Place au Peuple

jeudi 3 août 2017

Holidays without Ronald !

Salut & Fraternité,

          Avec les vacances d'été les american fast food chains font recette : tel mange vite-fait un burger sur l'autoroute, tel y emmène les enfants parce-que-c'est-les-vacances, tel s'y rend pour ne pas avoir à cuisiner parce-que-c'est-les-vacances. Et tout ce petit monde contribue à l'évasion fiscale tout en s'abîmant la santé, à la plus grande joie des financiers et de l'industrie pharmaceutique. 

          Nos aînés ont-ils gagné de haute lutte les congés payés pour que les générations suivantes participent activement durant leurs vacances à l'expansion du capitalisme ? Le temps des vacances est pourtant propice à un retour vers les fondamentaux dont le bien-manger. La question n'est pas tant de cuisiner ou de ne pas cuisiner que de s'alimenter avec du frais produit localement ou de consommer une nourriture standardisée insipide à haut indice carbone. Que l'on parte ou reste chez soi, ce temps de repos peut avantageusement mis à profit pour nous conduire à (re)découvrir la cuisine des terroirs, les producteurs locaux, la restauration équitable, le tourisme solidaire

          Lutter contre le capitalisme est un combat quotidien et manger peut prendre l'allure d'un bulletin de vote selon que l'on choisit la soumission au diktat ultra-libéral ou la résistance à la pensée unique. Il nous appartient d'aider nos concitoyens à sortir de l'analphabétisme politique et pour ce faire, commencer par prendre conscience de la portée des actes les plus courants du quotidien peut s'avérer bien plus efficace qu'un long discours sur le CETA. L'expression "voter avec ses pieds" pourrait se conjuguer avec "voter avec ses dents"...

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Source Illustration : Ruthe. de

mercredi 2 août 2017

Paris 2024, oui mais... non

Salut & Fraternité,

          En 2024 j'aurai soixante ans, l'âge de la retraite disait-on quand j'ai commencé à travailler en 1982. En 2024 se dérouleront les Jeux Olympiques d'Eté à Paris. Je devrais me réjouir de l'un comme de l'autre, oui mais... non. Certains diront qu'en une quarantaine d'années le monde a changé. Oui mais... non, le monde n'a pas changé ce sont les hommes qui ont changé. La plupart de ceux qui dirigent le monde sont maintenant des salauds. Non pas qu'avant nous avions affaire à des philanthropes d'un humanisme à toute épreuve, mais ils osaient moins.

          Et la France, que penser de ce pays qui, des Lumières en passant par le Front Populaire, glisse tout doucement mais sûrement vers l'obscurantisme le plus crasse en portant au pouvoir les défenseurs des puissances d'argent. Panem et circences dit l'adage mais en ce temps là, le peuple n'avait pas à se rendre au Restos du Coeur pour se procurer du pain. Notre pays devient la cinquième puissance économique mondiale et des gens dorment dans la rue, ne mangent pas à leur faim tout simplement parce qu'ils n'ont pas de travail ! Mieux encore, des travailleurs n'arrivent pas à se loger et à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Et pendant ce temps des ordures médiatiques suggèrent de réduire les droits sociaux pour relancer l'économie et redresser le pays. Mais elle va très bien l'économie et il est parfaitement d'équerre le pays ! Ce qui ne va vraiment pas bien pas bien, ce qui est complètement tordu, c'est de laisser des parasites s'accaparer la richesse créée par tous !

          Alors avec tout ça, il faudrait encore se réjouir qu'en 2024 la France accueillera en sa capitale les Jeux Olympiques d'Eté. Oui mais... non, il n'y a vraiment pas lieu de s'en réjouir car au train où va la politique macronique ce sont les petites gens qui vont faire les frais de cette monumentale escroquerie à mille lieues de l'esprit initial de l'Olympisme. L'essentiel est de participer, disait Coubertin cet autre élève des Jésuites que Mister Chairman aurait très certainement apprécié si le destin les avait fait contemporains. L'essentiel est de participer, nous dira certainement aussi Mister Chairman mais comme à son habitude, en faisant les poches des pauvres pour remplir celles des riches. Ces jeux ne seront pas un honneur pour notre pays mais une honte car professer les valeurs olympiques en déroulant le tapis rouge à la dictature de la finance est une tartuferie de premier ordre. Ceci dit, en matière de tartuferies, notre ψευδάδελφος de président s'y entend à merveille...  
        

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Nawak

mardi 1 août 2017

Que fleurissent plusieurs Foucherans !

Salut & Fraternité,

          Il ne faudrait surtout pas croire que la lutte des aides-soignantes de Foucherans est un épiphénomène monté en épingle par les média avides de sensationnel. Quand j'écrivais dans un précédent article qu'il ne tient qu'à nous de rendre l'avenir lumineux en faisant fleurir deux, trois, plusieurs Foucherans à la surface de la France, je pensais aux grèves engagées en 2019 par les personnels de la Maison de Retraite Résidence des Carmes à Bordeaux et de l'Ehpad de la Savane à Gujan-Mestras.  

          A chaque fois, ce sont les aides-soignantes qui initient les mouvements et en deviennent les fers de lance ; d'où la question perfide : "Dans la galaxie de travailleurs du secteur sanitaire et social, la capacité d'indignation et de mobilisation serait-elle inversement proportionnelle au niveau d'étude et à la condition sociale des professionnels ?". Parce que dans les structures accueillant des personnes âgées, interviennent aussi des infirmières et des médecins. Alors, ces derniers auraient-ils de la merde dans les yeux ou détourneraient-ils pudiquement leurs regards ? Mon propos volontairement provocateur n'est pas d'opposer les professionnels mais de réveiller ceux qui dorment.


         Dans les structures d'accueil pour personnes âgées, les aides-soignantes passent la plupart de leur temps de travail auprès des résidents. Elles peuvent mieux que quiconque juger de l'insuffisance des moyens mis à disposition pour assurer des soins de qualité. Cependant les infirmières qui, par manque d'effectif, dispensent des soins techniques à la chaîne au mépris des procédures élémentaires de sécurité n'ont pas à ma connaissance fait voeu de silence. Les médecins salariés ou libéraux qui encaissent traitements mensuels ou consultations et vacations dans ces structures ont jusqu'à preuve du contraire prononcé le Serment d'Hippocrate. Si le potentiel d'indignation est indéniablement plus sensible chez les aides-soignantes, la capacité de mobilisation et de réussite de futurs mouvements dépendra de tous. Les puissances d'argent ont maintenant à la manoeuvre dans ces établissements privés ont maintenant identifier la dangerosité des aides-soignantes. Comme d'habitude, elles vont maintenant s'efforcer de les isoler et c'est là qu'il nous importe à tous d'être plus que jamais solidaires. 



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jn-Mc

 Sources Illustrations : France 3 et Sud Ouest

lundi 31 juillet 2017

Jura, terre de solidarités.

Salut & Fraternité,

          Dans ma jeunesse, la lecture du très manichéiste et un tantinet nationaliste "Tour de France par deux enfants" publié en 1877 par Augustine Tuillerie sous le pseudo masculin G. Bruno m'avais cependant laissé une forte impression quant aux Jurassiens. "Toutes les vaches d'une commune dans le Jura sont souvent conduites par un seul pâtre, et tous les cultivateurs s'entendent pour le payer : de cette façon cela coûte moins cher, et les enfants de la commune ont le temps d'aller à l'école et de s'instruire." lit-on page 78. Plus loin à propos des fruitières, invention typiquement jurassienne nous apprenons page 81 : "...notre département du Jura possède cinquante mille vaches et fabrique par an plus de quatre millions de kilogrammes de fromages. Et nous faisons cela en nous associant, riches comme pauvres, d'un commun accord [...] Chez nous, tout se passe honnêtement, parce que tout se fait au grand jour, sous la surveillance de tous et avec l'avis de tous.".

          Cet ouvrage rédigé aux lendemains de la formidable déculotté infligée par le Kaiser Wilhelm I à l'Empereur Napoléon III fait l'apologie d'une France éternelle, mère des arts, des armes et des lois. Il participe d'une certaine manière à la préparation de la "revanche" de 1914-1918 en magnifiant le prétendu génie français, facilitant ainsi l'apprentissage de la haine du Boche dès le plus jeune âge. De cela ne soyons pas dupes. Cependant, pour avoir bien des années plus tard sillonné le Jura pour y retrouver la marque de fabrique d'une certaine culture sociale, politique et syndicale aboutissant à des réalisations telles qu'entre autres La Fraternelle à Saint-Claude, je peux dire qu'elle est bien vivante. Dans ce département où les conditions de vie n'étaient pas faciles les gens, riches comme pauvres (dixit Augustine Tuillerie) ont eu assez d'intelligence pour s'associer dans l'intérêt général. Il n'est dans ces coopératives pas question de cette absurde théorie du ruissellement qui berne aujourd'hui trop de nos contemporains.

          Ainsi n'est-ce pas vraiment le fait d'un pur hasard que la lutte de classes remportée par les aides-soignantes de l'Ehpad de Foucherans se soit jouée sur ces terres jurassiennes où l'on sait encore ce que solidarité veut dire. Pour tenir 117 jours de grève et faire céder les financiers, il faut avoir l'esprit du collectif et non se montrer individualiste car la partie adverse n'attend que cela. Par ailleurs, cette bataille a d'abord été menée pour s'opposer à la maltraitance générée par des soins incomplets et/ou exécutés à la va-vite quand ces soins ne sont pas tout simplement squizzés ou renvoyés aux calendes grecques. Mais gardons-nous bien d'imaginer que cette lutte ne pouvait être menée que dans le Jura car son esprit humaniste traverse aisément les frontières du département. Il n'appartient qu'à nous de regarder l'avenir proche et lumineux, si, deux, trois, plusieurs Foucherans fleurissent à la surface de la France... 


Que celui qui a des oreilles pour entende entende.
Jn-Mc

 Source Illustration : Wikipedia


samedi 29 juillet 2017

Foucherans : le retour de la lutte des classes.

Salut & Fraternité,


          La grève des aides-soignantes de l'Ehpad des Opalines à Foucherans (39) a connu hier son terme à l'issue de 117 jours de lutte. Une lutte de classes comme l'a dit sur France Inter Anne-Sophie Pelletier, porte parole des grévistes. Bizarrement le terme n'est plus repris que par l'humanité (cliquez ici), pourtant elle l'a dit et je l'ai bien entendu à la radio !

          "C'est chouette, une lutte des classes qui gagne !" s'est-elle exclamée et pour cause. La bataille des aides-soignantes de Foucherans témoigne particulièrement bien de la lutte entre les puissances d'argent et les petites gens. Vous savez ces gens qui terminent leurs vies de en Ehpad, soignés par des professionnels de la santé qui s'esquintent par manque de moyens et du coup se rendent par leur silence tous complices d'une maltraitance institutionnelle généralisée. Cela, les aides-soignantes de Foucherans l'ont refusé et leur lutte contre les puissances d'argent a payé. Comme le dit aussi Anne-Sophie Pelletier, le débat est maintenant ouvert et on entendra encore parler d'elles.

          Les trois semaines de congés payés exceptionnels et les 450€ de prime lâchés par la direction n'étaient pas pas leur but principal lorsqu'on reprend l'historique de la mobilisation qui a duré plus d'une saison mais elles les méritaient néanmoins. Le déblocage de deux postes supplémentaires va contribuer à changer la donne mais nous sommes encore loin du compte. Si, comme le disait Gandhi on peut juger de la grandeur d'une nation à la manière dont elle traite les animaux que dire d'une société où les vieux sont souvent moins considérés que les animaux ? C'est ce qui a motivé la mobilisation des aides-soignantes et par leur détermination elles font honneur à l'ensemble des professions paramédicales. Pour la petite histoire, ces aides-soignantes à la formation desquelles j'ai le bonheur de participer depuis près de vingt ans, sont souvent mal considérées par les autres professionnels paramédicaux. Vues par certains plus diplômés comme des OS ou tout au plus des OQ des soins de base elles montrent et démontrent à tout le monde qui défend les valeurs humanistes dont nous nous réclamons tous. Là aussi, nous assistons en quelque sorte à une chouette lutte de classes qui gagne !

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : France Bleu

vendredi 28 juillet 2017

STX en CDP

Salut & Fraternité,

          Même si cet ex LR de Bruno  Lemaire se refuse à employer le mot, nous avons bien assisté hier à une nationalisation et nous pourrions nous en réjouir si elle était à l'instar de celles de 1981 et s'inscrivait dans la durée. Mais il s'agit en l'occurence  d'une stratégie en vue de réaliser une opération financière supplémentaire. Mister Chairman n'est pas à cela près et lui qui veut faire de la France une start up sait mieux que François Hollande employer un langage de gauche pour faire passer une politique de droite.

          D'ici peu la baisse de l'APL et la suppression de l'ISF vont être qualifiées de lois sociales. Ce qui du reste, en regard de ce qu'est le socialisme devenu, n'est guère étonnant car ceux qui ont mis le pied à l'étrier de ce roué Mister Chairman sont bien deux éminents socialistes des années 2010. Ceux que j'ai précisément nommés capital-socialistes pour justement ne rien ajouter au malheur du monde. La nationalisation de STX n'est pas un CDI mais un Contrat De Projet avant même que la Loi Travail XXL l'institue. En résumé : je profite un max de tes savoirs et de ta force de travail tant que j'en ai besoin puis, une fois que j'ai pressé le citron jusqu'à l'écorce on ne se doit plus rien et chacun repart de son côté.

          L'ultra-libéralisme et la mauvaise-foi de ce gouvernement sont à vomir et que dire de ses élus godillots toujours prêts à suivre le premier Jésus Fric qui passe ? EM devenu LReM a ratissé tellement large qu'on y retrouve du populo volontariste mais sans culture politique côtoyant des Rastapopoulos de premier ordre sachant eux parfaitement ce qu'ils veulent. Partant de là, il n'est guère difficile d'imaginer qui manipule qui et pourquoi. Comme la nationalisation de STX est une parodie de nationalisation, la démocratie façon LReM est une parodie de démocratie. A se demander si pour Mister Chairman le pays et ses institutions ne doivent pas à terme établir avec lui un Contrat De Prôôôjet... 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc
 Source Illustration : Le Parisien

jeudi 27 juillet 2017

Quand la VAE devient une OPA...

Salut & Fraternité,

          Loin d'un pis-aller, la VAE facilitant à toute personne justifiant d'au moins un an d'expérience dans un domaine précis l'obtention d'un diplôme, d'un titre ou d'un certificat de qualification professionnelle, est un bel outil de promotion sociale... quand il n'est pas utilisé pour réaliser des OPA inamicales sur des professions dont les coûts de formation reviennent à l'État. Car c'est bien de cela dont il est question quand notre intrépide secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes ambitionne de permettre aux jeunes mères sans diplômes ni expérience professionnelle de transformer leur expérience de parent en CAP Petite Enfance et en Brevet d'État d'Éducatrices de Jeunes Enfants. La formation des professionnels des secteurs de la santé, du social et de l'enfance coûte cher mais cette cherté est un gage de qualité commençant avec le recrutement par concours ou sélection sur dossiers et se terminant par des diplômes dont la valeur est reconnue tant sur le territoire national  que, pour certains, dans l'Union Européenne. 

          Alors bien sûr, tout système génère son cortège d'imperfections voire même d'injustices, cependant un CAP Petite Enfance obtenu via la filière de l'enseignement professionnel a la même valeur quelque soit son lieu d'obtention car les critères de sélection, le programme de formation et les critères de validation sont identiques sur tout le territoire. Par ailleurs une formation professionnelle vise aussi l'apprentissage du travail en équipe. Les lycées professionnels et les instituts ne s'opposent pas à l'émergence d'individualités mais à l'individualisme. Cet individualisme forcené demeurant la marque de fabrique des politiques ultra-libérales et plus particulièrement du macronisme. Le meilleur moyen de démolir un corps professionnel n'est pas de l'attaquer de l'extérieur mais de le miner par l'intérieur. En bombardant des jeunes mères de familles professionnelles de la petite enfance au seul motif qu'elles sont mères de familles on casse non seulement le marché du travail au bénéfice des employeurs mais on y introduit également une concurrence déloyale aboutissant à une baisse du niveau des prestations. Ce qui pour les gens aisés n'est jamais un problème car ils auront toujours plus les moyen de recourir aux professionnels hautement qualifiés mais s'avère pour ceux de la France d'en bas relever véritablement de la double peine.

          Plus que tous les autres, ces gens très modestes vont être à la fois les fers de lance et les principales victimes de ce programme de déréglementation-déqualification. Cette instrumentalisation des personnes en difficulté pour attaquer notre système social et le niveau de qualification  de ses intervenants est particulièrement odieux, mais sachant d'où vient le coup on ne peut s'attendre à autre chose. Dans le monde de la finance tous les coups sont permis et les pus bas restent invariablement les plus juteux. Si Marlène Schiappa veut vraiment faire quelque chose pour les jeunes mères sans emploi, pourquoi ne leur facilite t-elle pas l'accès aux lycées professionnels et aux instituts de formation en prenant en charge la garde de leurs enfants lorsqu'elles sont en formation et en leur allouant un pass nominatif leur assurant la gratuité dans les transports en commun ? Mais pour cela il faudrait raisonner comme un roseau pensant et non résonner comme un container vide !



Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.


Jn-Mc


 Source Illustration : Sophie Anfray