondré. Ainsi les sortants sont-ils très attachés à leurs mandats qui constituent leurs  gagne-pain en quelque sorte. "On préfère faire des concessions plutôt que de céder sa place chèrement acquise." commente Étienne Ollion coauteur de l'enquête. Ce qui signifie en clair une désidéologisation d'abord rampante puis triomphante. Mettant de plus en plus de temps pour obtenir son mandat de député et passant ce temps dans les réseaux professionnels de la politique, l'élu s'éloigne toujours plus du peuple et de la réalité du quotidien de la majorité de ses concitoyens. 

         Ne s'arrêtant pas à ce constat, les auteurs puisent dans d'autres expériences de possibles solutions en vue d'un véritable renouvellement du personnel politique.  Nuit Debout, Podemos sont cités en exemples. Cependant ce désir de renouvellement est aussi instrumentalisé par des individus dont les ambitions ne vont pas dans le sens de l'intérêt général comme en témoignent les résultats des dernières présidentielles aux USA et en France. L'interdiction du cumul des mandats locaux et nationaux, la limitation de cumuls de mandats dans le temps, le tirage au sort peuvent apporter des éléments de solutions mais plus encore que les individus c'est les pratiques qu'il importe de changer et l'organisation des pouvoirs. Par ailleurs des candidats labellisés "société civile" ont un parcours politique de collaborateurs d'élus et le fonctionnement institutionnel actuel de la 5ème République soumettant largement l'Assemblée Nationale au Gouvernement ne facilite pas aux députés le rôle de contre-pouvoir. De plus des élus totalement novices, pour ainsi dire tombés du ciel, étant plus facilement manipulables que les pros il apparaît à mon sens nécessaire de faire entrer le peuple à l'Assemblée Nationale par le biais des militants politiques, syndicaux et associatifs c'est à dire celles et ceux qui donnent de leur temps libre, ne retirent aucun bénéfices pécuniaires de leurs engagements et même les payent très largement de leurs personnes... 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Raison d'Agir

vendredi 26 mai 2017

Produire autrement hic et nunc !


Salut & Fraternité,


          Le chapitre 6 de "La France en commun" s'intitule : Produire autrement pour l'humain et la planète. Ce programme porté par le PCF et le FdG vise à impulser un nouveau mode de production et de consommation en stoppant les délocalisations, développant un plan d'urgence pour le climat et la qualité de l'air, organisant une transition énergétique garantissant le droit à l'énergie et à l'eau potable, préservant les ressources naturelles et réorientant l'agriculture vers des modèles éco-compatibles. Tout cela est bel et bon, mais la révolution commençant par soi-même n'est-il pas nécessaire que chaque citoyen(ne) se sentant concerné par le sujet fasse sa part du colibri ?

         Ah mais nous on peut pas, on n'est pas des paysans, on n'a pas des hectares à cultiver et de toutes façons on n'a pas le temps, entends-je déjà de ci de là. Faux ! Nous avons tous été, il est vrai dans des temps très reculés, des chasseurs-cueilleurs puis nous sommes devenus des cultivateurs et des pasteurs. C'est après que tout est parti en sucette, quand nous nous sommes éloignés de ces saines et essentielles occupations ancestrales pour nous imaginer maîtres du monde. Sauf que de monde il n'y en a qu'un et d'aspirants maîtres il y en a trop, d'où la naissance de la concurrence, vous savez cette putain de maladie que certains ont dans le sang...


         Il est tout à fait possible de cultiver une petite parcelle de terre et d'en obtenir des récoltes conséquentes. Tout est question de respect des équilibres naturels et de soins réguliers apportés tant à la terre qu'aux plantations qu'elle nourrit. Produire autrement pour l'humain et la planète c'est d'abord développer les potentielles productions à bilan carbone moindre.  

         Dans les mini-surfaces présentées ici l'essentiel des plants vient d'un ESAT sis à une dizaine de kilomètres, l'eau d'arrosage provient de la collecte des eaux de pluie et de l'eau de rinçage des légumes, la terre est enrichie par l'apport de cendres de bois et d'un compost home-made à base de tonte de gazon naturel et de déchets alimentaires. Point d'intrants excepté l'antique bouillie bordelaise destinée au traitement des pieds de tomates. Ce qui pourrait, pour les puristes, être remplacé par du purin d'orties.


         Alors juste pour démonstration que petite surface ne rime pas avec monoculture nous avons à cette heure : fraises (3 variétés), tomates (9 variétés), piment noir, betteraves (2 variétés), bettes à cardes (2 variétés), céleri (2 variétés), salades (4 variétés), haricots mange-tout à rames, radis de 18 jours, patates douces (2 variétés), courgettes jaunes, estragon, oseille rouge, sarriette, thym, basilic (3 variétés), mélisse, persil, coriandre. Il va sans dire que cela n'est qu'un inventaire à un moment précis car le but du jeu est, en travaillant sur les plans horizontaux et verticaux, de réorganiser les cultures tout au long de la période de production. Quid alors de l'épuisement de la terre ? C'est un non-problème car la rotation des cultures associée a l'apport régulier d'un compost particulièrement riche rend, pourrait-on dire, la balance commerciale largement excédentaire. 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustrations : Collection Personnelle

dimanche 23 avril 2017

Merci Xavier...

Salut & Fraternité,

          France Info nous apprend qu'un hommage à Xavier Jugelé sera rendu aujourd'hui à 18h00 à Notre Dame de Paris et ceci avant l'hommage national prévu mardi 25/04. Il semblerait que la cérémonie de ce soir soit intégrée à une messe pour toutes les victimes et pour la paix dans notre pays comme le rapporte La Croix. Voilà une info propre à complètement désorienter les cul-bénits bien-pensants mal-comprenants : "Rendre hommage à un militant LGBT dans la Maison de Dieu : 0h my God !". Et si Dieu n'était finalement pas celui qu'ils croient ? Et si l'amour dont parlent les textes était un amour vraiment inconditionnel ? Waouh, voila de quoi décoiffer un bataillon de calotins !

          Il n'y a pas que les grenouilles de bénitiers pour se retrouver le cul par dessus la tête. Plus d'un anti-flics viscéral a découvert ces derniers jours qu'il y en a aussi des bons, pas forcément des bons flics "car il ne faut rien exagérer tout de même" (sic) mais pour le moins des bons citoyens et des fonctionnaires exemplaires. Et bien oui, messieurs dames, il n'y a pas d'un côté les salauds de flics fascistes et de l'autre les gentils militants gauchistes. C'est embarrassant cette affaire car dans un monde bipolaire où le manichéisme alimente et soutient la pensée unique la vie est tellement simple... d'esprit.

          Le 12/11/2017 Xavier Jugelé, présent au concert de réouverture du Bataclan, disait : "Je suis heureux d'être là. C'est symbolique. Nous sommes là ce soir comme témoins, pour défendre nos valeurs. Ce concert doit permettre de célébrer la vie et de dire non aux terroristes.". Alors ce soir, même s'il ne l'entend plus, du moins dans le monde tridimensionnel, j'ai jute envie de lui dire "Merci Xavier...". Merci de nous avoir, par tes engagements exemplaires, démontré que nous pouvons encore croire en l'humanité. Merci d'avoir incarné l'esprit du service public jusqu'au sacrifice de ta vie. Tu étais avant tout un fonctionnaire au service de nos valeurs républicaines. Alors que les gros cons de tous horizons ferment leurs gueules et que les autres utilisent leur matière grise pour penser en couleurs arc-en-ciel plutôt qu'en noir et blanc... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc


 Source Illustration : Flag Policiers & Gendarmes

mercredi 19 avril 2017

Geld für Waffen tötet !

Salut & Fraternité,

         La presse germanophone nous rapporte les exploits de Louise Schneider, une 86-järirige Friedenaktivistin qui a tagué le mur de la Schweizeriche Nationalbank (BNS) à Berne. Une action d'éclat pas très suisse s'inscrivant dans un processus démocratique typiquement helvétique : la collecte de signatures pour une initiative populaire menée par le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) visant à interdire à la BNS, aux fondations et aux institutions de la prévoyance publique et de la prévoyance professionnelle d'investir dans l'industrie de l'armement. Il lui faudra au plus tard le 11/10/2018 avoir obtenu les 100.000 signatures d'électeurs requises et validées par la Chancellerie Fédérale pour que la proposition fasse l'objet d'un référendum. Cette procédure démocratique est non seulement très encadrée par la loi mais aussi à la charge de ses initiateurs pour les frais de mise au point et d'impression des listes de signatures, affiches, publicités, stands et toute autre activité liée à la récolte des dites signatures, soit en moyenne 150.000FS (environ 140.000€) pour les initiatives ayant abouti ces dernières années. 

         Le corps électoral fédéral représentant en 2015 5.260.043 citoyens, reste au GSsA d'en obtenir la signature de près de 2%. Ce qui n'est pas une mince affaire même si pour cette initiative la tradition de neutralité du pays reste un argument valable. La BNS a pourtant investi en 2016 plus de 800 millions de dollars dans des entreprises produisant des armes nucléaires et les Suisses ont voté en Novembre 2016 contre la sortie rapide du nucléaire. Les dangers de l'Atomkraft n'inquiètent peut être que les riverains des centrales à moins que les frontières helvètes soient hermétiques aux nuages radioactifs provoqués des bombardements partout ailleurs dans le monde...

          Pour revenir à Louise Schneider elle pourrait à 86 ans  se contenter de militer dans lors des Kaffee Kuchen, mais non elle n'hésite pas à donner de sa personne quitte à se faire arrêter par la Kantonpolizei !  Née au tout début des Années Trente, elle a connu la plupart des séismes majeurs du 20ème siècle. Même si son espérance de vie à 80 ans est passée en 2015 à 90,1 ans, elle ne compte visiblement pas profiter de cette rallonge en se carrant dans un Everstyl. En Suisse rien ne se passe comme ailleurs ont coutume de dire certains frontaliers tantôt agacés tantôt amusés. Nous en avons cette fois-ci une magnifique démonstration qui ne devrait pas faire réfléchir que les seniors...     


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

Source Illustration : Allocityblog

samedi 8 avril 2017

De l'exercice du droit de vote des personnes dites empêchées.

Salut & Fraternité,

          L'obtention du droit de vote n'est pas pour une société une garantie de démocratie , affirmait d'entrée de jeu Robert Betscha lors d'un récent Atelier Citoyen. Les exemples passés et présents ne manquent pas pour illustrer ce postulat. Partir de ce constat pour en arriver à la question précise de l'exercice du droit de vote par les personnes "empêchées", appelées aussi parfois "public vulnérable", produit cet effet d'entonnoir qui nous amène à porter à l'infiniment petit le même intérêt qu'à l'infiniment grand.

          Les personnes dites empêchées ne sont pas des sous-citoyens. La privation de liberté imposée à certaines par la survenue de la maladie, les complications découlant du handicap mais aussi l'incarcération suite à une décision de justice ne devraient pas être un obstacle à l'exercice de leur droit de vote pour celles qui l'ont conservé. Si la prise de conscience de cette nécessité par les institutions est relativement récente, il en va autrement pour le grand public que nous pourrions qualifier ironiquement d'autoproclamé "non vulnérable". Des discussions avec mme & m. Toutlmonde il ressort que bon nombre de nos concitoyens sont persuadés, bien à tort, que toutes les personnes souffrant de troubles psychiques perdent leur droit de vote si tôt hospitalisées, idem pour les détenus quant aux handicapés, n'ont-ils pas déjà assez de problèmes pour encore se soucier de voter ? Là, on voit bien que mme & m. Toutlmonde ne connaissent pas plus Stephen Hawking qu'Alexandre Jollien !


         Avant la Loi de 2005, les personnes souffrant de troubles psychiques conduisant à un placement sous tutelle étaient radiées des listes électorales alors que les personnes placées sous curatelle conservaient leur droit de vote. C'est ce texte qui a permis au Juge des Tutelles de restituer au cas par cas le droit de vote aux personnes sous tutelle estimées aptes à l'exercer. Aujourd'hui après la Loi de 2007 les majeurs protégés, c.a.d placés sous curatelle ou tutelle, ne sont toujours pas et pour cause éligibles, mais ils ne perdent pas leur droit de vote qui pour les premiers est conservé de facto et pour les seconds peut être retiré par une 
décision du Juge des Tutelles prise après avis médical. Donc pour ces derniers, contrairement à la période 1968-2005/2007, l'exercice du droit de vote devient la règle et son interdiction l'exception. Or la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) a émis en Janvier 2017 un avis recommandant l'abrogation de l'article 5 du Code Électoral permettant au Juge des Tutelles de retirer le droit de vote à une personne vivant avec un handicap intellectuel ou physique. Les lignes bougent mais les mentalités n'évoluent pas à la même vitesse.

           Quid alors des détenus, autres personnes empêchées et par certains côtés aussi publics vulnérables Le passage par la case prison ne signifie pas systématiquement perte du droit de vote, mais exercer ce droit n'est pas si simple car il faut pour ce faire soit obtenir une permission de sortie, soit voter par procuration. C'est là qu'en général mme & m. Toutlmonde, au comble de l'indignation, s'exclament en coeur : "Non mais ça va pas, ils voudraient tout de même pas qu'on leur installe un bureau de vote en zonzon ?". Ce projet existe bien ! Il est conduit par le Club de la Presse Strasbourg Europe qui, en partenariat avec d'autres intervenants en milieu carcéral, ambitionne d'ouvrir pour les élections de 2019 un bureau de vote à la Maison d'Arrêt de Strasbourg Elsau. La levée de boucliers prévisible à l'annonce de ce projet conduit à se poser la question de la reconnaissance de l'humanité pleine et entière des détenus, le cas échéant leur citoyenneté devenant alors aussi incongrue que l'existence d'un sex shop au Vatican. Blague à part, là aussi il reste du chemin à faire et les mentalités n'évoluent pas aussi vite que pourraient bouger les lignes... 
      

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc


 Source Illustration : Club de la Presse Strasbourg Europe