Place au Peuple

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lundi 31 décembre 2018

Que du bonheur !

Salut & Fraternité,

          Que souhaiter et espérer de mieux pour 2019 si ce n'est du bonheur, encore et toujours plus de bonheur ? Loin du fameux slogan de 1989 du Club Med "Le bonheur, si je veux." nous voilà rendus trente en plus tard, grâce au travail de sape de la psychologie positive fondée en 1998 à quelque chose du genre "Le bonheur, si t'es cap'.". L'industrie du bonheur, que la sociologue Eva Illouz et le psychologue Edgar Cabanas appellent happycratie, a  pris le contrôle de nos vies. Il faut penser positivement, savoir rebondir, 90% de notre bonheur dépend de facteurs personnels, tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, etc... Combien de fois entendons-nous cette tourlitaine culpabilisante tout au long de l'année ! 

          La psychologie positive est un parfait supplétif du capitalisme. Rabâcher aux gens que leur bonheur ne dépend que d'eux-mêmes, que les pires embûches sont à considérer comme de magnifiques opportunités revient à signifier qu'il n'y a pas de problèmes structurels, politiques et sociaux mais que des déficiences psychologiques individuelles pouvant être améliorées. Selon Eva Illouz, "La tyrannie du bonheur fait en effet peser sur l'individu tout le poids de son destin social.". Il revient à chacun de fabriquer son bonheur et s'il n'y parvient pas il en est pour l'essentiel responsable.

        En 2017, lors de la réunion de l'Association Américaine de Psychologie (APA), Oksana  Yakuschko, psychologue californienne affirmait : "On dit aux patients issus des minorités victimes de discriminations qu'il faut qu'ils mettent l'accent sur le positif. S'ils n'en sont pas capables, ils sont les artisans de leur malheur.". Encore plus intéressant car faisant écho au traitement médiatico-politique dont ici une partie de la population et notamment les Gilets Jaunes sont l'objet, elle précise "C'est la même chose pour les déplorables, les partisans de Donald Trump, dénoncés par Hillary Clinton : comme ils sont fâchés, ils sont sûrement racistes, il y a quelque chose de dérangé dans leur personnalité. Au lieu  de s'intéresser à la vie des déplorables, on condamne leur colère." Et de conclure : "La psychologie de la positivité est vraiment une dictature quand elle prend trop de place."....

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : k00Is

dimanche 25 novembre 2018

When pastors prey....



Salut & Fraternité,


          Dans son numéro du 22/11/2018 l'hebdomadaire Réforme consacre un dossier aux violences faites aux femmes...  dans l'Église. Avec le même franc-parler dont ils ont précédemment usé pour traiter de l'impact de #Me Too sur les églises étasuniennes et de la pédophilie dans l' Église Catholique les auteures des quatre articles ne s'embarrassent pas d'éléments de langages et de périphrases. Les témoignages tels que celui de Colette Fébrissy, psychologue clinicienne, posent clairement la problématique : "Je discute avec elle et elle me raconte les violences qu'elle conjugales subit. La relation est à un stade où des menaces pèsent sur sa vie. Je lui dis qu'elles ne sont pas fortuites et qu'il risque de passer à l'acte. A-t-elle un lieu sécurisé pour se réfugier avec ses trois enfants ? Elle me dit qu'elle peut aller chez sa mère. Je ne la revois plus. Quatre mois plus tard, j'apprends qu'elle a été tuée par son mari. Je me dis que c'est dommage qu'elle n'ait pas entendu mon alerte. Mais en fait, si. Plusieurs années après, j'ai appris qu'elle était bien partie se mettre à l'abri chez sa mère. C'est l'Église qui a fait pression pour qu'elle rentre chez elle. Je ne décolère pas.". Abus de pouvoir ecclésial auquel  la théologienne Valérie Duval-Pujol répond par : "À partir de quand Dieu unit-il deux personnes ? Parce qu'un pasteur l'a déclaré . Qui sommes-nous pour parler au nom de Dieu ? [...] En théologie protestante, le mariage n'est pas un sacrement. S'il est important d'aider les couples à traverser des crises, il faut redire que le couple n'est pas une entité mise au-dessus de tout autre impératif, à commencer par la survie physique ou psychique de chaque conjoint.". Ce qu'a parfaitement compris Guillaume de Clermont lorsqu'il parle d'expérience : "J'étais démuni (face à des femmes victimes de violence conjugale) car nous ne sommes pas très outillés sur le sujet. J'ai raisonné comme un pasteur quant à l'écoute et comme un citoyen pour les démarches. En tant que pasteur, nous avons des relations avec les autorités civiles et judiciaires, j'ai sollicité ces responsables et les ai mis en contact avec ces femmes.". Raisonner comme un pasteur et agir comme un citoyen, voilà une démarche qui évite tout enferment dans de faux dilemmes ayant pour raison cachée le choix de la non-action.

          En Suisse Romande Christel Chapatte, elle même victime, s'en est sortie en fondant "Au-delà des masques" une association dont le nom ne laisse transparaître aucune connotation religieuse tant la problématique est taboue dans l'Église. Depuis 2016 plus de 300 personnes y sont suivies et entre 4 et 5 personnes contactent le site internet chaque semaine depuis janvier 2018 : "Dans une telle relation, nous identifions toutes formes de violences : psychologiques, économiques, spirituelles, sexuelles, physiques. C'est difficile d'imaginer qu'un pasteur est capable de violer sa femme le samedi soir et de prêcher le dimanche matin. Et pourtant, il y en a." Ce à quoi elle ajoute : "Nous avons aussi des hommes victimes de femmes manipulatrices.". Non pour rétablir un quelconque équilibre de toutes façons factice, mais pour faire très honnêtement l'état des lieux. Valli Boobal Batchelor affirme que "Entre 90 et 95% des victimes d'abus sexuels de la part du clergé sont les femmes. Pourtant très peu de choses ont été écrites sur ce phénomène encore plus répandu que celui des abus sexuels commis sur des enfants.". Elle fut chargée par l'ONU de coordonner il y a 5 ans la création d'un rapport intitulé "When pastors prey". Ouvrage au titre jouant habilement sur les mots, to prey on" signifiant "exploiter, choisir ses victimes parmi..., s'attaquer à..." donc à l'opposé de "to pray" traduisible par "prier, implorer, transmettre une requête". Ce travail a très largement scanné les différentes obédiences de la constellation du protestantisme mais aussi les institutions catholiques. Samantha Nelson, l'une des contributrices, précise : "Avec le récent mouvement #Me Too, de nouveaux cas d'abus ont été exposés en pleine lumière, y compris le cas d'abus sexuels commis par des responsables religieux, d'où la naissance du mouvement #Church Too.". Elle a co-fondé avec son mari en 2012 le réseau "The Hope of Survivors" : "L'un des plus gros défis auxquels nous devons faire face est de parvenir à faire comprendre aux gens que ces abus sexuels n'ont rien à voir avec un adultère. Les gens estiment que puisqu'il s'agit d'une victime adulte, il ne peut pas s'agir d'un abus. Mais ils ne tiennent souvent pas compte du déséquilibre de pouvoir entre un membre du clergé et une fidèle.". 

          En Italie, pays où "La violence faite aux femmes est une urgence nationale." car "Chaque année elles sont des milliers à subir la violence des hommes et plus de cent d'entre elles sont assassinées.", des églises évangéliques sont sur le pont. Dora Bognandi rapporte :"Les Églises ne sont pas innocentes, elles ont une grande responsabilité. Et pour cela nous travaillons sur trois fronts : d'abord théologique en cherchant à comprendre les dynamiques qui ont pu renforcer ces stéréotypes, puis ecclésiologique ou comment au sein des communautés les femmes peuvent-elles obtenir la parité des genres en apportant leur talent, leur capacité et leur leadership. Enfin, il est nécessaire de mener, sur le font social, une action culturelle et spirituelle et d'intervenir à travers l'écoute, la formation et l'éducation.". Elle décrit l'engagement de la Fédération italienne des femmes évangéliques remontant à 1988 travaillant de concert avec des associations non-confessionnelles. Nous voilà à des années lumières des culs-bénits étasuniens et brésiliens qui ont très largement contribué à porter au pouvoir d'immondes sexistes tels que Donald Trump et Jair Bolsonaro... 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

  
 Source Illustration : Réforme n°3778 22/11/2018

mercredi 14 novembre 2018

Le crétin : du pathos à l'insulte. (2/2)

Salut & Fraternité,

          Alfred-Charles Collineau (1832-1894), médecin et anthropologue du 19ème siècle nous a laissé en héritage plusieurs travaux scientifiques allant de la rhumatologie à la psychiatrie. L'étude intitulée "Le crétin" publiée en 1888, soit trois ans après celle consacrée à "L'idiot", témoigne de la même rigueur scientifique. Remarquable travail de synthèse, il rassemble les connaissances médicales de l'époque sur une pathologie heureusement aujourd'hui quasiment disparue des pays développés mais malheureusement plus que jamais très présente dans le dans le raisonnement de nos contemporains... 


            Certaines causes sont à mettre en lien avec le milieu et d'autres avec les personnes. Ces dernières, selon lui race,  hérédité, immigration, alliances, sexe ont une valeur secondaire. Cependant "il n'est pas de race dans l'humanité qui puisse se flatter d'être réfractaire à la dégénérescence crétineuse.". S'opposant à nombre d'auteurs dont François-Emmanuel Fodéré (1764-1835), Jules Lunier (1822-1885) s'appuyant sur les recherches de six autres médecins il attache une importance médiocre à l'hérédité. C'est là que nous voyons transparaître les causes possibles du crétinisme, pas si évidentes à l'époque. Collineau précise que "des parents sains, ayant engendré des enfants sains, engendrent des crétins, une fois établis dans une région infectée de crétinisme.tout comme "à la condition d'aller passer en lieu non contaminé les derniers mois de grossesse, les mères entachées de crétinisme mettent au monde des enfants qui ne deviennent pas crétins.". Pour ce qui est des alliances l'union entre semi-crétineux et crétineux favorise la genèse de la dégénérescence. Par ailleurs "la disproportion d'âge, la consanguinité, l'ivrognerie, l'état d'ivresse au moment de la copulation ont été, avec raison, invoqués à titre de "facteurs adjuvants.". Idem pour la misère et l'insalubrité. L'immigration, pour Collineau n'a rien de géopolitique mais se réfère tout simplement aux déplacements de populations de zones infectées vers des zones non infectées et réciproquement. Ce qui l'amène à en déduire que "l'endémicité du crétinisme est indiscutable." Par ailleurs, les hommes sont plus touchés que les femmes "dans la proportion de 5 à 4.".    


          Afin de "préciser la nature de l'influence agissante", de nombreux critères environnementaux furent étudiés et "des constatations aussi attentives que contradictoires sont venues saper par la base le fragile édifice des hypothèses en apparence les plus plausibles". On trouve des crétins sous toutes les latitudes et tous les climats. "L'altitude de 1.200 mètres n'est qu'une digue illusoire à l'invasion de l'endémie.". Topographie, accidents de terrain, conditions météorologiques, composition des eaux ne peuvent être à l'origine du crétinisme. Des observations réalisées par Bernard Niepce (1815-1894) à Allevard dans le Dauphiné, laissent penser que la rénovation urbaine respectant les principes des hygiénistes a une incidence positive réduisant considérablement la fréquence d'apparition de cette dégénérescence. Des pointures telles que Louis Delasiauve (1804-1893), Désiré-Magloire Bourneville (1840-1909), Georges Gilles de la Tourette (1857-1904) ont mis en avant une forme sporadique de crétinerie par des exemples trouvés dans des régions non touchées par le mal, battant ainsi en brèche l'hypothèse de l'endémie. Mais Collineau démontre qu'ils ont confondu idiotie et crétinisme, provoquant ainsi la confusion dans les statistiques épidémiologiques. L'idiot est en termes de déficits l'inverse du crétin, tant physiquement que psychiquement. L'un a une tête allongée, l'autre évasée. L'un a la peau fine et blanche, l'autre terreuse et  rugueuse. L'un conserve quelques virtualités intellectuelles et affectives, l'autre est indifférent et inerte. La présence du goitre n'est pas l'apanage du crétinisme. Les malformations congénitales réduisent, selon Jules Lunier (1822-1885), la durée vie du crétin à un maximum d'une trentaine d'année, sauf cas particuliers des semi-crétins et des crétineux arrivant jusqu'à la vieillesse. "La portée intellectuelle du crétin complet équivaut à celle d'un enfant de quelques mois." La somnolence prédomine, associée à une boulimie et une incontinence. La nosographie du 19ème siècle distingue alors crétins, idiots et imbéciles. Chaque catégorie ayant ses sous-groupes se déterminant beaucoup en fonction du degré d'éducabilité. 

          Mais l'origine du crétinisme, en dépit des nombreux travaux dont il fait l'objet, demeure obscure. Collineau voit en le paupérisme une cause déterminante car génératrice de malnutrition et producteur une "dépression intellectuelle". Pour lui le crétinisme peut graduellement disparaître par "l'amélioration résultant pour l'alimentation d'un bien-être relatif ; le mouvement politique et social qui, en faisant pénétrer la civilisation dans les couches inférieures de la société, les a poussées à une vie intellectuelle plus active et a contribué, de la sorte, à la régénération du cerveau.". Et il termine par "accorder aux infortunées victimes de cette triste et profonde dégénérescence, l'intérêt auquel elles ont droit, c'est en même temps envisager la question sociale sous un de ses aspects poignants.". La carence en iode, dont il ignore encore l'incidence sur la survenue de cette dégénérescence sera mise en évidence au début du 20ème siècle grâce à l'observation de populations vivant en montagne, d'où l'expression "Crétin des Alpes" devenue une des insultes emblématiques du Capitaine Haddock. Découvert en 1811, l'iode fut pour la première fois ajouté au sel non-marin en 1922 par la Suisse qui réussit à faire régresser des pathologies telles que les dysfonctionnements thyroïdiens et le retard mental.

Jn-Mc


 Source Illustration : Collection Personnelle

mardi 13 novembre 2018

Le crétin : du pathos à l'insulte. (1/2)

Salut & Fraternité,

          Alfred-Charles Collineau (1832-1894), médecin et anthropologue du 19ème siècle nous a laissé en héritage plusieurs travaux scientifiques allant de la rhumatologie à la psychiatrie. L'étude intitulée "Le crétin" publiée en 1888, soit trois ans après celle consacrée à "L'idiot", témoigne de la même rigueur scientifique. Remarquable travail de synthèse, il rassemble les connaissances médicales de l'époque sur une pathologie heureusement aujourd'hui quasiment disparue des pays développés mais malheureusement plus que jamais très présente dans le dans le raisonnement de nos contemporains... 

          Pour Collineau, le crétin occupe une place particulière dans la classification des dégénérescences. Remontant à Paracelse (1493-1541) il fait état de la succession des recherches sur le sujet. Faisant remonter l'étymologie du terme, selon Georg Ernts Stahl (1659-1734) aux terrains crayeux (creta) où l'on en rencontrerait un grand nombre, il préfère néanmoins se rallier à celle de François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) y voyant "la corruption du mot chrétien : chrétien par excellence, inconscient, impuissant béat.". Reprenant la description physique faite par Jules Lunier (1822-1885) et les travaux de Jules Baillarger (1809-1890), il en dégage un triple constat : excès du développement du squelette dans le sens de la largeur, irrégularité de l'évolution dentaire et nonchalance des fonctions locomotrices conjointement à celles de l'entendement, pour en conclure par le caractère sui generis de cette affection. Bénédict Morel (1809-1873) résume le crétinisme à "une affection du système nerveux cérébro-spinal caractérisée par un arrêt du développement qui imprime à l'organisme un cachet typique et entrave plus ou moins les facultés intellectuelles et affectives dans leur évolution.". Se pose alors la question de l'inné et de l'acquis. Selon Eugène Koeberlé (1828-1915), fort de l'observation de 4.888 crétins sardes, et Henri Dagonet (1823-1902) la pathologie survient in utero et se développe principalement durant les deux premières années de la vie. Le crétinisme peut être classifié selon trois degrés. Ainsi distingue t'on à l'époque les "crétins complets", les "semi-crétins" et les "crétineux", associant déficits physiques et intellectuels. Les premiers étant inaptes à la reproduction, à l'inverse des seconds et des troisièmes. Les troisièmes étant les seuls éducables mais de manière restreinte. 

          Jules Baillarger (1809-1890) précise que dans l'idiotie le seul développement du cerveau subit un arrêt alors que dans le crétinisme c'est tout le système nerveux qui est impacté. D'où l'intérêt porté par la médecine au centre nerveux cérébro-spinal, au squelette et aux parties molles.  "L'asymétrie des hémisphères cérébraux, le défaut de consistance de la masse encéphalique, l'atrophie de la moelle épinière sont des particularités qui sautent aux yeux.". Une observation plus fine laisse découvrir dans certains cas "une pie-mère maculée de tâches laiteuses, indice d'inflammations méningitiques anciennes". Le liquide céphalorachidien en quantité surabondante chez macrocéphales n'atteint pas la normale chez les microcéphales. Cette pathologie d'évolution irrégulière, lente ou rapide n'est pas sans conséquence sur la constitution du squelette. Os des membres et du tronc difformes, trop minces, trop épais, inégaux, rabougris s'associent à une boite crânienne précocement ossifiée mais d'une épaisseur "six fois plus considérable ici que là". Collineau s'appuie alors sur les travaux de chercheurs de renommée internationale tels que Guillaume Ferrus (1784-1861), Albert Eulenburg (1840-1917), Eugène Koeberlé (1828-1915), Rudof Virchow (1821-1902), Vincenzo Malacarne (1744-1816), Josef Barnard Davis (1801-1881).

          Chez bon nombre de crétins l'évolution dentaire tardive et irrégulière demeure incomplète. La contractilité musculaire est d'une extrême débilité et l'inertie habituelle des muscles a pour résultat leur atrophie. Le système pileux est d'une indigence générale. Les tissus graisseux sous-cutanés hypertrophiés donnent à la peau un aspect typique. De nombreuses glandes sont également hypertrophiées. Quant aux organes sexuels, quand ils ne restent pas rudimentaires ils parviennent à des volumes énormes. Collineau relève une fois sur deux la présence d'un goitre concomitamment aux autres signes du crétinisme. Ce qui l'amène à se questionner sur les origines de tels troubles.                                                                                                                                                                                 (À suivre...)


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : Collection Personnelle


jeudi 1 novembre 2018

L'idiot : du pathos à l'insulte (2/2)

Salut & Fraternité,

          Alfred-Charles Collineau (1832-1894), médecin et anthropologue du 19ème siècle nous a laissé en héritage plusieurs travaux scientifiques allant de la rhumatologie à la psychiatrie. L'étude intitulée "L'idiot" qu'il publie en 1885 voit le jour seize ans après le célèbre roman de Fiodor Dostoïewski (1821-1881) mettant en scène un prince épileptique à la fois naïf et subtil. Dans une démarche scientifique, Collineau décrit l'un de ceux considérés à l'époque comme des êtres inférieurs.

          Seize types de malformations crâniennes sont alors recensées chez les idiots, Édouard Seguin (1812-1880) affirmant : "Il est de telles sortes de têtes qui emportent nécessairement avec elles l'oblitération mentale dans son expression la plus tranchée.". François Leuret (1797-1851), Gilbert Breschet (1784-1845), Jean-Baptiste-Maximilien Parchappe de Vinay (1800-1866) et Henri Dagonet (1823-1902) apportent, entre autres, leurs contributions à ce travail d'anatomo-pathologiste (pg 7). Infiniment plus rare, l'hypertrophie cérébrale est également documentée, notamment par Jules Baillarger (1809-1890), pour en arriver à la conclusion que l'encéphale des personnes d'intelligence ordinaire est donc plus pesant que celui des idiots (pg 8).

          "Il n'y a que de la pitié à avoir pour ces infortunés dont l'existence végétative et éphémère prend fin, en général, avant l'âge et n'est entretenue qu'à force de dévouement et de soins." écrit Collineau (pg 9) constatant combien cette pathologie impacte ceux qui en sont malheureusement atteints. Mais son caractère possiblement partiel laisse miroiter quelques lueurs d'espoir. Dans 45 cas étudiés en détail par Louis Jean François Delasiauve (1804-1893), il est détectée parmi les virtualités dominantes une étonnante aptitude à la musique et au chant (pg 10). "Dans son inconscience de la portée que peuvent acquérir ses actes, l'idiot n'est cependant pas absolument réfractaire aux procédés de perfectionnement." écrit Collineau (pg 11). D'où la nécessité d'une éducation prônant "l'adaptation des procédés pédagogiques au ressort plus ou moins défectueux de la personne" (pg 11) conclut-il à l'issue de de ce travail de  synthèse dont je vous fais grâce des multiples détails souvent propres à figurer au Musée des Horreurs. Celles et ceux dont ces lignes ont suscité l'intérêt peuvent compléter avantageusement leur lecture en prenant connaissance de l'article du psychologue clinicien de notre siècle Léonardo Arrieta intitulé "De certaines variétés de l'idiotie" publié en 2007 et consultable en cliquant ici.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : BNF



mercredi 31 octobre 2018

L'idiot : du pathos à l'insulte. (1/2)

Salut & Fraternité,

          Alfred-Charles Collineau (1832-1894), médecin et anthropologue du 19ème siècle nous a laissé en héritage plusieurs travaux scientifiques allant de la rhumatologie à la psychiatrie. L'étude intitulée "L'idiot" qu'il publie en 1885 voit le jour seize ans après le célèbre roman de Fiodor Dostoïewski (1821-1881) mettant en scène un prince épileptique à la fois naïf et subtil. Dans une démarche scientifique, Collineau décrit l'un de ceux considérés à l'époque comme des êtres inférieurs.

          Disgracié par la nature tant physiquement que psychiquement, l'idiot est également tributaire de quelques pathologies appelées en ce temps là névroses : épilepsie, paralysie, chorée, contracture des extrémités (pg 1). Les aliénistes, ancêtres des psychiatres d'aujourd'hui, ont de l'idiotie des approches différentes que souligne Collineau. Jean-Étienne Esquirol (1772-1840) voit en eux des pauvres (en esprit) l'ayant toujours été à contrario des déments, riches devenus pauvres de par leurs pathologies dégénératives. Édouard Seguin (1812-1880), surnommé l'instituteur des idiots, se refuse à admettre différents degrés d'idiotie alors que Wilhelm Griesinger (1817-1868) souligne avec justesse que "rien ne diffère d'un idiot comme un autre idiot". Or de Louis Delasiauve (1804-1893) à Scipion Pinel (1795-1859) leur classification passe de trois à sept sept niveaux  (pg 1-3). Pour Henri Dagonet (1823-1902) et Bénédict-Augustin Morel (1809-1873) l'influence de l'hérédité est indiscutable dans la transmission de l'idiotie, mais Louis-Florentin Calmeil (1798-1895) y associe l'appartenance à une famille comportant épileptiques, paralytiques ou aliénés (pg 4). Collineau fait le distingo entre idiotie et crétinisme, à propos duquel il publiera trois ans plus tard, ce dernier ayant un caractère endémique à l'inverse de l'idiotie. 

          Cette dernière a pour caractéristique fondamentale une oblitération mentale traduite par une conformation défectueuse de la tête aboutissant à une malformation tant de l'encéphale que de son enveloppe et du squelette de la face, les manipulations des matrones lors de l'accouchement, voire même l'usage des forceps ainsi que les coutumes consistant à mettre des serre-tête aux nouveaux-nés n'étant pas étrangères à cela. D'où parfois un excès et plus souvent une réduction du volume de la boite crânienne. Frantz Joseph Gall (1758-1828), le fondateur de la phrénologie, s'est évidemment aussi penché sur la question (pg 5). De nombreux savants apportent leurs contributions aux rapports existants entre déficience mentale et altération de la boite crânienne donc de l'encéphale. Jean-Baptiste-Maximilien Parchappe de Vinay (1800-1866) en vient à conclure : "Les têtes d'idiots sont à la fois petites, courtes et surtout étroites." (pg 6) d'où peut être la contemporaine insulte "p'tite tête" faisant aussi allusion à la microcéphalie. (À suivre...)       

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : BNF

lundi 24 juillet 2017

Ottawa nous montre la voie

Salut & Fraternité,

          Le ministre de la santé de l'Ontario a annoncé hier le financement de vingt intervenants en santé mentale et infirmiers auprès de la Nation Première Pikangikum touchée par une vague d'actes suicidaires provoquant récemment la mort de quatre jeunes. En 2016 un incendie causant la perte de neuf personnes avait endeuillé cette communauté comptant 2.100 membres et les suicides y étaient déjà fréquents. D'après Le Devoir, 380 personnes sont en demande d'un suivi psychologique soit 18% de la population. Le gouvernement fédéral s'engage à débloquer 1,6 millions de dollars soit plus de 700 dollars par membre de cette communauté. 

         Vu d'ici, 700 dollars par tête de pipe en vue de la prévention du suicide ça semble peu en regard du coût d'une consultation chez un psychiatre installé en libéral. Par contre, replacé dans la perspective d'une politique de santé publique c'est pas juste une cacahuète jetée négligemment au petit peuple. Ce pays qu'il serait saugrenu de qualifier de communiste, ce pays au système de santé cependant plus proche du notre que de celui des USA, ce pays monarchique membre du Commonwealth et donc aux antipodes de notre Révolution de 1789, nous donne aujourd'hui une sévère leçon de savoir vivre. Quand en France les salariés d'un opérateur de téléphonie se suicident par vagues, son Iwwerzwaricher Steermëliker de PDG parle d'une mode et s'en soucie autant que de sa première cravate. Quand en France on dit suicide, la réponse immédiate est, pour la plus grande joie des actionnaires de l'industrie pharmaceutique : an-ti-dé-pres-seurs ! 

         Il serait grand temps qu'on arrête de copier les inepties que nous apporte des USA le Gulf Steam pour enfin regarder de près ce que peut nous apprendre un pays non réductible au seul CETA. Dans les domaines des soins infirmiers et des programmes de santé communautaire le Canada se distingue depuis toujours. Ainsi la récente décision du ministre de la santé du gouvernement de l'Ontario prend-elle tout son sens. L'article du Devoir ne s'attarde pas sur les causes de cette vague de suicides mais pointe les moyens mis en oeuvre pour l'enrayer. Ici, dans pareil cas, nous dégoisons et spéculons indéfiniment sur les causes afin de ne surtout pas évoquer les moyens d'agir car cela impliquerait de revoir les budget à la hausse...  


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Journal le Nord

jeudi 1 juin 2017

Femmes et délinquantes sexuelles...

Salut & Fraternité,


          Dans Le Devoir du 31/05, incontournable quotidien québécois, les journalistes Jessica Nadeau et Catherine Drapeau soulevaient l'épineuse question de la délinquance sexuelle féminine, avançant qu'elle serait sous-estimée. Se référant aux travaux menés par la chercheuse Franca Cortoni de l'Université de Montréal basés sur une enquête menée durant deux ans sur les dossiers de la police et des tribunaux de douze pays dont la France, elles suscitent un questionnement propre à abattre certains stéréotypes dont celui prétendant que les femmes commettant des sévices sexuels seraient dirigées par leurs conjoints. Souvenons-nous du couple infernal Michel Fourniret - Monique Olivier. Or les travaux de Franca Contoni démontrent qu'aujourd'hui seulement un tiers des femmes coupables de délinquance sexuelles agissent avec leur conjoint et n'y sont pas nécessairement forcées. 

         Il ressort également de cette enquête que souvent ces femmes souffrent de troubles psychologiques causés par un vécu traumatique de victimes elles-mêmes. Des différences femmes - hommes apparaissent dans les comportements lors de l'agression et quant aux bénéfices attendus d'un tel acte. Plaidant pour une gestion sexo-spécifique des auteures d'agressions sexuelles la chercheuse se place aussi du côté des victimes en affirmant "Présentement, il y a des victimes qui ne sont pas reconnues et, franchement, comme société, on leur doit au moins ça.". Ceci notamment en référence aux données officielles disant que seulement 2% des crimes sexuels rapportés à la police sont commis par des femmes alors qu'en interrogeant les victimes sur le sexe de leur agresseur on arrive à 12%.

         Si nous voulons vraiment que l'égalité femmes - hommes ne soit pas qu'un vague sujet de congrès bien ronflant ou un voeu pieux inlassablement renouvelé nous devons aborder la question dans toutes ses dimensions, dont celle-ci. Il ne s'agit pas de stigmatiser la violence féminine pour indirectement atténuer celle des hommes mais, tout simplement par souci d'humanité, de refuser tant les stéréotypes imbéciles que le non-dit mortifère. Passer ce sujet sous silence ne rendrait pas service à la cause des femmes qui, dans le cadre de ces agressions sexuelles, se trouvent tant du côté des proies que de celui des prédatrices.


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc

 Source Illustration : Le Devoir

dimanche 5 février 2017

Trumpism = Malignant Narcissism

Salut & Fraternité,

         Le docteur John D. Gartner, professeur à l'université John Hopkins auteur d'un précédent ouvrage sur Bill Clinton fait, à propos de Mister America Fi(r)st un terrifiant diagnostic : Malignant Narcissism. Mais il ne s'arrête pas à son travail de clinicien et lance une pétition adresse aux praticiens partageant son analyse afin d'invoquer l'article 3 du 25eme amendement pour le faire destituer. Partiellement discuté par Guillaume Fond, psychiatre à l'Hôpital Henri-Mondor de Créteil, comme le rapporte Sciences & Avenir, il n'en demeure pas mois que les deux praticiens, d'un côté comme l'autre de l'Atlantique, s'entendent sur le fait qu'il y a du pathos chez ce grand gaillard loin d'être aussi niais que d'aucuns se plaisent à croire...

         Décrit initialement par le psychanalyste allemand Erich Fromm, pour expliquer la psychologie d'Adolf Hitler, le narcissisme malfaisant n'est pas simplement narcissique mais se caractérise en résumé par une personnalité de type narcissique, antisociale et paranoïaque. Un peu comme si on plaçait dans une valise trois substances explosives instables : quoi qu'il arrive et même si on ne fait rien, il y en aura toujours une pour tôt ou tard faire aussi sauter les deux autres et dégâts sont à cette heure incalculables car nous ne connaissons ni la destination ni l'usage qui sera fait de la dite valise. Dit de cette façon là, ça prêterait à rire s'il était question d'un artiste à la Dali fou d'un certain chocolat ou d'un savant frapadingue à la Giovani Aldini faisant danser les morts, mais en l'espèce il s'agit du mister president de l'autoproclamé plus grand pays des libertés, première puissance économique et militaire mondiale.

             Le ciel des démocraties se couvre de plus en plus et ce qui amène ces totalitarismes au pouvoir, c'est comme par hasard : le ca-pi-ta-lis-me ! Les puissances d'argent nourrissent les régimes fascisants qui assurent leur protection rapprochée en avilissant et abêtissant les masses, l'histoire se répétant avec une odieuse impertinence...


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


Source Illustration : Sectioned

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/les-psychiatres-redoutent-la-folie-du-president-des-etats-unis-donald-trump_110273

samedi 16 avril 2016

J-B : rare blend of wisdoms !

Salut & Fraternité,

         Quand la prise de décisions conduit à des choix dont les conséquences ne sont pas logiquement prévisibles, c'est forcément le remake de Tempête sous un crâne et l'on se sent du coup bien misérable. Dans de tels moments la présence de vieux amis s'avère déterminante, amis dont la fidélité est garantie par leur statut d'auteurs, pas toujours en vue, permettant de gagner souvent en hauteur de vue. 

          Le vieux J-B fait partie de ce cénacle que je convoque en interrogeant les livres comme d'autres font tourner les tables ou sondent les Écritures. Compagnon de (dé)route et maître à panser il questionne mes questions et ne me laisse jamais sans Raiponce...  


J-B Pontalis "En marge des jours" (2002) in Oeuvres Littéraires Coll. Quatro Gallimard pg 492 


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


Source Illustration : Télérama

vendredi 19 février 2016

Double bind, when you hold us !

Salut & Fraternité,


         Autant nous déclarons nous, pour ce (et ceux) qui reste(nt) de la Gauche, favorables au régime parlementaire, autant sommes nous à chaque fois engagés à corps perdus dans la course à la présidentielle. Tout ceci en prétendant vouloir en finir avec la monarchie présidentielle et passer à la 6ème République. N'y aurait-il pas là une double-contrainte (double bind en v.o.) de la plus belle espèce et peut être même un magnifique cas d'école ?

         Dans une contribution au 37ème Congrès du PCF, Jean-Louis Grégoire, sous le titre "Une piste à explorer", démonte ce mécanisme et nous met face à une alternative ayant le mérite de la limpidité : "Faisons très clairement le choix de ne pas présenter de candidat(e) à l'élection présidentielle en expliquant ce choix, en montrant concrètement que la détermination d'une majorité politique se joue à l'Assemblée Nationale et pas à la Présidence de la République. C'est ainsi que l'on peut s'extraire de la nasse institutionnelle et subvertir le système présidentiel que nous condamnons.".

         Je n'ai pas assez de mots pour dire combien cette analyse me comble d'aise et va dans le sens de ma pensée. Mais nous sommes malheureusement (encore et toujours) dans un pays qui, par l'accomplissement dans le réel du meurtre symbolique du père (décapitation de Louis XVI) s'est de facto mis dans l'incapacité d'accéder à une maturité suffisante pour ne plus attendre la venue d'un sauveur suprême. Il s'est produit dans le processus de maturation psychique de notre pays une rupture lui rendant des plus difficiles le passage au stade adulte. Cependant, les remèdes existent. Encore faut-il que le sujet ne soit pas dans le déni de ses troubles...  

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


Source Illustration : lookfordiagnosis

jeudi 18 février 2016

Kein Überreaktion, bitte !

Salut & Fraternité,


         L'annonce de la candidature "spontanée" de Jean-Luc Mélenchon aux Présidentielles 2017, outre le remous médiatique qu'elle suscite, provoque mille et une réactions à Gauche.  Le PS gouvernemental, de par sa politique capital-socialiste, a très largement contribué à la montée en puissance du fascisme ripoliné et à la désintégration des forces de Gauche possiblement agrégeables autour d'un programme commun. 

         La stratégie de l'urgence provoquée, annonçant avec des cris d'orfraie l'arrivée de l'extrême-droite aux portes du pouvoir et jouant simultanément sur la réponse virile à la menace terroriste islamique, génère immanquablement des sur-réactions dont les formations pathologiques donneraient du fil à retordre aux meilleurs psychanalistes. Autant la candidature de Jean-Luc Mélenchon relève assurément d'un calcul politique personnel, autant n'échappe t'elle pas au contexte orchestrant la précipitation et donc les divisions par manque de concertation.    


         Sir Winston Churchill, anticommuniste primaire s'il en est, affirmait que dans l'urgence il était nécessaire de prendre le temps d'allumer un cigare (de Cuba). Ne cédons pas à l'agitation ambiante provoquée par ceux ayant intérêt à brouiller les cartes en générant des sur-réactions.  Cependant s'il demeure vrai qu'ensemble on va moins vite mais plus loin que tout seul, encore faut-il se mettre en marche...   


Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc



Contribution au 37ème

  Sources Illustrations : Stern 17/12/2015 pg 144  + PCF Congrès

mercredi 27 janvier 2016

Recensé en quête de sens...


Salut et Fraternité,

         Il est des jours comme celui-ci où des questions fondamentales s'imposent à vous par le truchement de banales formalités administratives telles qu'un recensement de population...

         Alors dans la case n°31, qu'est-ce que je coche ? Pas si simple quand on est à la fois dans la production de soins immatériels, l'exploitation de ressources souvent insoupçonnées, les chantiers d'existences en (re)construction, l'installation d'anti-vides sanitaires, la réparation de fractures tant sociales que mentales, la maintenance de processus d'autonomisation, la gestion de crises de tous ordres, la comptabilité d'apothicaire, l'étude de phénomènes et comportements humains et enfin la recherche d'une impossible étoile... 

         Et pourquoi pas Autre car, n'en déplaise aux crétins identitaires, c'est en regard de et grâce à l'altérité d'autrui que se construit notre identité. Finalement, pour un vieux métier en voie d'extinction, voilà peut être la meilleure façon de se projeter dans l'avenir qui forcément sera toujours tout autre avec tous les autres...  

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc



Source Illustration : Collection Personnelle